
"Je vais prendre entre 4.000 et 5.000 € sur ma facture de gazole à la fin du mois."
10 mars 2026
Israël frappe le Liban après de nouveaux avertissements
10 mars 2026Pourquoi l’Australie a-t-elle accordé l’asile à cinq joueuses de l’équipe iranienne féminine de football ?
Des joueuses de l’équipe iranienne de football lors de la Coupe d’Asie en Australie, le lundi 2 mars 2026. DAVE HUNT/AP/SIPA
Après plusieurs jours d’incertitudes, l’Australie a accordé l’asile à cinq joueuses de l’équipe iranienne de football, lundi. Une décision liée à de possibles risques pour la sécurité des athlètes après leur silence lors de l’hymne iranien au début d’un match de la Coupe d’Asie qui s’est déroulé en Australie, sur fond de conflit au Moyen-Orient.
Tout remonte à début mars. Le lundi 2, l’équipe de football féminine iranienne refuse d’entonner l’hymne national lors de leur premier match en Coupe d’Asie des nations de football, qui se déroule cette année en Australie.
Alors que résonnaient les notes de l’hymne national iranien dans le stade, sur la pelouse, les joueuses de la délégation sont restées silencieuses. Un geste aussi rare que fort.
Ce signe symbolique de protestation envers le régime politique iranien est survenu deux jours après le début du conflit qui oppose l’Iran à Israël et aux Etats-Unis, et quelques semaines après la sanglante répression du régime des mollahs contre sa population, en début d’année.
« Les membres de l’équipe nationale féminine de football d’Iran subissent de fortes pressions et sont menacées par la République islamique », a écrit Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran dans un post publié sur le réseau social X.
Les joueuses qualifiées de « traîtres »
Cette protestation silencieuse lors d’un tel événement sportif international a fait réagir en Iran. L’attitude de la délégation féminine iranienne est assimilée à un acte de rébellion. L’hostilité envers les joueuses s’est vue notamment à travers les paroles d’un présentateur de la télévision d’Etat iranienne. Celui-ci a désigné les joueuses comme des « traîtres en temps de guerre » et a estimé qu’elles représentent le « summum du déshonneur ».
S’est ensuite rapidement posée la question de possibles représailles envers cette délégation composée de 26 membres. Des voix se sont donc fait entendre publiquement pour demander une protection de la délégation. « Elles risquent de graves conséquences si elles retournent en Iran. J’appelle le gouvernement australien à assurer leur sécurité et à leur apporter tout le soutien nécessaire », a demandé Reza Pahlavi.
L’Australie accorde l’asile à cinq joueuses
Lundi 9 mars, le président américain Donald Trump, à l’origine des premières frappes avec Israël qui ont lancé la guerre en Iran, a réclamé à l’Australie des mesures en faveur des sportives. Il a estimé que leur retour en Iran n’est pas possible car elles risquent d’être « très certainement tuées ».
En coulisses, l’Australie a entamé des discussions secrètes avec les joueuses. La suite est rocambolesque. Cinq joueuses, dont la capitaine Zahra Ghanbari, se sont échappées de leur hôtel durant la nuit. « Elles ont été transférées dans un lieu sûr par la police australienne. J’ai signé [lundi] soir leur demande de visa humanitaire », a précisé le ministre de l’Intérieur australien Tony Burke à la presse.
Si cinq joueuses disposent désormais d’une protection de la part de l’Australie, ce n’est pas officiellement le cas des autres athlètes. Aucune information n’a pour l’instant filtré à ce sujet. Le gouvernement australien s’est dit prêt à les aider si besoin.
Donald Trump a expliqué sur son réseau Truth Social que certaines joueuses de la délégation « ont le sentiment qu’elles doivent retourner (en Iran) parce qu’elles ont peur pour la sécurité de leur famille ». Les pressions sur les proches des sportives représentent en effet un risque suite à leur geste. « Certaines des membres de l’équipe ont probablement déjà vu leur famille menacée », a déclaré Zaki Haidari, militant d’Amnesty International à l’AFP.

9999999
