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Alors qu’il est en cavale depuis samedi 7 mars, le profil ultra-violent de “Ganito” se dessine petit à petit. Les victimes des séquestrations, qui auraient été commanditées par Ilyas Kherbouch, livrent des récits glaçants.
“Il n’y a pas qu’à l’extérieur que vous êtes le patron, vous jouissez également d’une sacrée influence en prison”, semble s’étonner un enquêteur face à Ilyas Kherbouch. Le fonctionnaire interroge le suspect de 21 ans sur une série de séquestrations et de violences commises dans des caves de région parisienne mais également dans les cours de prisons. “Ganito” garde le silence.
Des vidéos de passages à tabac et de séquestrations
Alors, les enquêteurs lui présentent de nombreux éléments à charge. D’abord des échanges par messages dans lesquels le jeune homme, alors détenu à Villepinte, semble donner des consignes à des complices à l’extérieur. Selon une source proche du dossier, les enquêteurs ont également mis la main sur des vidéos montrant des passages à tabac et des séquestrations.
Les policiers sont convaincus qu’elles sont envoyées à Ilyas Kherbouch par des exécutants, afin de prouver que la mission est accomplie. Sur l’une d’elles, un jeune homme apparaît torse nu, les mains liées dans le dos et le visage contre le sol. Sur une autre, la victime est cette fois-ci nue, baignant dans une mare de sang. Une troisième vidéo semble cette fois-ci montrer une agression dans une cour de prison.
“J’ai été séquestré dans une cave »
À en croire les policiers, “Ganito” est capable de commanditer tout type de violence depuis sa prison, sans scrupule ni retenue. Et ces éléments sont confortés par les déclarations de plusieurs de ses victimes selon les enquêteurs. D’après les investigations, deux jeunes hommes suspectés du home-jacking de Gianluigi Donarumua ont fait l’objet de séquestration et de tortures.
Moktar D. apparaît sur une vidéo, la tête en sang, blessé par plusieurs coups de couteau. Au même moment, Seyni D. subit des violences et des menaces. C’est en tout cas ce qu’il confie aux policiers lors de sa garde à vue après le cambriolage chez Donaruma. “J’ai été séquestré dans une cave près d’Ivry-sur-Seine, j’y ai passé une nuit complète et j’ai reçu des coups de couteau. J’ai même dû me faire un garrot”, raconte le jeune homme de 20 ans, à l’époque.
« Ils m’ont dit qu’ils allaient me tuer »
C’est lui qui donne le nom de “Ganito” aux policiers. Il explique qu’il a été contraint de participer à ce home-jacking pour rembourser une dette. Face aux policiers, le jeune suspect parle et donne plusieurs éléments, ce qui semble déplaire à Ilyas Kherbouch. Les policiers sont convaincus qu’il aurait alors décidé de multiplier les menaces à l’encontre de Seyni D.
En audition, ce dernier explique aux enquêteurs: “Ils sont tous sur moi, ils ont envoyé quatre ou cinq gars dans ma cellule, ils voulaient que je leur donne de l’argent en me disant qu’ils allaient me tuer.” Selon une source proche de l’enquête, des photos de la mère et de la sœur de Seyni D. sont même montrées au jeune homme pour faire pression sur lui.
À plusieurs reprises, il explique craindre pour sa vie, celle de ses proches et il redit la dangerosité de “Ganito”. Il insiste également pour changer d’établissement pénitentiaire et être envoyé à Épinal. Mais un mois après sa déposition, Seyni D. est retrouvé pendu dans sa cellule de Fresnes, par des agents pénitentiaires.
Au premier rang à l’école de la violence
À 14 ans, Ilyas Kherbouch est condamné par le tribunal pour enfants de Paris pour des violences aggravées. Les peines s’additionnent pour des faits similaires entre Paris et Bourges, avant qu’une bascule s’opère. Il est condamné pour violences volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner, “Ganito” a alors 17 ans.
Il sera ensuite condamné à de multiples reprises pour des faits d’extorsion et de séquestration. Quatre jours avant son évasion, le 6 mars, il a de nouveau fait l’objet d’une condamnation et devait comparaître, une nouvelle fois, le 20 mars prochain.
Sollicitée par RMC, son avocate Me May-Sarah Vogelhut explique que son client “ne se reconnaissait plus dans les infractions qu’il avait pu commettre et qu’il avait changé ces dernières années, durant la détention.”
Avant de s’évader, Ilyas Kherbouch a donc passé moins de deux mois en liberté, depuis sa première incarcération à 14 ans. Celui qui a évolué dans un environnement familial compliqué, selon les éléments que nous avons pu consulter, se décrit comme “instable mentalement” face aux policiers.

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