
Ce que l’on sait du très gros coup de filet mené contre l’organisation criminelle
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Dix jours après le début de la guerre lancée contre l’Iran, le régime plie sous les bombardements aériens mais ne rompt pas. Loin de là. En nommant Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême de la République islamique, comme successeur de celui-ci, les partisans d’une ligne dure ont envoyé un message clair aux États-Unis et à Israël, explique The Economist : celui de la continuité et de la résistance, signe d’un jusqu’au-boutisme aux conséquences imprévisibles.
Cette “désignation sert surtout à montrer que les Gardiens de la révolution, défenseurs de la République islamique, tiennent toujours le pays en coupe réglée”, explique l’hebdomadaire britannique, qui analyse les forces et les fragilités du régime.
C’est l’objet de notre dossier cette semaine, qui tente de décrypter, à travers les analyses de la presse étrangère, pourquoi et comment le pouvoir iranien, que l’on disait décapité, affaibli, désorganisé, tient à la fois politiquement et militairement. Et parvient à organiser, malgré une décentralisation anticipée des centres du pouvoir – qui protège ses dirigeants mais rend aussi leur communication plus chaotique –, une riposte tous azimuts qui cible non seulement Israël et les bases américaines dans la région, mais aussi les infrastructures pétrolières de ses voisins du Golfe, quand ce ne sont pas les usines de désalinisation. L’autre arme est bien sûr économique : la fermeture du détroit d’Ormuz provoque déjà une onde de choc mondiale sur les prix du pétrole et du gaz.
“Le pays dont Mojtaba Khamenei vient d’hériter est sur un fil, entre endurance et effondrement. L’ampleur, la violence et la précision de l’arsenal balistique iranien ont surpris à Washington et à Tel-Aviv”, explique encore The Economist. Les capacités militaires iraniennes ont-elles été sous-évaluées ? Sans doute. Mais le pays s’est surtout lancé dans “une stratégie d’escalade horizontale”, explique Robert Pape dans Foreign Affairs. Pour ce spécialiste de la guerre aérienne, les frappes iraniennes ne peuvent être considérées “comme de simples représailles isolées, les derniers soubresauts d’un régime à l’agonie”. Au contraire, l’Iran tente de transformer les enjeux du conflit “en élargissant son champ d’action et en prolongeant sa durée”. Une stratégie qui profite à la partie la plus faible du conflit, estime encore cet analyste.
Et qui remet un peu plus en question la stratégie américaine. “Le plus dangereux dans ce conflit, explique ainsi Fareed Zakaria dans The Washington Post, c’est que les deux pays qui conduisent les opérations ont des buts de guerre différents, voire incompatibles.” Si Benyamin Nétanyahou est prêt à plonger l’Iran dans le chaos, les États-Unis n’ont aucun intérêt à précipiter une guerre civile désastreuse pour toute la région, rappelle le chroniqueur.
Donald Trump, qui misait sur un soulèvement populaire en Iran, s’est trompé, insiste Zvi Barel dans Ha’Aretz. Car l’opposition iranienne, fragmentée et sans leader, n’est pas assez structurée pour incarner “une solution de remplacement crédible”. Or ce sont les Iraniens, et eux seuls, qui doivent décider de leur avenir politique, souligne l’opposante Nasrin Parvaz dans un billet publié par The New Arab. Elle qui a pourtant connu la prison d’Evin condamne fermement les frappes sur son pays. “L’Iran doit être gouverné par la volonté collective de son peuple, pas par la force, et pas par une personnalité choisie ou imposée par les États-Unis ou Israël. La vraie justice ne se sous-traite pas à des puissances étrangères.”
Les “trois journalistes citoyens” dont le site en exil IranWire a recueilli les témoignages racontent, eux, autre chose dans le récit qu’ils font du quotidien des habitants de Téhéran : entre pénurie alimentaire et contrôles renforcés dans les rues, ils disent aussi l’espoir d’une partie de la population qui veut croire à la chute prochaine du régime. Ce sont toutes ces voix que nous voulions faire entendre pour tenter de mieux saisir la réalité du pouvoir iranien et de la situation sur place. Une actualité à suivre tous les jours sur notre site.
Dans ce numéro, nous consacrons aussi un dossier aux élections municipales en France. Pour la presse étrangère, les scrutins du 15 et 22 mars doivent être lus comme une répétition générale de la présidentielle de 2027. Après Grenoble, Dunkerque et Marseille, nous consacrons le dernier volet de nos portraits de villes à la bataille dans la capitale (en couverture sur Paris et la région parisienne) et au bilan controversé d’Anne Hidalgo. Qui pour lui succéder ? À suivre sur notre site, dès dimanche et lundi, avec toutes les réactions internationales au premier tour du scrutin.
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