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11 mars 2026Face à la flambée des carburants, des Français vont faire le plein en Espagne… et des Allemands se ruent en France
Bien que la hausse des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient touche tous les pays européens, de plus en plus de frontaliers tricolores se rendent de l’autre côté des Pyrénées pour remplir leur réservoir.
«J’ai trop de clients, désolée !» Débordée par l’afflux d’automobilistes français, la gérante d’une station-service située à La Jonquera n’a même pas une minute pour répondre à nos questions. Sur fond de flambée des cours du pétrole et des prix à la pompe en France, les frontaliers tricolores sont de plus en plus nombreux à venir faire leur plein d’essence dans cette ville espagnole située à cinq kilomètres de la frontière. «Surtout des camions», précise la responsable.
Un constat dressé également par Yanik et Dominique, qui habitent au Perthus (Pyrénées-Orientales), une commune située à cheval sur la frontière franco-espagnole. Le couple se rend régulièrement en Espagne pour faire le plein. Ces derniers jours, les deux Français ont constaté «des files d’attente de parfois 30 minutes» dans les stations-service du pays, et ont observé des «comportements paranos» comme le remplissage de jerricans d’essence par les automobilistes, par crainte de pénuries.
Les Français filent en Espagne et en Andorre…
«Tout le département des Pyrénées-Orientales va faire le plein en Espagne», assure le couple. En effet, même si «tous les pays européens subissent la même vague extraordinaire de hausse des prix» à la pompe, expliquait sur RMC lundi Frédéric Plan, conseiller national de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), il peut être toujours intéressant pour les automobilistes français de se rendre de l’autre côté de la frontière.
Ce mercredi, le gazole s’affichait à 1,779 euro le litre dans la première station de la société Galp de La Jonquera, et 1,609 euro pour le sans plomb 95 (SP95). À titre de comparaison, de l’autre côté de la frontière, dans la commune française du Boulou (Pyrénées-Orientales), les tarifs atteignent respectivement 1,978 euro et 1,933 euro le litre, soit plus de vingt centimes de plus. L’écart se creuse encore davantage en Andorre, où la différence de prix approche actuellement les cinquante centimes par litre : le SP95 y est en effet proposé autour de 1,395 euro. Une aubaine pour les habitants de l’Ariège, département français qui entoure en partie le micro-État pyrénéen.
Dans le cas de l’Espagne comme d’Andorre, la différence de prix à la pompe avec la France s’explique par la fiscalité. Dans notre pays, l’addition de la TVA, de l’accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE) et de la TVA sur la TICPE porte la taxation totale du litre d’essence comme de gazole à 50 à 55% du prix à la pompe, contre autour de 45% en Espagne. C’est encore moins en Andorre, où la TVA sur le carburant se limite à 4,5%.
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…et les Allemands se pressent en France
Dans la moitié nord de la France, les flux transfrontaliers s’inversent : ce sont les prix à la pompe français qui attirent les automobilistes étrangers. En Alsace et en Moselle, certaines stations-service risquent même la pénurie face à l’afflux de frontaliers allemands venus faire le plein, rapporte la presse régionale.
Interrogé par ici (ex-France Bleu), un employé d’une station TotalEnergies à Forbach (Moselle), fait part de sa stupéfaction : «De mémoire de pompiste, on n’a jamais vu ça. Le nombre de clients immatriculés en Allemagne n’a jamais été aussi important.» Cette migration s’explique là aussi par les écarts de prix. Ce mercredi, à Sarrebruck, une métropole allemande de 180.000 habitants située près de la frontière française, le gazole atteint 2,13 euros le litre et le SP95 2,02 euros, soit près de 20 centimes de plus qu’à Forbach.
Déjà fréquents en temps normal, les déplacements transfrontaliers pour faire le plein se sont intensifiés depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. En répercussion de l’offensive israélo-américaine visant Téhéran, les Gardiens de la révolution iraniens ont de facto bloqué le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % des exportations mondiales de pétrole. Une situation qui a provoqué l’envolée du prix du baril, et donc des carburants, aux quatre coins du monde.

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