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10 mars 2026Les prix de l’essence connaissance une flambée sans précédent et ce graphique l’illustre parfaitement
Michel GILE via Getty Images
Depuis le début de la guerre en Iran, les prix des carburants connaissent une flambée inédite. (image d’illustration)
• Sébastien Lecornu ordonne des contrôles pour éviter des hausses abusives, tandis que des oppositions réclament des mesures comme le blocage des prix ou l’utilisation des stocks stratégiques.
• Les taxes représentent 52 % du prix du carburant, et le gouvernement étudie encore les scénarios d’aide, jugeant qu’il est « trop tôt » pour intervenir.
La flambée est telle que Sébastien Lecornu a demandé à la répression des fraudes de réaliser autant de contrôles en quelques jours qu’en un semestre. Depuis qu’Israël et les États-Unis ont lancé leur offensive sur l’Iran (entraînant un blocage du détroit d’Ormuz) les cours du pétrole s’envolent ; le seuil symbolique des 100 dollars le baril a été allègrement franchi ce lundi 9 mars.
Et cela fait quelques jours que les automobilistes ont pu constater les conséquences à la pompe. La barre des deux euros le litre a été dépassée dès la semaine passée, poussant le gouvernement à lancer des contrôles pour s’assurer que les hausses ne sont pas abusives.
Un simple coup d’œil au graphique ci-dessous permet de constater, en attendant les conclusions de la DGCCRF, que la hausse des derniers jours est inédite. En augmentant de 28 centimes en une semaine, le prix du litre de gazole a connu une hausse jamais vue. Selon les données compilées par l’AFP, le litre se vendait en moyenne à 2,001 euros le litre ce lundi ; celui de SP95-E10 (l’essence la plus consommée en France) s’établissait à 1,8333 euro, soit 11 centimes de plus que fin février.
Dans les jours qui avaient suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine (entre le 4 et 11 mars 2022), l’augmentation constatée en une semaine n’avait pas dépassé 26 centimes. C’est la première fois depuis juillet 2022 que le gazole vaut plus de 2 euros en moyenne.
Dans ce contexte, les oppositions appellent Sébastien Lecornu à ne pas se contenter des contrôles qu’il a diligentés. Certains veulent que l’État ait recours aux stocks stratégiques qui permettraient de réduire les tensions sur le marché. D’autres, comme la France insoumise, réclament un « blocage des prix » quand l’hypothèse d’une baisse de la TVA est souhaitée par d’autres (notamment au Rassemblement national).
Plus de la moitié du prix est constituée de taxes
Car, comme vous pouvez le voir sur ce second graphique, les taxes représentent la moitié (48 %) du prix payé par le consommateur. Celui-ci se décompose en quatre parts. Deux sont liées au produit en lui-même : la matière première et son raffinage (basé sur la cotation au marché de Rotterdam) et la distribution. Les deux dernières parts concernent des taxes : l’accise sur les produits pétroliers (aussi appelée Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques ou TICPE) et une double dose de TVA ; sur le produit en lui-même et sur la TICPE. Ce qui fait parfois dire qu’il y a une « taxe sur la taxe » et que l’État est le principal bénéficiaire de cette hausse.
Mais à ce stade, la réponse du gouvernement est encore celle-ci : « tous les scénarios sont à l’étude ». La ministre en charge de l’Énergie, Maud Bregeon, a par exemple assuré ce lundi 9 mars qu’il est encore « trop tôt » pour appliquer de nouvelles aides comme le gouvernement l’avait fait en 2022. La « remise carburant » décidée par Élisabeth Borne avait immédiatement fait baisser les prix de 30 centimes en septembre.

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