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11 mars 2026« Jean-Luc Mélenchon divise et affaiblit la gauche » : entretien avec le patron du PS Olivier Faure avant le premier tour des municipales
Le patron du PS est en déplacement ce mercredi à Toulouse pour soutenir le candidat de la gauche François Briançon. Entretien.
Lundi soir à la Mutualité à Paris, Jean-Luc Mélenchon a joué à nouveau sur les noms, prononçant Trump, « Troump ». Une façon de dire que ses déformations des noms de Jeffrey Epstein et de Raphaël Glucksmann n’étaient pas des blagues antisémites. Qu’est-ce qui vous a amené à les qualifier ainsi ?
Tout simplement parce que, quand un homme aussi cultivé que Jean-Luc Mélenchon, qui à deux reprises, ironise sur des noms juifs et cherche les rires de la salle, on sait très bien à quel ressort il fait appel. Ce sont évidemment des allusions à connotation antisémites. C’est tellement clair que ce serait difficile de ne pas le voir. Je crains malheureusement que Jean-Luc Mélenchon, tout à l’idée de finir dans de bonnes conditions l’élection municipale, cherche à utiliser des ressorts dont il pense, à tort, qu’ils peuvent mobiliser un électorat d’origine musulmane.
Vous diriez qu’il manipule l’électorat musulman aujourd’hui ?
Si tel est le cas, je pense qu’il a tort d’instrumentaliser les confessions réelles ou supposées d’une partie de l’électorat. Ce n’est pas notre vision : nous sommes tous concernés par le sort du peuple palestinien tout comme par l’antisémitisme grandissant ces derniers mois en France.
Jean-Luc Mélenchon est pourtant toujours aussi haut dans les sondages… Si ses propos ne séduisent pas, ils ne lui font pas non plus perdre de voix. Cela vous étonne-t-il ?
Franchement, ce que je crains aujourd’hui, c’est qu’à force d’en faire des tonnes et des tonnes sur Jean-Luc Mélenchon depuis trois semaines, les gens croient qu’il y a un grand complot qui s’exerce contre lui, qu’il est diabolisé par les grands médias, et qu’au final, cela finisse par le servir. À force de faire tourner la vie politique autour de lui, on occulte complètement l’enjeu de ces municipales. La question qui se pose pour toutes celles et ceux qui vont voter le 15 et le 22 mars c’est de savoir comment leur ville va être administrée pendant six ans. Or, quand on a la possibilité d’une alternance à Toulouse avec François Briançon qui a réussi à rassembler la gauche et les écologistes derrière lui, franchement, il y a une forme de déraison à laisser penser que tout se passe autour de Jean-Luc Mélenchon.
Après le soutien que Jean-Luc Mélenchon a apporté à la Jeune Garde impliquée lors du lynchage de Quentin Deranque, après ses propos que vous avez vous-même qualifié d’antisémites, il est légitime de se demander si le PS va s’allier à LFI au second tour des municipales non ?
La menace dans cette élection municipale ne provient pas de La France insoumise. La France insoumise ne va gagner quasiment nulle part. En revanche, il existe une menace évidente qui est celle de l’extrême droite. Elle est une menace non seulement à l’occasion de ces municipales mais elle le sera aussi l’année prochaine lors de la présidentielle. Et cette menace ne se limite pas à la France. L’extrême droite menace partout en Europe et même dans le monde. Elle défie aujourd’hui toutes les règles du droit international. C’est vrai à Gaza, c’est vrai en Iran, c’est vrai au Liban, c’est vrai au Venezuela… La question qui va se poser dimanche aux électeurs c’est : comment est-ce qu’on fait pour avoir des villes résilientes face à un climat qui se dégrade. Toulouse est une ville où la température augmente singulièrement, où les questions de stress hydrique vont se poser d’ici quelques décennies, peut-être même avant. Il faut organiser la résilience de la ville face à cette augmentation que l’on sait désormais inéluctable. C’est aussi la deuxième ville universitaire de France. Comment faire en sorte que le logement n’y devienne pas inaccessible ? On va avoir un problème de mobilité lié à la crise pétrolière… Dire que demain Toulouse peut être une ville où les plus jeunes circuleront gratuitement, ça intéresse les gens.
Mais Olivier Faure, il s’agit quand même de savoir avec qui François Briançon va gérer la ville s’il est élu. Vous ne pouvez pas balayer ça d’un revers de main…
Il y a un premier tour, il y aura un deuxième tour. Essayons de faire en sorte de penser chaque tour à sa bonne heure et ne pas être déjà sur le deuxième tour quand on n’a pas passé le premier. Il y a aujourd’hui une gauche qui peut l’emporter à Toulouse, c’est la gauche qui s’est rassemblée au premier tour.
Cette gauche peut-elle l’emporter sans LFI ?
Bien sûr qu’elle le peut.
Si ça n’était pas le cas, est-ce que vous appelleriez à une alliance avec François Piquemal ?
Je n’appelle à rien du tout. Mais nous avons aujourd’hui un problème. Jean-Luc Mélenchon divise et affaiblit la gauche alors que nous avons besoin, dans un moment comme celui-là où l’extrême droite est conquérante, de faire en sorte de rendre la gauche exemplaire. Jean-Luc Mélenchon fait descendre un plafond de verre sur la gauche, ce qui peut être un obstacle à la victoire. Donc je souhaite que dès dimanche prochain François Briançon soit le plus haut possible et que l’on soit dans une situation où toutes les questions que vous me posez ne se posent plus.

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