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10 mars 2026VIDEO. La guerre se propage au Liban : Jean-Yves Le Drian, ancien ministre des Armées, dans « L’Evénement »
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Le mardi 10 mars 2026, l’émission politique « L’Événement », exceptionnellement consacrée au conflit au Moyen-Orient et à ses répercussions internationales, recevait l’ancien ministre des Armées Jean-Yves Le Drian, qui est aussi le représentant personnel du président de la République au Liban.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Caroline Roux : De retour sur le plateau de « L’Evénement » avec vous, Jean-Yves Le Drian. Merci d’avoir accepté cette invitation. Bonsoir. Je rappelle que vous êtes le représentant personnel du président de la République au Liban. Vous êtes également ancien ministre des Affaires étrangères et ancien ministre des Armées. Peut-être une question pour les gens qui nous regardent ce soir et qui se sont dit : « Les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran, et d’un coup, on parle de la guerre au Liban… » Pourquoi le Liban se retrouve-t-il dans cette guerre ?
Jean-Yves Le Drian : Parce que la partie militaire du Hezbollah, qui est un parti politique, est considérée comme un groupe terroriste et est liée à l’Iran de manière constante. Lorsque l’Iran a réagi aux frappes israéliennes, ils ont réagi immédiatement, corrélativement, concomitamment avec l’Iran. C’est pour ça que j’ai dit à plusieurs reprises que le Hezbollah a choisi l’Iran contre le Liban et contre les intérêts du pays dont il fait partie. Mais le Hezbollah représente 2 millions de chiites. Ils ne sont pas tous membres du Hezbollah, mais ils sont un peu otages, d’une certaine manière, des choix des dirigeants du Hezbollah.
Et aujourd’hui, le Hezbollah est activé par les Gardiens de la Révolution iraniens…
Aujourd’hui, le Hezbollah est en lien permanent avec l’Iran et, après l’élimination de Nasrallah, les Gardiens de la Révolution ont repris le pouvoir au sein du Hezbollah, si bien que le Hezbollah a non seulement attaqué, mais pérennisé ses attaques. Ce n’était pas uniquement une fois. Il a attaqué constamment, y compris, peut-être, dit-on, sur la Turquie, voire même sur Chypre. En tout cas, il continue à attaquer Israël, et cela continue même aujourd’hui, en ne tenant aucun compte des conséquences que cela peut avoir. C’est d’autant plus grave qu’ils étaient informés de ce qui allait se passer. C’est-à-dire que, auparavant, les autorités libanaises avaient dit aux responsables du Hezbollah qu’il ne faudrait pas frapper s’il y avait une aggravation de la situation. Israël avait fait savoir au Hezbollah que s’il ne bougeait pas, eux non plus. Mais, en intervenant dès le lundi de la semaine dernière contre Israël, le Hezbollah fait de la provocation et il est à l’origine de ce qui se passe aujourd’hui au Liban.
Donc, ça veut dire que l’offensive israélienne est justifiée ?
Ça veut dire qu’on peut considérer qu’il peut y avoir un droit de riposte, mais je considère que l’offensive israélienne est disproportionnée, contradictoire, contre-performante et, à mon avis, inopérante dans la durée. De plus, décider de mettre dehors 700 000 personnes brutalement, de les faire dormir sur la Corniche, tout cela est absolument insupportable. Je ne suis pas sûr qu’Israël serve ses intérêts en agissant ainsi. Pour une raison simple : lorsque le Hezbollah a agi de la manière dont on parle, des actes terroristes, des actes inacceptables, il a créé la colère de la population libanaise qui n’accepte pas d’être, d’une certaine manière, l’otage du Hezbollah dans cette guerre qui n’est pas la leur, ce n’est pas la guerre des Libanais non plus. À partir de ce moment-là, ils se sont divisés. La population chiite n’est plus d’accord, après ces actes, avec la direction du Hezbollah, sauf que la masse d’interventions, le nombre de morts et le nombre de déplacés dans ce pays font que la colère risque de se retourner contre Israël.
Qu’est-ce que se dit Israël ? « On va faire ce que les Talibans n’arrivent pas à faire, on va faire ce que la France n’arrive pas à faire, on va en finir avec le Hezbollah, désarmer le Hezbollah. » Ce n’est pas la bonne manière de s’y prendre pour l’obtenir ?
Ce n’est pas comme ça qu’il faut que ça se passe. Parce que dans le passé, en 2024, il y a eu déjà un conflit. Le Hezbollah, en solidarité avec le Hamas, avait attaqué en Israël, et il y avait eu un cessez-le-feu dans lequel la France et les États-Unis étaient garants. Après le cessez-le-feu, un plan a été décidé par les autorités libanaises pour désarmer le Hezbollah, pièce après pièce, secteur après secteur, et ce plan était validé par des discussions qui avaient lieu dans le sud du Liban, par les Américains et les Français qui tenaient un peu la médiation, et aussi en présence des Israéliens et des Libanais. Ça avançait. Maintenant, on n’est plus dans le même esprit. Lorsque le président de la République dit qu’il faut revenir à ce qu’on a déjà fait comme mécanisme, c’est possible, mais on n’est plus dans la même situation. Il faut donc parler plutôt de l’esprit de cette négociation qui avait eu lieu et qui peut recommencer encore aujourd’hui.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.

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