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Tombée dans l’escarcelle du RN en 2014, la petite commune de Cogolin dans le Var fait figure d’exception nationale avec un casting sur la liste de départ des municipales 100% à droite et à l’extrême droite.
D’une belle vitrine pour le Rassemblement national au vaudeville. À Cogolin, à seulement 10 kilomètres de Saint-Tropez, le maire de la ville a été condamné à une peine d’inégibilité l’été dernier, entraînant l’implosion de son propre camp. Résultat: quatre listes d’extrême droite affrontent trois autres listes de droite. Quant au centre et à la gauche, ils ont purement et simplement disparu du paysage.
« La situation sur place est si compliquée qu’il n’y a aucun candidat sérieux qui s’impose. La gauche avait l’habitude ces dernières années de candidatures de témoignage, mais là, c’est devenu inextricable », reconnaît un bon connaisseur de la politique varoise auprès de BFM.
Pour expliquer ce cas, rarissime pour une ville de 12.000 habitants – et ce d’autant plus qu’en 2020, il y avait deux listes centristes et une liste écologiste sur la ligne de départ – il faut rembobiner.
« Gendre idéal »
En 2014, Marc-Étienne Lansade est élu à la surprise générale. C’est Marine Le Pen qui l’a poussé à se présenter à Cogolin, ville détenue alors depuis des années par la droite après avoir été un bastion de la gauche. Cette année-là, le RN, qui ne compte alors qu’une poignée de députés à l’Assemblée, continue sa patiente implantation dans le sud de la France. David Rachline, alors étoile montante du parti, décroche Fréjus, à quelques encablures de Cogolin.
Louis Aliot qui est à ce moment-là le compagnon de Marine Le Pen, fait tomber dans son escarcelle Perpignan. Beaucaire, près de Nîmes, passe également sous pavillon RN avec l’élection de Julien Sanchez.
« Marc-Étienne Lansade avait un côté gendre idéal, propre sur lui, personne ne le connaissait. On l’a pris un peu en rigolant quand il est arrivé: on n’aurait pas dû », observe avec le recul le maire sortant de l’époque Jacques Sénéquier (divers droite).
Mais très vite, le nouvel édile, qui a un temps gagné sa vie en dirigeant une boîte de nuit en Croatie, enchaîne les polémiques. Quelques semaines à peine après son arrivée à l’hôtel de ville, un campement de Roms est démonté à coups de tractopelles municipales, le tout filmé dans des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. On y voit le maire tout sourire se féliciter de détruire des affaires « volées » trouvés sur le campement.
Parmi ses projets, l’on retrouve notamment une charte anti-migrants, la fermeture du musée de la ville pour le transformer en hôtel, ou encore des idées de complexes touristiques, grâce à des cessions de terrains municipaux à bas prix ou d’aménagements de zones naturelles protégées…
Au RN, les dents grincent. En 2017, Marc-Étienne Lansade quitte le parti, ce qui ne l’empêche pas de se faire largement réélire aux municipales en 2020 avec 58% des voix au second tour.
Ancienne maîtresse et lit d’hôpital
Mais tout s’écroule en 2023. Celui qui a rallié Éric Zemmour lors de la présidentielle un an plus tôt, se payant même le luxe de sa venue pour la campagne des législatives, est mis en examen. La justice le soupçonne de « favoritisme », « prise illégale d’intérêt » et « détournement de fonds publics ».
En 2025, il est définitivement condamné à une peine d’inéligibilité de trois ans avec application immédiate pour un autre motif: l »abus de faiblesse ». Le maire a en effet joué le rôle d’intermédiaire dans l’achat d’une maison destinée à une ancienne amante, faisant signer au passage une procuration au vendeur gravement malade à l’hôpital.
Son départ contraint et forcé de la mairie voit sa majorité, déjà fragilisée, exploser. Et c’est officiellement son adjointe Christiane Lardat qui prend les rênes de la ville. Elle est aujourd’hui candidate aux municipales du 15 et 22 mars, mais ne risque pas de se revendiquer du soutien de Marc-Étienne Lansade, contre qui elle a porté plainte pour harcèlement moral.
L’ancien édile soutient, lui, sa sœur Véronique Lansade, qui jusque-là n’avait pas été impliquée localement. Le RN a décidé, lui, d’investir Pascal Cordé, un temps adjoint de Marc-Étienne Lansade, sans guère se mobiliser.
« Les municipales ressemblent vraiment à un panier de crabes »
Jordan Bardella, qui multiplie en ce moment les meetings comme à Nîmes, Perpignan ou Amiens, n’a pris la peine de venir. Et encore moins Marine Le Pen. Il faut dire que dans le département, c’est surtout Toulon et la possible victoire de Laure Lavalette qui suscitent l’attention du parti à la flamme presque 20 ans après le bilan très contrasté de Jean-Marie Le Chevallier, un proche de Jean-Marie Le Pen.
À droite, les appétits s’aiguisent tout autant, avec pas moins de trois listes divers droite. Mais pas une trace de l’ancienne députée Renaissance de la circonscription Sereine Mauborgne, élue en 2017 mais battue en 2022 puis à nouveau en 2024 par Philippe Lottiaux (RN).
« Nous n’étions pas assez nombreux pour monter une liste de 35 personnes à Cogolin », regrette-t-elle aujourd’hui, tout en soulignant avoir plusieurs de ses proches ou anciens lieutenants sur les différentes listes, y compris le candidat Reconquête Philippe Vallet.
« Les municipales ressemblent vraiment à un panier de crabes avec des opportunistes de tout poil qui vont au gré du vent », assène encore l’ex-élue macroniste.
Quant à la candidate du Nouveau front populaire aux législatives en 2024 qui aurait pu représenter la gauche sur la ligne de départ aux municipales, Sabine Cristofani-Viglione, elle se présente aux municipales à Vidauban, un village près de Cogolin.
De quel côté la pièce tombera le soir du premier ou du second tour? Sur le papier, le RN a toutes ses chances. Le député RN Philippe Lottiaux a été réélu dès le premier tour des législatives avec 56% des suffrages.

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