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Les images satellite représentent un enjeu de taille dans la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Elles sont utilisées par les belligérants pour surveiller l’ennemi, mais aussi par des internautes pour désinformer.
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La guerre actuelle au Moyen-Orient ne fait pas exception : les images satellite y tiennent une place particulièrement importante. Dans un conflit, les satellites sont notamment utilisés pour surveiller les positions ennemies. Les Iraniens, par exemple, se servaient du satellite russe Khayyam pour observer Israël. Depuis le centre spatial de Téhéran, les Gardiens de la Révolution l’utilisaient « pour promouvoir leurs opérations et surveiller l’État d’Israël ainsi que les pays de la région », affirme l’armée israélienne. Elle a frappé dimanche dernier ce centre spatial, preuve de l’importance des images satellites.
Les Iraniens sont loin d’être les seuls à les utiliser. Une entreprise chinoise, MizarVision, se vante, elle, de publier les images satellite des mouvements de l’armée américaine, notamment. À l’inverse, les entreprises américaines qui exploitent les satellites sont tenues de ne pas publier certaines images. Pour exploiter les satellites, ces sociétés doivent en effet obtenir une licence auprès du gouvernement américain, avec des conditions d’utilisation et des restrictions.
C’est le cas de la société Planet Labs PBC, qui a annoncé la semaine dernière imposer désormais un délai de 96 heures avant de mettre ses images satellites des pays du Golfe à disposition de ses clients. Habituellement, elles le sont en quelques heures. La société craint une utilisation de ses images par l’Iran. Leur publication risque de « mettre en péril la sécurité de personnels et de civils alliés et partenaires de l’Otan », explique Planet Labs PBC dans un mail envoyé à ses clients, dont l’Agence France presse.
De son côté, Vantor, un autre fournisseur américain d’images satellite très utilisé par les journalistes, ne donne jamais d’images de bases américaines ou des alliés des États-Unis.
Les images satellite sont aussi manipulées pour déformer la réalité. En effet, de fausses images sont créées ou modifiées, notamment par intelligence artificielle.
L’une d’entre elles, particulièrement convaincante, a été massivement partagée sur les réseaux sociaux, notamment par le média iranien très suivi Tehran Times. Elle est décrite comme étant un montage avant/après des images satellites d’un radar américain au Qatar, détruit par un drone iranien.
En réalité, plusieurs incohérences permettent de déceler l’utilisation d’une intelligence artificielle pour modifier cette image, notamment la présence des mêmes voitures, exactement au même endroit, alors que les bâtiments, eux, ont changé. Par ailleurs, la géolocalisation permet de retrouver l’endroit exact de l’image sur Google Earth : Manama, au Bahreïn.
Ce n’est pas la première fois qu’une telle manipulation se produit dans un conflit. Cela a déjà été observé pendant la guerre en Ukraine ou celle entre l’Inde et le Pakistan l’an dernier. Mais le phénomène s’intensifie.
Or, les images satellite sont extrêmement précieuses. Elles permettent à des enquêteurs, des chercheurs ou à des journalistes de vérifier des informations. C’est une preuve visuelle essentielle quand on ne peut pas se rendre sur le terrain. Et ce travail de vérification est rendu plus complexe par ces instrumentalisations.

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