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C’est l’une des plus anciennes villes de France – plus de 2 600 ans d’Histoire – et la première station balnéaire française : Agde et ses 30 000 habitants à l’année est une cité éminemment convoitée. On fait le point.
LE CONTEXTE
Il flotte comme un parfum d’incertitude sur Agde, à l’approche du premier tour des élections municipales. Le 7 février dernier, la venue du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, sur le marché du Cap d’Agde, n’avait fait que confirmer ce que l’on savait déjà : le parti a jeté son dévolu sur la ville et a missionné le député Lopez-Liguori pour parvenir à faire chuter la mairie en place. Une municipalité ancrée dans la droite républicaine depuis 2002 et l’élection de Gilles d’Ettore, une tendance aujourd’hui incarnée par le maire sortant Sébastien Frey, le docteur Nadal se réclamant lui aussi de cette mouvance politique. Trois costauds qui devront peut-être laisser une, voire deux places, qui sait, à des outsiders du type Jean-Marc Bentajou, Fabienne Varesano ou Arthur Labatut, le seul candidat à gauche, qui pourraient se frayer un chemin vers le second tour.
Des suppositions bien sûr, qui résument toutes les interrogations qui pèsent sur un vote qui sera scruté de près non seulement à l’échelon départemental, mais aussi régional. Signe que ce qu’il se passera à Agde dimanche 15 mars, n’aura rien d’anodin, loin s’en faut.
LES CANDIDATS
Jean-Marc Bentajou veut « diriger, agir avec bon sens »
Un ovni. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier l’entrepreneur capagathois, très connu dans sa ville et qui s’est lancé en politique lors de cette campagne. Une candidature rafraîchissante, souriante, pour ce proche de l’ancien maire Gilles d’Ettore, convaincu de pouvoir jouer un rôle majeur dans cette élection. Sur les réseaux sociaux, ses vidéos font mouche et sur le terrain, il s’assure vouloir « diriger, agir avec bon sens, rendre des comptes et surtout remettre Agde dans la bonne direction. » La sécurité, avec notamment la création d’un poste de police municipale au village naturiste, ou la santé, avec l’implantation d’une clinique privée sont des priorités de son programme. Il souhaite aussi créer un lotissement communal aux 7-Fonts pour les jeunes ménages.
Sébastien Frey : la « qualité de vie des Agathois » pour slogan
Premier adjoint de Gilles d’Ettore pendant 22 ans, Sébastien Frey a été élu maire d’Agde en juin 2024, après la démission de l’ancien fonctionnaire de police, pris dans l’affaire de la voyante. Il a annoncé en début d’année être candidat à sa succession, lui qui aura passé un peu moins de deux ans dans le fauteuil de maire. Avec une équipe composée de nouveaux visages mais aussi de fidèles, Sébastien Frey décline un programme autour d’une idée centrale : « la qualité de vie des Agathois. » Création d’un village santé avec douze généralistes, aménagement de 15 parcs et jardins, durcissement des règles d’urbanisme, création d’équipements sportifs et modernisation du Cap, avec notamment la construction de halles gourmandes sur l’ancien Palais des Congrès, sont des projets mis en avant par le candidat.
Didier Irailles : « des solutions concrètes pour notre ville »
Une vilaine blessure au pied et l’opération qui s’ensuivit ont perturbé la campagne du promoteur agathois Didier Irailles, qui est finalement parvenu à valider sa liste, baptisée Agde ensemble. Une candidature discrète mais qui a le mérite de renforcer l’aspect démocratique de cette élection, pour celui qui a réfléchi des années avant de se lancer dans la bataille, l’absence de Gilles d’Ettore ayant sans doute achevé de le convaincre de franchir le pas. La création d’un poste d’adjoint dédié à la lutte contre la drogue, un ramassage des ordures plus fréquent, l’installation d’une clinique privée et la création d’un marché couvert au Grau d’Agde, place des Mûriers, figurent dans son programme. « Des solutions concrètes pour notre ville », annonce le candidat.
Avec Arthur Labatut, la gauche « assume une vision différente »
Rien n’était gagné d’avance mais il y aura donc bien une liste de gauche aux élections agathoises. Elle est emmenée par Arthur Labatut et sa colistière Chloé Donate Estournet et fait souffler un vent de jeunesse sur un scrutin très marqué à droite. Autour de ces deux nouveaux visages, Nouvelle Agde a aussi aggloméré des profils plus anciens de la gauche locale, ce qui amène une certaine assise à ce projet « qui assume une vision différente. » Assemblées participatives, création d’un centre municipal de santé avec des médecins et des praticiens salariés, végétalisation de la ville, sont autant de thèmes développés durant la campagne, par une équipe qui attire les sympathies durant cette campagne électorale.
Aurélien Lopez-Liguori, le député RN qui a « choisi Agde » comme port d’attache
Ça n’est pas un secret, le Rassemblement national a ciblé Agde comme l’un des bastions à faire tomber lors de ces municipales. Aussi a-t-il misé sur le député de la 7e Aurélien Lopez-Liguori, qui a démissionné du conseil municipal de Sète l’été dernier pour venir vivre dans la cité de l’Éphèbe et viser la mairie.« Je ne suis pas né à Agde, j’ai choisi Agde », répète le candidat de la liste Un avenir pour Agde, qui a énuméré plusieurs priorités, dont le rétablissement de l’éclairage nocturne, la mise en place d’infirmiers scolaires par la Ville, 4 heures de stationnement gratuites pour les Agathois ou la création d’un musée de la grécité, sur le modèle de Narbo Via, à Narbonne.
Thierry Nadal : « transparence et confiance » sur ordonnance
Battu par Gilles d’Ettore en 2020, le docteur Thierry Nadal, après six années sur les bancs de l’opposition en conseil municipal, est à nouveau sur la ligne de départ. Une candidature plus étoffée que la fois dernière, pour celui qui mise sur « la transparence, l’honnêteté et la confiance » pour gouverner la ville. Sans surprise, le médecin de ville a fait de la santé un axe majeur de sa campagne. Avec l’installation d’une clinique privée à Agde et la création d’une maison de vie adaptée aux handicaps (trisomie ou spectre autistique). Le candidat de 100 % Agde dit également « stop à la bétonisation anarchique » de la ville, tout en souhaitant « donner la priorité aux Agathois dans l’accès aux logements aidés. » Aux Champs blancs, il veut aussi créer un “Central Parc” agathois.
Fabienne Varesano prévient : « si vous voulez des actes, votez pour une femme »
Dans sa profession de foi, Fabienne Varesano annonce la couleur : « si vous voulez des actes, votez pour une femme. » Élue d’opposition au conseil municipal d’Agde depuis 2020, elle a longtemps pensé que le Rassemblement national l’investirait pour cette élection. Mais les instances du parti ont misé sur Aurélien Lopez-Liguori, au grand dam de celle qui voue désormais une inimitié farouche au député. Après une campagne de terrain menée tambour battant, Fabienne Varesano a présenté un programme « concret et finançable. » Avec notamment la création d’une maison de santé sur l’ancien Palais des Congrès, la mise aux normes des arrêts de bus, une révision d’un Plan local d’urbanisme jugé « injuste » ou un grand plan de rénovation des voiries et des trottoirs.
L’AVIS DE LA RÉDACTION
Jamais une élection municipale à Agde n’a débouché sur autant de candidatures. Une explication – pas la seule – à cela : l’absence de l’ancien maire Gilles d’Ettore pour ce scrutin, lui qui régnait sans partage sur la ville depuis 2002, jusqu’à ce qu’il soit rattrapé par l’affaire dite de la voyante, entraînant d’abord son incarcération en mars 2024, puis sa démission de l’ensemble de ses mandats trois mois plus tard, un contrôle judiciaire dans le Périgord étant venu alourdir le tout. Un tremblement de terre politique qui aiguise bien sûr les appétits de candidats qui pensent que l’heure de tourner la page est venue. On saura dimanche qui, du dégagisme ou du conservatisme, sera plébiscité.

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