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Municipales 2026 à Montpellier : le maire sortant en bonne position, la gauche divisée… Tout comprendre des enjeux du scrutin
11 mars 2026Municipales 2026 à Montpellier : le maire sortant en bonne position, la gauche divisée… Tout comprendre des enjeux du scrutin
Le socialiste Michaël Delafosse a de bonnes chances de conserver son fauteuil face à une gauche totalement éparpillée, et alors que la droite et l’extrême droite n’ont jamais percé dans la ville.
Le socialiste Michaël Delafosse parviendra-t-il à conserver Montpellier ? Faire concurrence à ce professeur d’histoire-géographie de 48 ans, qui avait remporté la septième ville de France en 2020, sera difficile. Dans ce bastion socialiste arraché à la droite en 1977 par l’emblématique Georges Frêche qui en fit son fief jusqu’en 2004, la gauche part en ordre totalement dispersé. L’ex-socialiste Philippe Saurel, qui avait dirigé la ville entre 2014 et 2020, est par exemple de nouveau candidat.
Les électeurs montpelliérains sont invités à trancher, lors des municipales des dimanches 15 et 22 mars. Renouvelleront-ils leur confiance à Michaël Delafosse ou donneront-ils les clés de la préfecture du département de l’Hérault, qui compte pas moins de 300 000 habitants, à l’un de ses adversaires ? En attendant les résultats, franceinfo résume ce qu’il faut savoir sur le scrutin à Montpellier.
Qui sont les candidats ?
Ils sont une dizaine. Le maire sortant, le socialiste Michaël Delafosse, a officialisé mi-janvier sa candidature à sa réélection, soutenu par le Parti communiste, Place publique et Génération écologie. « Montpellier a connu une phase de très grande transformation. Ce qui nous attend aujourd’hui, c’est une consolidation de la politique écologique et sociale », a-t-il confié à l’AFP. Il trouvera sur son chemin des candidats qu’il avait battus en 2020, dont le maire sortant de l’époque, Philippe Saurel, alors dissident socialiste. Ce soutien de la première heure d’Emmanuel Macron a annoncé, le 7 février, sur le réseau social X, qu’il porterait « une liste hors des partis politiques, citoyenne avant tout, divers gauche, écologiste et soutenue par le mouvement centriste Utile », fondé par Bertrand Pancher, ex-président du groupe Liot à l’Assemblée. Comme il y a six ans, Michaël Delafosse affrontera également le richissime homme d’affaires et patron du club de rugby local Mohed Altrad, arrivé troisième en 2020. « Cette ville a besoin qu’on la relève. Montpellier a besoin d’un bâtisseur », a-t-il assuré, le 15 janvier, lors de l’officialisation de sa candidature.
A gauche, le député écologiste Jean-Louis Roumégas, également candidat en 2020, repart aussi en campagne, sous la bannière du Printemps montpelliérain. Autre parlementaire à se lancer dans la course : la députée insoumise Nathalie Oziol, dont l’objectif est de « tourner la page du PS », a-t-elle expliqué lors d’une conférence de presse le 28 janvier. L’enseignante Morgane Lachiver représentera le parti Lutte ouvrière et le travailleur social Max Muller la formation Révolution permanente.
Isabelle Perrein, notaire de profession, est soutenue par le MoDem, tandis que Renaissance, le parti présidentiel, ne soutient personne. Du côté de l’extrême droite, deux candidatures se sont manifestées. L’eurodéputée RN France Jamet, fille de l’un des fondateurs du FN, Alain Jamet, a le soutien officiel du parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella et de l’UDR d’Eric Ciotti. Thierry Tsagalos, responsable local du RN, est lui aussi candidat.
Enfin, comme en 2020, l’humoriste Rémi Gaillard est de nouveau candidat à Montpellier, comme il l’a annoncé sur X le 4 février. Il y a six ans, il avait obtenu 9,6% des voix, avant de faire alliance avec Mohed Altrad.
Que proposent-ils ?
Le socialiste Michaël Delafosse défend « une consolidation de la politique écologique et sociale » de la ville. Il propose la création d’un Office municipal du pouvoir d’achat afin de réaliser des économies pour les Montpelliérains via des achats groupés, mais aussi la gratuité des médiathèques ou la création de places dans des résidences sociales séniors, détaille ICI Hérault. Il souhaite aussi développer la pratique de « l’école dehors » afin de permettre la tenue de cours à l’extérieur, que ce soit dans les parcs ou les jardins, raconte Actu.fr. Philippe Saurel entend notamment faire de la sécurité une de ses priorités, en augmentant les effectifs de la police municipale, selon Midi-Libre. Mohed Altrad promet la gratuité de la cantine scolaire mais affiche aussi la volonté de faire de Montpellier une ville « zéro chômeur » avec la création de 30 000 emplois en cinq ans, selon ICI Hérault.
L’écologiste Jean-Louis Roumégas assure, lui, être « la seule liste à répondre à la problématique des 50°C à Montpellier » en voulant préserver les espaces naturels et mettre en place un plan de zéro artificialisation nette, rapporte Midi-Libre. L’insoumise Nathalie Oziol fait, elle, du logement l’un des axes majeurs de sa campagne. Elle assure regarder du côté des logements vacants pour installer des places d’hébergement d’urgence, relate Actu.fr. La candidate du MoDem, Isabelle Perrein, propose de baisser les impôts locaux de 15%, selon Midi-Libre. La candidate d’extrême droite France Jamet promet de son côté le retour de la voiture dans le centre-ville où elle a été chassée, dit-elle, par « la dictature écologiste », relate France 3 Occitanie. Rémi Gaillard présente, lui, des propositions qualifiées de « spectaculaires » par le média local InfoOccitanie, comme la création d’un nouveau stade qui accueillerait un musée, des restaurants et un parc public sur le toit.
Que disent les sondages ?
Avant même qu’il n’officialise son entrée en campagne, Michaël Delafosse apparaissait en bonne position pour conserver son mandat. Selon un sondage Ifop pour Actu.fr datant de fin novembre, le maire sortant était crédité de 36% des intentions de vote au premier tour. Il était suivi par Nathalie Oziol (16%) puis de Philippe Saurel (13%), Mohed Altrad (9%), Thierry Tsagalos (9%), Isabelle Perrein (8%) et Jean-Louis Roumégas (4%).
La dynamique pour l’élu socialiste s’est ensuite confirmée. Selon un sondage Harris Interactive effectué entre le 5 et le 15 décembre, Michaël Delafosse est crédité de 38%, Nathalie Oziol de 16%, Philippe Saurel et Thierry Tsagalos de 11%, Jean-Louis Roumégas de 7%, Mohed Altrad et Isabelle Perrein de 6% et Max Muller de 1%. Deux autres candidats de gauche étaient testés mais ils ont depuis rallié d’autres listes.
Un nouveau sondage Ifop pour Midi-Libre, publié le 19 février, confirme cette tendance. Michaël Delafosse est donné à 35% et Nathalie Oziol à 16%. Suivent ensuite Rémi Gaillard à 10%, Philippe Saurel et Mohed Altrad à 9% et France Jamet à 8%.
Comment se déroule la campagne ?
Elle est certainement moins scrutée qu’il y a six ans. Qualifiée à l’époque d’élection la plus folle ou la plus incertaine de France par certains médias et observateurs, le scrutin municipal montpelliérain de 2020 avait opposé 14 listes au total. Cette fois-ci, le maire sortant fait donc la course en tête. Son fait d’armes principal est l’instauration de la gratuité des transports en commun pour les 500 000 habitants de la Métropole et la construction d’une cinquième ligne de tram, inaugurée en décembre. Même si Michaël Delafosse apparaît en bonne position pour l’emporter, la bataille est féroce à gauche.
Fin janvier, la candidate insoumise, Nathalie Oziol, a par exemple annoncé, lors d’une conférence de presse, plusieurs ralliements, dont neuf transfuges de la liste du candidat écologiste, raconte ICI Hérault. Parmi ces recrues, figure Julia Mignacca, représentante de l’aile gauche d’EELV, qui a annoncé son retrait de la liste Printemps montpelliérain et sa démission des Ecologistes, dont elle présidait le conseil fédéral. Lors de cette conférence de presse, elle a reproché à Jean-Louis Roumégas d’avoir été « incapable » de faire alliance avec La France insoumise. De son côté, Philippe Saurel a lui attiré deux anciens élus de la majorité sortante de Michaël Delafosse, rapporte Midi-Libre.
Rémi Gaillard, connu pour son célèbre slogan « c’est en faisant n’importe quoi que l’on devient n’importe qui », a lui hésité avant de repartir finalement en campagne. « Cela m’a amusé il y a six ans mais je suis dégoûté et c’est pour ça qu’il est possible que je ne m’allie avec personne, même au second tour. A moins qu’il y ait un mirage ou qu’un miracle se produise », a-t-il confié auprès d’Actu.fr dans une interview du 19 février.

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