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À quatre jours du premier tour des élections municipales, la présidentielle s’invite dans le débat mercredi avec un meeting d’Édouard Philippe au Havre où l’ancien Premier ministre brigue un nouveau mandat loin d’être acquis, l’issue du scrutin pouvant lancer ou sérieusement hypothéquer sa campagne pour l’Élysée.
Maire de la cité portuaire depuis 2010, élu au premier tour en 2014 et au second en 2020, Édouard Philippe rassemble ses partisans au théâtre Le Normandy (18h30). Au même moment, son principal adversaire, le député communiste Jean-Paul Lecoq, tient meeting salle Franklin.
Candidat déclaré à l’Elysée, le président d’Horizons a lui-même semblé lier sa trajectoire présidentielle à sa réélection au Havre. Sans toutefois prononcer de formule définitive. « Si je perds les élections municipales, je ne serai pas dans la meilleure des positions pour aborder la suite », a-t-il expliqué à Paris-Normandie.
Donnant perdant au second tour
Or pour la première fois, un sondage Opinionway publié le 25 février le donne perdant (42% contre 40%) face à Jean-Paul Lecoq dans l’hypothèse d’une triangulaire avec le candidat d’extrême droite UDR-RN Franck Keller, testé à 18% au premier tour.
Un sondage à prendre avec « de grandes précautions », a commenté Édouard Philippe lors d’un Facebook live lundi. L’étude a été commanditée par l’observatoire « Hexagone », financé par le milliardaire conservateur Pierre-Édouard Stérin.
Sa publication n’en a pas moins braqué les projecteurs sur la cité portuaire alors que dans la course à l’Élysée, Édouard Philippe a déjà vu sa cote sondagière s’éroder, bien qu’étant toujours en tête parmi les prétendants de la droite et du centre.
Une sorte de campagne à double détente donc, avec deux discours du maire sortant. La liste UDR-RN « est là pour perturber le jeu » de « l’affrontement traditionnel qui peut exister avec le député communiste » au Havre, a-t-il expliqué à ses administrés sur Facebook.
« Son objectif est de me faire perdre (…). Pourquoi? Car il considère que cela fera un candidat en moins pour Marine Le Pen ou Jordan Bardella », a-t-il également théorisé auprès de La Tribune Dimanche.
Appel de l’extrême droite à le faire perdre
Au RN comme à l’UDR, on garde en travers de la gorge l’appel d’Édouard Philippe à voter pour Jean-Paul Lecoq face au RN lors des législatives de 2024, de même que le retrait du candidat Horizons dans la 4e circonscription de Seine-Maritime où l’Insoumise Alma Dufour a été réélue face au RN.
« Aujourd’hui, il n’y a pas d’opposition au Havre. Il y a une complicité entre Édouard Philippe et Jean-Paul Lecoq », a raillé Franck Keller, conseiller municipal sortant à Neuilly-sur-Seine.
Le candidat PCF a déjà reçu les offres de service d’entre-deux tours de LFI dont la candidate, Charlotte Boulogne, est testée à 6% dans le sondage Opinionway. « Nous ferons tout pour battre Philippe au Havre en proposant à Jean-Paul Lecoq de fusionner nos listes », a expliqué à l’AFP le député LFI Paul Vannier.

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