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11 mars 2026En Iran, le patrimoine mondial en péril : 4 sites classés par l’Unesco ont déjà subi de lourds dégâts
En Iran, 29 sites sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco. L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture estime que 4 d’entre-eux au moins ont subi de lourds dégâts depuis le début des hostilités. Il s’agit du jardin persan, de la mosquée de Jameh à Ispahan, de la vallée de Khorramabad, avec ses sites préhistoriques, et du palais du Golestan à Téhéran. Mais l’évaluation de l’ampleur des dégâts est actuellement très compliquée, et d’autres monuments historiques pourraient bien également avoir été touchés.
« Ce qu’on a mis des siècles à bâtir, détruit en 5 minutes »
Depuis Paris, le directeur du Centre du patrimoine mondial à l’Unesco, Lazare Eloundou Assomo, se désole de ces destructions : « Des structures brisées, des décorations en verre complètement détruites, ce qui fait que même pour la reconstruction il va falloir prendre des années. Ce qu’on a mis des siècles et des siècles à bâtir, en 5 minutes, 10 minutes, ils peuvent être détruits et il nous faut toujours du temps pour restaurer. »
Ces sites sont pourtant de véritables trésors du patrimoine mondial. Le palais du Golestan par exemple, recèle des oeuvres inestimables en péril, rappelle Lazare Eloundou Assomo : « Un savoir-faire persan particulier, extraordinaire. On l’appelle le petit Versailles quelquefois, par la qualité de ses décorations, son architecture palatiale très importante de la période perse très riche. »
Une évaluation des dégâts très laborieuse
Pour le moment, cartographier avec précision les destructions est très compliqué. D’ailleurs d’autres monuments ont peut-être aussi été touchés. « Il n’y a pas eu de mission sur le terrain, nous nous appuyons sur des informations qui sont surtout à la fois des photos mais aussi nos images satellites qui nous montrent l’état des dommages. Il faudra vraiment une évaluation bien précise sur le terrain pour comprendre l’étendue des dégâts. Mais nous sommes très inquiets sur l’état des dégradations de ces 4 sites. »
Et le directeur du Centre du patrimoine mondial rappelle que l’Iran n’est pas le seul pays touché par ces dégradations de sites historiques remarquables : il dénombre 18 pays concernés dans la région, soit un total de 125 monuments menacés.
« Des actions de mises à l’abris des collections ont existé »
Sur place, le contre-la-montre a commencé pour tenter de mettre en sécurité les œuvres d’arts exposées dans les musées. Lazare Eloundou Assomo l’assure : « Les professionnels iraniens sont quand même assez formés dans ces questions de gestion et de protection des musées. Et donc nous savons, selon les premières informations, que ces actions de mise à l’abri de collections ont existé. Certains de ces professionnels iraniens ont été formés par l’Unesco pour pouvoir mener des actions urgentes de sauvegarde des collections et du patrimoine. Les communautés ont toujours contribué à préserver ces sites depuis longtemps. Des gestionnaires de sites, des professionnels travaillent à leur gestion, à leur préservation, avec les autorités des différents pays. Et nous continuons de travailler aussi avec eux, de communiquer avec eux pour avoir régulièrement des informations. »
« Ne pas utiliser ces sites comme cible particulière »
Le directeur du Centre du patrimoine mondial souligne que ces sites ne doivent en aucun cas être visé par les belligérants, auxquels l’Unesco a écrit : « Beaucoup de ces pays, et la majorité d’entre eux, sont signataires des conventions de l’Unesco et ont l’obligation de les mettre en pratique. Ils doivent donc protéger les sites et ne pas les utiliser comme cible particulière. »
Lazare Eloundou Assomo, de l’Unesco : « Nous avons écrit aux différents belligérants »
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Pour autant, ne pas les viser explicitement ne suffit pas à assurer leur sauvegarde : « Il est important de sensibiliser à la protection de ces sites parce que même si les sites sont détruits parce que ce sont des dégâts collatéraux, cela reste une destruction du patrimoine qui va affecter la vie des communautés, la compréhension de l’Histoire, la richesse des civilisations des différents pays, etc. D’où le rôle de l’Unesco de sensibiliser à la préservation, à la protection du patrimoine, à ce que ces sites ne soient pas des victimes des hostilités. »

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