
« Une chance pour notre territoire » ou « une gabegie complète »? Dans les Alpes, les JO 2030 au coeur de la campagne des municipales
11 mars 2026
Les prix des carburants vont baisser « dans les deux jours » promet Michel-Édouard Leclerc
11 mars 2026Guerre au Moyen-Orient : quelles sont les positions des partis politiques sur l’implication de la France ou les conséquences du conflit ?
Un brief opérationnel, suivi d’un temps de questions-réponses. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunit mercredi à partir de 15 heures à Matignon les partis politiques pour une réunion d’information sur la guerre au Moyen-Orient. Ce rendez-vous à caractère confidentiel, où les téléphones ne seront pas autorisés, permettra de faire le point sur le déploiement militaire de la France et les questions diplomatiques, a appris France Télévisions auprès de l’entourage du Premier ministre. Les conséquences du conflit pour la France seront également évoquées, notamment « la sécurité intérieure, la situation (…) des ressortissants français » ou encore « la hausse des prix du carburant ».
Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a envoyé plusieurs bâtiments militaires dans le Golfe dans une posture « défensive » de protection des intérêts français et alliés. La France a aussi lancé des opérations de rapatriement de ses ressortissants pris au piège dans la région, et, sur le volet intérieur, mène des opérations de contrôle des stations-services pour vérifier qu’elles n’augmentent pas artificiellement le prix des carburants.
Les chefs de partis sont conviés à cette réunion, mais plusieurs présidents des groupes et de commissions parlementaires seront également présents, aux côtés des présidents du Sénat Gérard Larcher et de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. Des ministres participeront également à la réunion, sur les volets énergétique, militaire et diplomatique. Avant cet échange, franceinfo fait le point sur les positions déjà connues des forces politiques.
Le Rassemblement national
Sur l’implication de la France dans le conflit. Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, a appelé le chef de l’Etat, sur X, à réunir les dirigeants des partis pour « éclaircir le rôle de la France » ainsi que « les enjeux sécuritaires, géopolitiques, économiques et énergétiques » dans la guerre. Une fois n’est pas coutume, le parti semble avoir validé la stratégie d’Emmanuel Macron. « Le cadrage donné par le président qui consiste à être dans une position défensive me paraît être le bon », a affirmé sur RTL Marine Le Pen, cheffe des députés RN à l’Assemblée nationale, au lendemain de l’allocution du président sur la guerre.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Le Rassemblement national défend une baisse de la TVA sur l’énergie, ainsi qu’une diminution de l’accise sur les produits pétroliers (ex-TICPE), pour « alléger le fardeau » des Français, a expliqué Julien Odoul, porte-parole du RN sur franceinfo. Ces mesures sont « inconcevables », car elles entraîneraient un trou de près de 20 milliards d’euros dans le budget de l’Etat, a déjà averti sur RTL Maud Bregeon, la ministre déléguée à l’Energie.
Renaissance
Sur l’implication de la France dans le conflit. Le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, se prononce pour l’organisation, par la France et l’Union européenne, d’une « coalition pour faire tomber le régime des mollahs, mais aussi pour préparer l’après », a-t-il affirmé sur France 2. « Le droit international ne peut pas être un totem d’immunité pour ceux qui ne le respectent pas et qui le violent matin, midi et soir », a-t-il estimé.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Amélia Lakrafi, députée Ensemble pour la République (EPR) des Français établis au Moyen-Orient, s’est indignée des prix pratiqués par les compagnies aériennes entre les pays du Golfe et la France, promettant de contacter à ce sujet le ministre des Transports, Philippe Tabarot. « C’est impossible de payer 26 000 euros pour quatre billets d’avion en classe économique pour rentrer à Paris », a-t-elle lâché sur franceinfo. Sur le volet des carburants, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, et le ministre de l’Economie, Roland Lescure, martelaient encore mardi qu’il était « trop tôt » pour envisager des aides.
La France insoumise
Sur l’implication de la France dans le conflit. « Nous ferons très attention à ce que la France ne mette pas un doigt dans une guerre illégale », a prévenu début mars Mathilde Panot, présidente des députés La France insoumise (LFI), sur France Inter. Contrairement à Emmanuel Macron, qui a estimé que la responsabilité du conflit revenait à l’Iran, l’insoumise a critiqué une guerre « décidée uniquement par [Donald] Trump et [Benyamin] Nétanyahou ». Cette dernière a aussi réclamé, sans succès, un débat au Parlement sur le conflit en cours.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Pour faire face à une potentielle « flambée des prix de l’énergie », la députée LFI Aurélie Trouvé a déposé vendredi une proposition de loi pour « permettre le blocage temporaire des prix de l’énergie« en cas de crise. Lors de « circonstances exceptionnelles résultant d’une crise internationale majeure affectant la production, l’acheminement ou l’approvisionnement mondial en énergie », le texte prévoit que « les prix de vente au détail des carburants, du gaz naturel et de l’électricité destinés aux consommateurs finals » soient « gelés ou plafonnés », pour une durée « maximale de trois mois ».
Le Parti socialiste
Sur l’implication de la France dans le conflit. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, attend de la réunion de mercredi la « clarté sur les intentions » de la France, pour ne pas que le pays soit « entraîné à l’insu de son plein gré dans un conflit qui n’est pas celui qu’il a choisi », a-t-il expliqué sur franceinfo. « Nous n’avons rien à voir avec ce que sont Benyamin Nétanyahou et Donald Trump aujourd’hui, qui poursuivent une guerre qui est totalement illégale », a-t-il précisé. « Ça n’exclut pas la nécessité d’un débat au Parlement », a ajouté Olivier Faure.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Dans le même entretien, il a aussi formulé plusieurs propositions pour contrer la hausse des prix à la pompe, dont un chèque énergie pour « les plus vulnérables » qui serait « conditionné aux revenus ». Le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, souhaite lui « débloquer les stocks stratégiques de pétrole, et propose le retour des chèques carburant », écrit RMC.
Les Républicains
Sur l’implication de la France dans le conflit. Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a critiqué sur RTL une réponse « très tardive » de la France au début de la guerre. « On ne peut pas se cacher derrière le droit international pour justifier la passivité », a-t-il ajouté. « Il faut donc aider à l’interception des missiles et des drones », a-t-il dit, notamment au Liban. Le président Emmanuel Macron a déjà annoncé sur X qu’il voulait tout faire pour « empêcher que ce pays proche de la France soit à nouveau entraîné dans la guerre. »
Sur les conséquences du conflit pour les Français. L’ancien ministre de l’Intérieur a estimé sur Europe 1 début mars qu’il fallait « traiter le problème à la source », car il n’y avait « plus d’argent dans les caisses » pour que l’Etat soutienne le portefeuille des Français, comme l’ont proposé d’autres partis.
Les Ecologistes
Sur l’implication de la France dans le conflit. Les Ecologistes ont condamné, dans un communiqué, « une opération militaire, décidée en dehors de tout cadre légal international et sans mandat » et plaident pour une solution diplomatique sur le dossier du nucléaire iranien. Dans un billet de blog, Marine Tondelier a estimé que le diagnostic d’Emmanuel Macron, qui a promis de ne pas intervenir directement dans le conflit, était « juste », saluant aussi les mesures annoncées sur le rapatriement des Français. La dirigeante écologiste propose que la France « porte une initiative diplomatique européenne pour exiger un cessez-le-feu, la protection des civils et la reprise des négociations sur le nucléaire iranien ».
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Face à l’augmentation du coût des carburants, Marine Tondelier appelle à « une politique énergétique fondée sur la sobriété et les énergies renouvelables », afin de réduire les « tensions » pour les Français.
Le MoDem
Sur l’implication de la France dans le conflit. Si le parti de François Bayrou est aligné avec la stratégie d’Emmanuel Macron, qu’il soutient, le député MoDem Bruno Fuchs assure à RMC attendre de la réunion de mercredi des informations sur l’implication de la France et les efforts diplomatiques déployés pour trouver une solution à la guerre.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. Pas question de voir revenir le « quoi qu’il en coûte » déployé par le gouvernement durant le Covid-19. Les chèques carburant ont coûté « pas loin de 100 milliards d’euros » lors de la crise ukrainienne, relève l’élu du Haut-Rhin. « On peut promettre plein de choses, mais quand vous êtes au pouvoir, vous devez être un peu plus raisonnables. »
Le Parti communiste français
Sur l’implication de la France dans le conflit. « L’heure n’est pas à l’escalade, mais à la diplomatie, a plaidé sur X le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. La France doit agir avec les pays de la région pour un cessez-le-feu immédiat, stopper l’embrasement généralisé, faire respecter le droit international » et éviter, avec l’envoi du Charles-de-Gaulle, de « devenir cobelligérant d’une guerre aux conséquences imprévisibles », a poursuivi le dirigeant communiste.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. A notre connaissance, le parti n’a pas formulé de mesure particulière.
Reconquête
Sur l’implication de la France dans le conflit. Invitée de CNews, la députée européenne Reconquête Sarah Knafo a dit « attendre » la chute du régime des mollahs, sans se prononcer sur les mesures prises par Emmanuel Macron ou le rôle que la France devait, ou non, avoir dans cette chute.
Sur les conséquences du conflit pour les Français. La candidate Reconquête à la mairie de Paris s’est prononcée, comme le RN, pour la baisse de l’accise sur les produits pétroliers de 30% « de manière pérenne, et pas seulement pour cette crise ». Les douze milliards d’euros de recettes en moins pour l’Etat seraient financés par « un grand plan d’économies » des dépenses de l’Etat. En cas de rupture de l’approvisionnement en carburant, elle propose de piocher dans les stocks stratégiques de la France.

9999999/2026/03/11/080-hl-quentindegroeve-3074702-69b145dab6432825297883.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
