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ATTA KENARE / AFP
Les joueurs de la sélection iranienne avant leur match qualificatif pour le Mondial contre la Corée du Nord, à Téhéran, le 10 juin 2025.
Verra-t-on l’équipe nationale d’Iran à la Coupe du monde de football cet été ? Rien n’est moins sûr. Mardi 10 mars, le ministre des Sports iranien Ahmad Doyanmali a sérieusement remis en question la présence de la sélection sur le sol américain en juin, au vu de la situation actuelle au Moyen-Orient.
« Sachant que ce gouvernement (des États-Unis, NDLR) corrompu a assassiné notre leader (le Guide suprême de la République islamique l’Ayatollah Ali Khamenei, NDLR), les conditions pour participer à la Coupe du monde ne sont pas réunies. Nos enfants (les joueurs de l’équipe nationale, NDLR) ne sont absolument pas en sécurité. Compte tenu des actions néfastes qu’ils (les États-Unis, NDLR) ont menées contre l’Iran, nous imposant deux guerres en huit ou neuf mois et causant la mort de plusieurs milliers de nos concitoyens, il nous est impossible de participer à ce tournoi », a-t-il ainsi prévenu à la télévision iranienne.
Cette réaction est dans la lignée de celle des officiels iraniens depuis le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël le 28 février.
Juste après le début de l’offensive, le président de la Fédération iranienne de football Mehdi Taj avait lui brandi l’hypothèse d’un boycott de la compétition, précisant que le dernier mot reviendrait aux « autorités sportives » du pays. « Ces événements ne resteront pas sans réponse (…) Mais ce qui est sûr à l’heure actuelle c’est qu’avec cette attaque et cette cruauté, on ne peut pas envisager avec espoir la Coupe du monde », avait-il expliqué à la télévision iranienne.
Reversé dans le groupe G, l’Iran doit disputer ses trois matches du premier tour du Mondial contre la Belgique, l’Égypte et la Nouvelle-Zélande sur le sol américain (deux rencontres à Los Angeles et une à Seattle) et son camp de base durant le tournoi est censé être situé à Tucson, en Arizona.
Selon le journaliste sportif Romain Molina sur X, il n’existe dans le règlement de la Fifa aucun point précis dans le cas où une équipe qualifiée se retire de la Coupe du monde avant le début du tournoi. Ne pouvant se permettre de laisser une poule à trois équipes, en cas de défection de l’Iran, l’instance pourrait potentiellement choisir une équipe de la même confédération ou la mieux classée parmi les éliminées.
Tentative d’apaisement
Ce n’est pas ce que souhaite Gianni Infantino, qui a tenté d’apaiser ce mercredi 11 mars. Le patron de la Fifa a assuré que Donald Trump lui avait promis, lors d’un entretien la veille, d’accueillir la sélection iranienne au Mondial. « Au cours de nos échanges, le président Trump a réaffirmé que l’équipe iranienne était bien entendu la bienvenue pour disputer le tournoi aux États-Unis », coorganisateur aux côtés du Mexique et du Canada, a écrit le dirigeant italo-suisse sur son compte Instagram.
Les propos tenus par Donald Trump auprès de Gianni Infantino ont été confirmés ce mercredi par la Maison Blanche.
Gianni Infantino a pour la première fois évoqué « la situation en Iran », discutée avec Donald Trump, sans préciser que l’incertitude autour de la venue au Mondial de la « Team Melli » était due aux frappes américano-israéliennes sur le pays.
Le 3 mars, dans un entretien accordé à Politico, Donald Trump tenait pourtant un discours bien moins inclusif. Interrogé sur la participation à la Coupe du monde ou un boycott de l’Iran, le président avait répondu : « je m’en fiche complètement ». « Je pense que l’Iran est un pays très durement vaincu. Ils sont à bout de forces », avait-il ajouté.
Certains observateurs évoquaient aussi la possibilité que les États-Unis refusent d’accueillir les Iraniens pour des raisons de sécurité mais ce scénario semble avoir été écarté par Donald Trump, selon le message diffusé ce mercredi par Gianni Infantino.
« Nous avons tous besoin, plus que jamais, d’un événement comme la Coupe du Monde de la Fifa pour rassembler les gens, et je remercie sincèrement le président des États-Unis pour son soutien, car cela montre une fois de plus que le football unit le monde », a insisté le président de la Fifa.
Ce dernier, seul dirigeant sportif présent à l’investiture de Donald Trump, affiche régulièrement sa proximité avec le président américain, au point de lui avoir remis l’an dernier un « Prix Fifa de la Paix » créé pour l’occasion, dont les critères n’ont jamais été précisés.

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