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10 mars 2026
Guerre au Moyen-Orient : la stagflation menace l’économie européenne
10 mars 2026Guerre au Moyen-Orient : quels sont les leviers du gouvernement pour tenter de faire baisser les prix à la pompe ?
Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, samedi 28 février, le marché du brut s’affole. Lundi 9 mars, le baril a frôlé la barre des 120 dollars, soit près de deux fois plus cher qu’en début d’année 2026. Cette hausse se ressent à la pompe, avec des prix dépassant les 2 euros le litre. Il est dès lors question de « guerre du pétrole ».
**Les pays du G7 tentent de réduire les prix : les ministres des Finances du G7 se sont d’ailleurs réunis en visioconférence, lundi 9 mars, et se sont mis d’accord pour éventuellement piocher dans les réserves stratégiques mondiales, afin d’envoyer le signal que le pétrole ne manquera pas. Résultat : cette annonce a plutôt détendu les marchés et contribué à une légère baisse des prix.
Pour rappel, ces stocks de produits pétroliers ont été mis en place après le premier choc pétrolier de 1973 et la création de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). « Chaque pays membre de l’AIE a l’obligation de constituer des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes », et ces pays doivent également se tenir « prêts à répondre collectivement à de graves ruptures d’approvisionnement qui affectent le marché mondial du pétrole ».
En France, selon Bercy, les réserves stratégiques couvrent actuellement 108 jours. Ces stocks ont déjà été utilisés, notamment en 2016, lors d’une rupture d’approvisionnement liée à des grèves dans les raffineries.
Les taxes représentent plus de la moitié du prix à la pompe. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) compte pour environ 35% du prix et la TVA pour 20%. Pour le reste du prix du carburant, 30 à 45% correspondent au coût de production (prix du pétrole et raffinage), et 10 à 15% à la distribution (transport, stockage et marge des stations‑service). La principale taxe, la TICP, ne dépend pas du prix du pétrole. Elle est fixée par litre et elle est non proportionnelle au prix. Elle varie selon le volume de carburant consommé. Autrement dit, quand les prix augmentent, l’État ne perçoit pas davantage de TICPE, puisqu’elle reste la même par litre.
La seule taxe qui augmente automatiquement, c’est la TVA, puisqu’elle est calculée en pourcentage. Baisser ainsi la TVA, comme le propose le RN, présente des risques selon le gouvernement. L’exemple de la baisse, en son temps, de la TVA sur l’hôtellerie et la restauration n’avait pas fait évoluer les prix. La réduction pourrait ne pas se répercuter sur le consommateur si les distributeurs se l’approprient.
Un centime de baisse de taxe représente 1,5 million de taxes en moins par jour dans les caisses de l’État. Les milliards collectés via la TVA sur les carburants financent la sécurité sociale et les collectivités locales, il est donc difficile de s’en priver.
Bloquer les prix signifierait appliquer un prix plafond, fixe ou stable, tel que prévu dans le Code du commerce. Une mesure similaire avait été mise en œuvre en 1990, lors de la guerre en Irak, ce qui impliquait l’interdiction de vendre au-dessus d’un certain prix. Plus récemment, le gouvernement l’a appliquée à Mayotte après le passage de l’ouragan. Il est toujours possible de remettre cette mesure en place, mais quel serait alors le niveau de référence ? Le prix doit rester assez élevé pour couvrir les coûts des exploitants et des distributeurs. Sinon, ces derniers pourraient cesser de vendre du carburant, et l’État devrait alors compenser, ce qui coûterait cher aux finances publiques. Pour l’instant, le gouvernement n’est pas favorable à cette option.
La flambée du pétrole a fait dévisser les places boursières en Asie. Paris a fini, lundi, dans le rouge, mais avec un recul limité à 0,98% . Alors que Wall Street a aussi été fragilisée, les inquiétudes sont grandes, car l’industrie tech et notamment IA est très énergivore. Actuellement, tout le monde anticipe une hausse des prix, et un retour de l’inflation.

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