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10 mars 2026Depuis le lancement de l’offensive contre le régime de Téhéran le 28 février, Pete Hegseth qui s’est rebaptisé “ministre de la Guerre” en septembre dernier, est devenu le visage et la voix américaine de l’opération Fureur épique en Iran. Et il n’hésite pas à user d’une rhétorique particulièrement belliqueuse et agressive, soulignent les médias anglo-saxons.
Il a ainsi déclaré que ce mardi 10 mars serait “la journée la plus intense de frappes” contre Téhéran, relève The New York Times. “Un plus grand nombre de chasseurs et de bombardiers” seront déployés, a annoncé le ministre de la Défense américain lors d’une conférence de presse, en ajoutant que l’Iran était en train de “perdre salement”. “Nous ne céderons pas tant que l’ennemi n’aura pas été vaincu de manière totale et définitive”, a-t-il affirmé.
Une image de dur à cuire
Comme le souligne The Wall Street Journal, Pete Hegseth semble avoir trouvé sa voie – ou plutôt sa voix – dans la conduite de la guerre actuelle contre Téhéran. Et le quotidien de rappeler que Pete Hegseth était “l’un des choix les plus controversés du président lorsque celui-ci a formé son cabinet”. Lors de la confirmation de sa nomination au poste de ministre de la Défense, il a dû mener “une bataille acharnée pour balayer les inquiétudes sur son inexpérience” et sur ses opinions sur les femmes en général et sur leur place “dans les rangs dans l’armée” en particulier, rappelle le journal.
Il faut dire qu’avant de devenir chef du Pentagone, Pete Hegseth, qui a un temps servi dans la garde nationale et a été déployé en Irak et en Afghanistan, était surtout connu pour être animateur de la chaîne ultraconservatrice Fox News.
Puis, rappelle le Wall Street Journal, Pete Hegseth a été rattrapé par la polémique quand il a partagé des informations opérationnelles sensibles sur des frappes américaines contre les houthistes au Yémen en mars 2025, “dans une conversation Signal dans laquelle un journaliste a été involontairement inclus”.
Il a également été “accusé de crimes de guerre, ce qu’il a nié, pour les frappes américaines contre des bateaux soupçonnés de transporter des trafiquants de drogue dans les Caraïbes”.
Ces batailles d’hier l’ont aidé à se forger une réputation de dur à cuire au sein du mouvement Maga et en font aujourd’hui “un porte-parole idéal de la guerre actuelle contre l’Iran”, souligne le quotidien conservateur.
Un idéologue masculiniste
Et ce au grand dam des nombreux détracteurs de Pete Hegseth, qui soulignent que celui-ci semble avoir “abandonné toute solennité qui sied normalement à un ministre de la Défense” pour se transformer en “une sorte de commentateur partisan” des opérations de combat aux Moyen-Orient, “se délectant de la capacité des États-Unis à infliger des violences”, souligne de son côté The Guardian.
Le quotidien britannique rappelle que Pete Hegseth cultive depuis des années une image et “une esthétique hypermasculine d’homme musclé”, qu’il s’est taillée pour plaire “au locataire de la Maison-Blanche et à l’écosystème médiatique de la droite dure”. Mais que derrière cette image de macho, beaucoup s’inquiètent de voir Pete Hegseth “transformer le Pentagone en théâtre d’une croisade idéologique et religieuse”.
Et le quotidien britannique de rappeler les accointances du ministre de la Défense américain avec le nationalisme chrétien. Hegseth a notamment publié un livre en 2020 intitulé American Crusade [“Une croisade américaine”, non traduit], dans lequel il a écrit que “ceux qui bénéficient de la civilisation occidentale devraient remercier un croisé”.
Glorification de la violence
Une chose est sûre, l’image autant que le style ou les mots belliqueux employés par le chef du Pentagone ne sont pas pour déplaire au locataire de la Maison-Blanche.
“Dans la guerre menée par Donald Trump contre l’Iran, la rhétorique de Pete Hegseth, qui présente les États-Unis comme un prédateur juste et impitoyable, est au cœur d’une stratégie de communication hyperagressive de la Maison-Blanche”, souligne le Financial Times. Le quotidien britannique observe que cette stratégie de communication offensive s’accompagne sur les réseaux sociaux “d’une avalanche de clips montrant les opérations militaires actuelles afin de mettre en avant la puissance et les prouesses américaines”.
Reste que la façon dont Pete Hegseth parle de la guerre avec brutalité et désinvolture “est choquante et dégradante”, dénonce Rachel VanLandingham, une ancienne lieutenante-colonelle de l’armée de l’air citée par le Financial Times. “C’est comme s’il disait : Je me frappe la poitrine et nous sommes là pour tout faire exploser”, explique celle qui est aujourd’hui professeure à l’université privée Southwestern Law School. “Je pense que cette glorification de la violence est indigne des États-Unis et d’un ministre de la Défense américain en exercice.”

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