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10 mars 2026Une fin de campagne des municipales tendue, marquée par la violence, les insultes et les menaces
PAT BATARD / Hans Lucas via AFP
Les tensions sont montées d’un cran à l’occasion des municipales (Affiche de François Piquemal/illustration)
C’est une militante de La France insoumise menacée de mort et pourchassée par un homme armé d’un couteau alors qu’elle colle des affiches en plein centre-ville de Strasbourg, c’est une réunion publique d’un maire sortant près de Lille violemment interrompue par une quinzaine de militants d’extrême droite, c’est une candidate à Clermont-Ferrand poussée, agressée et insultée lors d’un banal tractage. C’est encore une alerte à la bombe lancée contre le siège insoumis à Paris, qui oblige à évacuer le bâtiment entièrement.
À Marseille, une candidate socialiste affirme avoir été prise à partie par des militants RN, aux cris de « sale bougnoule ». Dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales, le climat s’est tendu, les menaces ont fusé et les agressions physiques se sont multipliées. Des intimidations et des actes de violences qui accompagnent depuis toujours les campagnes électorales. Le politologue et chercheur au Cevipof Bruno Cautrès observe, dans Le Parisien, que « les intenses batailles de collage d’affiches » sont « un classique du genre ». Ainsi se souvient-on de la mort d’Ibrahim Ali, tué par un colleur d’affiches du Front national en 1995, ou de celle du socialiste Philippe Brocard en 1986.
Mais cette fois, les tensions semblent avoir pris une autre dimension. Et le drame survenu à Lyon mi-février, avec la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, n’a rien arrangé, amplifiée par la mise en cause de certains ex-membres de la Jeune Garde, l’organisation antifasciste fondée par Raphaël Arnault. Bruno Cautrès relève un indéniable « effet » de cette affaire « sur le terrain », qui a donné lieu à « une fin de campagne tendue à gauche ». Preuve de ce climat de violences : une vingtaine de permanences LFI avaient été vandalisées dans les jours suivant le drame. Quand une quinzaine d’hommes en noir, membres du groupuscule identitaire Nouvelle Droite, débarquent au meeting du maire LFI Patrick Proisy à Faches-Thumesnil (Nord) le 6 mars, ils brandissent des pancartes sur lesquelles est inscrit « Justice pour Quentin ».
Compte tenu du climat politique national, marqué par une diabolisation de La France insoumise, les troupes de Jean-Luc Mélenchon sont particulièrement ciblées. Mais pas que. Le maire de Nice Christian Estrosi a dénoncé « des menaces et des violences de toutes parts » après avoir retrouvé une tête de porc devant son domicile, accompagnée d’une étoile de David. Là encore, il met en cause l’extrême droite proche du milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.
L’extrême droite pointée du doigt
Cet engrenage de violence avait été dénoncé le 19 février par Emmanuel Macron. Le chef de l’État, en déplacement en Inde, expliquait vouloir tout faire pour éviter « l’émeute permanente » et « le face-à-face mortifère pour la République ». Dans un moment de vives tensions, exacerbées par le contexte électoral, il appelait chacun à « rester calme » et à « respecter les principes de la République ». Un vœu pieux ? Quelques jours plus tard, lors d’une réunion avec la Direction générale de sécurité intérieure (DGSI), le Président avait fait part de sa « préoccupation » au sujet d’un pic de violences lors de la campagne des municipales et demandé à son gouvernement de tout faire pour que le scrutin se déroule « sereinement ».
Beaucoup pointent du doigt la responsabilité de l’extrême droite. « La violence de l’extrême droite s’est déjà manifestée contre plusieurs de nos réunions et de nos dirigeants sans aucune réaction des autorités. J’appelle les insoumis à la plus grande vigilance », avait alerté Jean-Luc Mélenchon dans un tweet le 14 février. Même tonalité du côté de Marine Tondelier. « L’extrême droite fait peser un climat délétère sur ces élections municipales. Que fait le ministère de l’Intérieur ? », s’est agacée la patronne des Écologistes le 7 mars, rappelant qu’à Strasbourg, le local de campagne de la maire sortante écologiste Jeanne Barseghian a été dégradé et que le candidat du NPA Cem Yoldas a dû retirer sa candidature après avoir reçu des menaces de mort. Si la page des municipales est presque tournée, rien n’indique que le climat de tension redescendra à l’approche de l’élection présidentielle, dans un an.

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