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11 mars 2026
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11 mars 2026Maire depuis 1977, Jean-Pierre Rambier se retire mais garde ses casquettes de promoteur immobilier et de vigneron dans le pic Saint-Loup
Depuis Saint-Jean-de-Cuculles, son village héraultais, son fief, l’entrepreneur a multiplié les réussites. Avec trois casquettes. Et bientôt deux puisque, après huit mandats de maire, il ne se représente pas.
« Je suis un homme de la terre et j’aime les choses simples. Je suis quelqu’un de simple, quelqu’un de droit, je fais mon boulot. »
Jean-Pierre Rambier a effectivement l’art de simplifier les choses. Ce mercredi 11 mars, il présidait son dernier conseil municipal en tant que maire de Saint-Jean-de-Cuculles. L’élection municipale prochaine mettra fin à presque un demi-siècle de mandat de premier édile dans ce village qu’il aime tant, élu pour la première fois en 1977, « comme Georges Frêche et Kléber Mesquida », sourit-il.
» J’ai été élu malgré moi »
« J’ai été élu malgré moi. Des jeunes du village avaient voulu faire une liste et ils m’avaient proposé d’être conseiller municipal. Je leur ai dit que je n’y tenais pas particulièrement mais que, s’ils voulaient, je pouvais être le onzième sur la liste… Je n’ai jamais voulu faire de politique. » De onzième, il est passé numéro un sur insistance de ses colistiers, se coiffant ainsi d’une casquette supplémentaire, celle de maire, alors même que Jean-Pierre Rambier affichait déjà une solide réussite en tant que promoteur immobilier, depuis 1969, et vigneron. À moins que ce ne soit l’inverse.
« J’ai commencé à cultiver les vignes avec mon père à l’âge de 10 ans mais à 20 ans, je me suis lancé dans l’immobilier. Pourquoi l’immobilier ? Je ne sais pas… Peut-être la terre, les terrains, ça m’a attiré… Et c’est au décès de mon père que j’ai aussi repris le domaine viticole. » Le domaine du Haut-Lirou en l’occurrence. » Ça s’est fait petit à petit. Avec mon épouse (Maryse, NDLR). On a travaillé. Beaucoup travaillé. Pour moi, le travail, c’est une grande valeur. »
Le pic Saint-Loup, la Petite Camargue, Avignon…
La réussite professionnelle est double pour le chef d’entreprise qui compte une centaine d’employés équitablement répartis entre les deux activités. Le promoteur devient alors incontournable dans son fief du pic Saint-Loup, s’étend dans l’Hérault, le Gard et jusqu’à Perpignan et Avignon. Le vigneron et son fils, Pierre, développent le savoir-faire : le domaine de Figaret, le mas du Notaire, et quelques autres. S’essayant aussi à l’œnotourisme, l’événementiel, les balades en 4×4 en Petite Camargue, les gîtes…
Tout paraît si simple… mais organisé : « Le lundi matin, je suis au domaine. Le lundi après-midi, avec mon fils, on fait la réunion des collaborateurs. Mardi matin, je suis à la mairie. L’après-midi, je reçois les entreprises. Mercredi matin, je refais le point avec mon fils et des collaborateurs. Mercredi après-midi, je garde mon petit-fils. Jeudi matin, je suis à la mairie, le vendredi… » Si l’organisation est primordiale, lui aime se définir comme un passionné : de la vigne, de l’immobilier mais plus que tout, de son village, et de ses habitants. Sa plus belle réussite ? « L’esplanade ! » En lieu et place de l’ancien cimetière. Il a fallu déplacer les tombes, obtenir les autorisations des familles… « Ça a pris dix ans mais ça a ouvert le village. Avant il y avait des murs, c’était fermé, ça l’a ouvert sur le monde ! »
Son village, un voyage dans le temps
Aujourd’hui, découvrir Saint-Jean-de-Cuculles est un voyage dans le temps. Comme si rien n’avait bougé en un demi-siècle de mandat. Le village, tout en pierre, est resté le même. Un paradoxe pour ce maire-promoteur ? « En 1977, il y avait 229 habitants. Aujourd’hui, nous sommes 550. Je n’ai jamais voulu travailler sur ma commune. Pour deux raisons. Déjà pour ne pas avoir de problème en disant que je profite de ma situation d’élu, donc je me le suis interdit. Ensuite, j’ai voulu préserver l’environnement. Ici, il est extraordinaire, très boisé. Mais quand je travaille dans les autres les communes, je fais ce qu’on me demande. Je peux faire des parcelles de 200 m2 s’il le faut ou des immeubles de R + 3, je fais ce que le maire me dit. La contrepartie, à Saint-Jean-de-Cuculles, c’est que la vie n’est pas si simple : il n’y a pas de commerce, pas de service, pas de médecin… C’est un choix. »
Et la suite alors ? Si Jean-Pierre Rambier arrête la politique l’année de ses 80 ans, il a encore des projets. « On va continuer à se développer. Je crois à la viticulture, Je crois au vin du Pic Saint-Loup. Je me régale, comme en immobilier. Si je pense à m’arrêter ? Non, non ! » Il en rigole, défiant le temps, bon pied, bon œil.
Municipales : quatre candidats pour un fauteuil
« Il n’y a pas d’emprunt, pas de crédit, les factures sont payées, les travaux sont finis, la trésorerie est bonne… Ceux qui prendront la suite pourront lancer leurs projets. » Pour Jean-Pierre Rambier, une émotion pointe à l’idée de laisser le fauteuil de maire. S’il a souhaité inciter un successeur, cela ne s’est pas fait « pour des raisons diverses. Et puis je me dis que les habitants choisiront par eux-mêmes.«
Aujourd’hui, il ne soutient aucun candidat mais reste présent : « Les prochains élus pourront venir me voir, je les accueillerai. Je participerai à la vie du village. »
Quatre listes sont aujourd’hui en lice : celles de Laurent Chalengeas, Claude Belmonte, Simon Bulté et Luce Arnaud. Dans des conditions démocratiques semble-t-il sereines. Luce Arnaud : « Il y a quelques divergences entre les listes mais pas de tension. On se connaît tous, on se parle, on s’appelle », précise-t-elle.

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