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La victime avait frôlé la mort après ce crime barbare survenu en août 2023. Déjà condamné à cinq reprises par la justice, l’accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Oumar Ndiaye, 21 ans, est jugé à partir de ce mercredi 11 mars, jusqu’à jeudi, devant la cour d’assises de la Manche, à Coutances, pour viol avec torture ou acte de barbarie. L’audience se déroulera à huis clos. L’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Les faits ont eu lieu à Cherbourg le 4 août 2023 au matin. Ce vendredi-là, Mégane, une jeune femme de 29 ans habitant seule au deuxième étage d’un immeuble du centre-ville, est réveillée aux alentours de 8h par quelqu’un qui tambourine à sa porte. La jeune femme pense qu’il s’agit d’un voisin qui s’est trompé de porte, comme cela arrive parfois. Elle ouvre sans se méfier.
Son agresseur, qu’elle avait déjà aperçu mais ne connaissait pas, se rue sur elle puis la frappe au visage et sur tout le corps. Il la viole ensuite à plusieurs reprises, en utilisant notamment un manche à balai de 75 centimètres. Avant de prendre la fuite, son agresseur prend soin de lui donner une fausse identité puis lui lance : «Si tu parles, je te tue».
Guillaume Poingt / Le Figaro.
Pourtant grièvement blessée, Mégane – employée dans une structure prenant en charge des personnes handicapées -, prend la peine de prévenir par message sa collègue qu’elle ne pourra pas venir travailler. Puis elle téléphone aux pompiers et est transportée aux urgences. Les médecins diagnostiquent chez la victime une perforation du colon, de l’intestin grêle, du péritoine et du diaphragme, un pneumothorax, des fractures aux côtes et un risque élevé de choc septique. Choqués par la gravité des blessures, certains membres du personnel hospitalier de Cherbourg sont émus aux larmes. Opérée pendant six heures, Mégane est plongée dans un coma artificiel dont elle sortira environ un mois plus tard après avoir frôlé la mort.
Ni empathie ni remords
Les policiers ont cueilli Oumar Ndiaye, alors âgé de 18 ans, chez sa mère à Cherbourg une semaine après le crime. Un fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) a permis d’associer son identité à une trace papillaire retrouvée sur une porte chez la victime. Autre indice : la géolocalisation du téléphone portable du suspect. Le 4 août 2023 au matin, ce dernier sortait d’une discothèque du centre-ville de Cherbourg, située à quelques dizaines de mètres du domicile de la victime.
En garde à vue, le suspect n’avait exprimé ni empathie pour la victime, ni remords. «Un comportement de psychopathe», confiait au Figaro une source proche du dossier à l’époque des faits. À l’âge de 18 ans, Oumar Ndiaye avait déjà été condamné à cinq reprises par le juge des enfants et le tribunal pour enfants pour des faits d’atteinte aux biens et de violences. Une vidéo postée en 2023 par une ex-petite amie sur TikTok laissait penser qu’il avait pu la violenter. La jeune fille y apparaissait avec un visage tuméfié et des bleus sur le corps.
Oumar Ndiaye était également connu de la justice pour des faits de nature sexuelle. «Une procédure de viol sur mineur initiée en 2019 a été classée sans suite par le parquet en 2020, au motif que l’infraction n’était pas suffisamment caractérisée. Et une procédure d’agression sexuelle à l’encontre de sa sœur est actuellement en cours d’enquête, sans qu’il ne soit possible à ce stade de déterminer si ces faits sont ou non établis», indiquait dans un communiqué le parquet de Coutances après le crime.
Les faits de viol de 2019, classés sans suite, auraient eu lieu au sein d’un internat socio-éducatif médicalisé et la tentative d’agression sexuelle sur sa sœur de 12 ans en 2022, selon une source policière au Figaro. Selon nos informations, une association d’aide à l’enfance avait mis à l’abri la fillette chez son père, séparé de la mère des enfants.
Malgré ces condamnations, Oumar Ndiaye n’avait jamais fait de prison et avait été placé dans des centres socio-éducatifs. Le suspect était revenu vivre chez sa mère, à sa majorité, quelques mois avant le crime. Désœuvré, ce colosse d’1,90m passait l’essentiel de son temps à fumer du haschich en bas de son immeuble avec son groupe d’amis. Plusieurs habitants affirment qu’il urinait et déféquait régulièrement dans la cage d’escalier. Selon leurs dires, il sifflait aussi des voisines et n’hésitait pas à frapper sa propre mère durant ses accès de colère.
De son côté, Mégane est retournée vivre chez sa mère après sa sortie de l’hôpital. La jeune femme a dû subir plusieurs opérations, prend des antidépresseurs et reste suivie sur le plan psychologique. Elle se souvient de chaque seconde de sa terrible agression et fait des cauchemars récurrents. Mégane, qui ne sort plus seule, n’a pas repris le travail. Elle a aussi dû arrêter le sport.
Le procès pourrait permettre de lever certaines zones d’ombre. L’accusé serait déjà venu frapper à la porte de l’appartement de Mégane, sans raison, quatre mois avant les faits. La jeune femme l’aurait alors éconduit. L’avait-il «repérée» ? Et pourquoi avoir fait preuve d’une telle sauvagerie ? Contactées avant le procès, ni l’avocate de l’accusé, Me Kian Barakat, ni l’avocate de Mégane, Me Catherine Besson, n’ont répondu aux sollicitations du Figaro.

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