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LUDOVIC MARIN / AFP
Yann Le Cun, ici lors du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le 20 janvier 2026.
Après Meta, une nouvelle page s’ouvre pour le chercheur français en IA Yann Le Cun. La start-up AMI, qu’il a co-fondée, a annoncé ce mardi 10 mars dans un communiqué avoir levé un milliard de dollars (890 millions d’euros), pour développer des modèles d’intelligence artificielle capables de comprendre le monde physique.
Cette première levée de fonds, menée par cinq fonds d’investissement, a attiré plusieurs grands groupes, notamment Toyota, Nvidia et Samsung, et des personnalités de la tech, dont l’ancien PDG de Google Eric Schmidt, et le fondateur d’Amazon Jeff Bezos.
Valorisée à 3 milliards d’euros avant la levée de fonds, l’entreprise est dirigée par l’ancien directeur général de la start-up française de santé Nabla, Alexandre Lebrun, tandis que Yann Le Cun occupe le poste de président non-exécutif.
« Quand une entreprise dépasse une valorisation d’un milliard, on appelle ça une licorne, nous on dépasse les trois milliards, donc on est un tricératops », a imagé ce dernier dans la matinale de France Inter ce mardi.
Avec un siège à Paris, AMI dispose de bureaux à New York, Montréal et Singapour. Après cette levée, l’entreprise prévoit d’accélérer les recrutements. « À très brève échéance, on va être entre 20 et 30 », a indiqué Yann Le Cun à l’AFP.
Le chercheur français, lauréat en 2018 du prix Turing, considéré comme l’équivalent du Nobel en informatique, avait annoncé en novembre quitter Meta, où il a passé 12 ans à diriger la recherche en IA.
Laurent Solly, ancien vice-président Europe chez Meta, a lui aussi rejoint AMI en tant que responsable des opérations.
Avec ses cinq co-fondateurs, Yann Le Cun entend poursuivre ses recherches et « passer à la vitesse supérieure » dans le développement de « modèles du monde », aussi appelés « world models ».
Arriver à analyser et prévoir des procédés complexes
À la différence des modèles de langage (LLM) derrière les agents conversationnels tels que ChatGPT ou Gemini, ces modèles sont destinés à comprendre le fonctionnement du monde physique, « à la manière des animaux et des humains », a précisé Yann Le Cun.
Le but est d’arriver à analyser et prévoir des procédés complexes, tels que le fonctionnement d’un moteur d’avion, d’une centrale électrique, ou celui de l’organe d’un patient. Des premiers débouchés qui devraient voir le jour relativement rapidement, d’après la feuille de route de l’entreprise.
« On va se concentrer sur la recherche et le développement la première année », indique Yann Le Cun, ajoutant que des discussions avec les « partenaires industriels » seraient menées d’ici 6 à 12 mois.
D’ici trois à cinq ans, l’objectif est de « produire des systèmes intelligents un peu universels qui pourraient être utilisés pour à peu près n’importe quelle application qui nécessite des machines intelligentes », notamment la conduite autonome et la robotique.
L’entreprise prévoit de « se concentrer sur la recherche et le développement la première année », avant de travailler sur des applications industrielles l’année suivante, a-t-il aussi détaillé.
Jusqu’où pourraient aller ces nouveaux modèles ? « Il y a des choses qu’il faut bien sûr s’interdire de faire », assure le chercheur. L’utilisation éthique de l’IA provoque un vif débat aux États-Unis, où la question de l’utilisation de l’IA à des fins militaires oppose les deux géants OpenAI et Anthropic.
« À la fin, la décision de quelle est la meilleure utilisation de l’IA pour la société ne devrait pas être dans les mains de quelqu’un comme moi, ou comme mes collègues », estime Yann Le Cun. « C’est à la société et à ses institutions démocratiques de décider. »

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