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11 mars 2026La bataille pour la rénovation du parc HLM s’envenime entre la mairie de Millau et Aveyron Habitat
Le parc HLM de Millau est au cœur des débats municipaux. La maire sortante, Emmanuelle Gazel, exige des rénovations, mais Aveyron Habitat rappelle ses limites décisionnelles. Malgré des promesses d’investissement, les résidents attendent des actions concrètes.
« Il n’y a plus rien dans le porte-monnaie, plus rien dans le frigo, et le toit prend l’eau. » Alors que la campagne municipale bat son plein, à Millau, l’état du parc HLM est devenu le sujet explosif. En cause, une ligne du programme de la maire sortante et candidate à sa réélection, Emmanuelle Gazel, qui fait part de son « exigence de rénovation de l’habitat social public « .
Une tournure qui a mis le feu aux poudres chez Aveyron Habitat, principal bailleur social de la commune avec près de 1 500 logements à Millau, qui par la voix de sa présidente Valérie Abadie-Roques, – conseillère départementale du canton Rodez – Onet – s’est fendue d’une mise au point pour le moins cinglante.
« La mairie de Millau ne détient ni majorité, ni pouvoir de décision. Elle ne commande pas. Elle ne décide pas. Elle ne valide pas. Elle ne peut donc pas exiger ». Ambiance…
Qui décide, qui paie, qui agit ?
Membre du conseil de surveillance d’Aveyron Habitat, détenue majoritairement par le Département de l’Aveyron et Procivis Logement Social, la mairie de Millau n’est effectivement pas en mesure « d’exiger ».
Doit-elle pour autant se résigner ? « Certainement pas, répond Emmanuelle Gazel. On le voit dans nos réunions de quartier, quand les résidents se plaignent des mauvaises conditions d’habitat, c’est bien leur maire qui est en première ligne. C’est leur maire qu’ils viennent voir. C’est donc à moi de leur apporter des réponses. Il paraît donc normal pour un maire de se battre pour ses administrés et d’exiger d’Aveyron Habitat qu’il rénove son parc HLM. »
Et si le bailleur promet d’investir plus de 50 millions d’euros entre 2025 et 2030 dans la réhabilitation et la construction de logements à Millau, dont 250 logements réhabilités et 220 neufs, les résidents et la mairie pointent du doigt des retards criants. Sans compter le décalage entre l’offre locative public/privé. « Si nous avons instauré à Millau le permis de louer pour éviter des conditions insalubres pour les locataires dans le privé, ce n’est pas pour les retrouver dans le public », plaide Emmanuelle Gazel.
Beauregard : « Une première étape »
Souvent cité en exemple par Aveyron Habitat, le quartier de Beauregard, où 117 logements neufs sont en construction, ne doit pas masquer l’urgence globale, avance la candidate à sa réélection.
« Beauregard, c’est très bien pour la ville, mais ce n’est qu’une première étape, concède la maire sortante. Les habitants, eux, réclament des actions concrètes et immédiates pour les immeubles dégradés, comme les ILN (Immeubles à Loyer Normal) où des balcons menacent de s’effondrer ou à Malhourtet. »
Entre collaboration et confrontation : quel avenir pour le parc HLM ?
Invitée par Michel Durand « à venir constater de visu les conditions de vie des locataires » lors d’une prochaine « marche du parc » – allusion faite à la « marche des projets » animée le week-end dernier par le candidat Christophe Saint-Pierre –, Valérie Abadie-Roques objecte.
« Aveyron Habitat est un bailleur social pleinement engagé au service du département et participe activement à l’aménagement du territoire ainsi qu’au renforcement de son attractivité. Aveyron Habitat agit dans une logique de collaboration et de partenariat et nous souhaitons sincèrement que cette manière de travailler puisse également s’appliquer à Millau. »
De cet échange entre la mairie et Aveyron Habitat révèle finalement un enjeu plus large : comment concilier contraintes budgétaires, responsabilités juridiques et urgence sociale ? Entre les promesses d’investissement et les réalités du quotidien, le parcours vers la dignité semble encore long.

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