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MIGUEL MEDINA / AFP
Ces candidats à Marseille crient à la fraude après des anomalies sur les listes électorales. (image d’illustration)
L’électorat marseillais a-t-il pris un gros coup de vieux ? Les listes électorales de la cité phocéenne comptent un nombre étonnamment élevé de « supercentenaires », âgés de plus de 110 ans, comme l’ont relevé mardi 10 mars l’AFP et plusieurs candidats aux municipales, alors que le premier tour se tient dans moins d’une semaine. Parmi les électeurs très âgés figure une dame de 120 ans qui serait du même coup… la doyenne de l’humanité.
Problème : la plupart des profils qui interrogent correspondent à des personnes décédées, parfois depuis de nombreuses années. L’anomalie a été relevée par des candidats à la succession de Benoît Payan, qui s’interrogent sur les risques de fraude. Le candidat du Rassemblement national Franck Allisio, principal adversaire du maire sortant, a d’ailleurs annoncé mardi avoir effectué un signalement au titre de l’article 40 au procureur de la République.
Il s’étonne notamment que Marseille compte « 785 électeurs âgés de cent ans ou plus […] ce qui peut interroger au regard des données démographiques habituellement observées ». « Je sais bien que le régime méditerranéen est celui qui prolonge le plus à la longévité mais je ne savais pas qu’on avait la doyenne de l’humanité à Marseille », a ironisé l’élu d’extrême droite.
Vassal demande une « mise sous tutelle » de l’organisation du scrutin
La dame en question est née le 24 décembre 1905 en Italie et figure sur la liste électorale de la mairie du 11-12e arrondissement, selon un document consulté par l’AFP. Sylvain Souvestre (LR), maire du secteur, a également alerté le préfet sur ce cas et « le nombre très important de personnes décédées et toujours inscrites sur les listes électorales », actes de décès à l’appui.
La candidate du centre et de la droite, Martine Vassal, est aussi montée au créneau dans un message sur X, demandant « une mise sous tutelle immédiate de l’organisation des municipales ». « Ce qui est révélé est gravissime ! », a-t-elle cinglé, jugeant la démocratie « en danger » et appelant les autorités à « agir ». « Marseille ne peut pas subir de possibles fraudes électorales massives ! », ajoute celle qui était arrivée deuxième lors des municipales de 2020.
Côté insoumis, Sébastien Delogu déplore « une anomalie de plus dans des fichiers » relevant de la « responsabilité » de Benoît Payan et « qui devraient être tenus avec toute la rigueur que la démocratie exige ». Dans son communiqué, le candidat LFI étrille à la fois le Parti socialiste et la droite de Martine Vassal – évoquant des cas passés de fraude électorale – et appelle les Marseillais « à venir surveiller les urnes » et à « voter en masse » pour « vaincre la triche ».
L’Insee écarte toute erreur et renvoie la balle à la mairie
Sollicité par l’AFP, l’Insee a examiné le cas de trois électrices figurant sur les listes du 11-12e, dont des extraits ont été transmis par la mairie de secteur – nées en 1924 et 1925 et décédées en 2025. Selon l’institut, « dans le Répertoire national d’identification des personnes physiques (RNIPP), le décès de ces personnes a bien été enregistré » et elles « ont bien été radiées des listes électorales dans le Répertoire électoral unique (REU) ».
Normalement, le mécanisme en place est rodé : dès qu’un décès survient en France, l’information remonte automatiquement à l’Insee, qui met à jour le REU en moins de 48 heures. Ce dispositif fonctionne sans interruption depuis l’instauration du REU en 2019. Sur la base de ces trois cas, l’Insee écarte tout dysfonctionnement et renvoie la balle à la commune, pointant son logiciel chargé de récupérer les données du REU pour les restituer sous forme de liste électorale.
Questionnée par l’AFP, la mairie de Marseille a assuré que les trois femmes « sont bien radiées et ne sont pas inscrites sur les listes ». Les trois noms ne figurent effectivement pas sur une copie des listes de la mairie centrale transmise à l’AFP par les services de la ville. Elle précise par ailleurs que les supercentenaires toujours inscrits sur les listes électorales marseillaises l’étaient déjà en 2020, sous la précédente majorité de droite, alors qu’ils étaient théoriquement âgés de 104 à 115 ans.
Pour y remédier, la Ville envisage pour les prochains scrutins de « radier automatiquement des listes les personnes de plus d’un certain âge », notamment les plus de 110 ans.

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