
Saillagouse – Georges Armengol, maire sortant, conduit la liste « Saillagouse, l’avenir ensemble »
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11 mars 2026Municipales 2026 : ce que change le nouveau mode scrutin pour les communes de moins de 1 000 habitants
Pour la première année, le panachage ne sera plus possible dans les communes de moins de 1 000 habitants. Autre nouveauté : la parité s’impose dans les listes.
Pour les élections municipales 2026, les habitants des communes de 1 000 habitants vont devoir changer leurs habitudes en raison du vote de la loi n° 2025-444 du 21 mai 2025, qui modifie les règles du scrutin. Il ne sera désormais plus possible de panacher, c’est-à-dire de rayer ou d’ajouter un nom sur une liste. Les bulletins seront alors considérés comme nuls.
La fin du panachage, une préoccupation pour certains élus
Pour les candidats, cette nouvelle législation impose aussi la parité sur les listes. Une mesure déjà en vigueur depuis les élections de 2001 dans les communes de plus de 3 500 habitants, et depuis 2014 dans celles de plus de 1 000 habitants. L’objectif de la nouvelle réforme est d' »harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité ». Des évolutions plutôt positives selon Guillaume Bonicel, directeur de l’antenne lozérienne de l’association des maires de France. « Concernant la parité, ce qui ressort au niveau de l’association, c’est que c’est une avancée pour la démocratie, un moyen pour accompagner l’égalité« .
Il reconnaît en revanche que la fin du panachage « semble préoccuper pas mal d’élus« . Le directeur explique que, dans les communes où une seule liste se présente, cela peut éviter que « certaines personnes soient rayées par mésentente personnelle« . Il a aussi l’espoir que, pour les prochaines élections, cela puisse donner envie aux habitants de constituer d’autres listes. La réforme étant récente, il risque encore d’y avoir des noms rayés, entraînant alors la nullité du bulletin. « Malgré la communication sur le sujet, la règle peut être encore méconnue. Ça va être une phase de prise en main. »
« Ce n’est plus un vote. C’est une sorte de référendum »
Mais ces changements ne font pas l’unanimité au sein des communes concernées, même dans celles qui ne présentent qu’une liste et où l’élection du candidat est donc assurée. Michel Commandré, maire de Gatuzières et candidat à sa réélection, n’y voit pas d’inconvénients. « Il n’y avait aussi qu’une liste en 2020, mais il y a quand même des gens qui avaient rayé des noms. Il y en a peut-être quatre ou cinq qui le feront. S’ils veulent rayer, ils rayeront. Ça ne change pas grand-chose : il suffit qu’une personne vienne voter et on est élu. »
Et c’est justement ce qui pose problème à Emmanuel Adely, maire de Saint-Pierre-des-Tripiers. « Ce n’est plus un vote. C’est une sorte de référendum, plus un choix des habitants. La règle a été très mal comprise, à juste titre. Ça empêche de donner son opinion. C’est une possibilité que les gens utilisaient. » Il craint d’ailleurs que cela pousse certaines personnes à s’abstenir de venir voter, ce qui, selon lui, donnerait moins « de légitimité à la commune face à l’administration« .
Le maire de Rimeize, Thomas Pignide, est du même avis. « Avec une liste unique, il n’y a plus d’enjeu. La possibilité de rayer un nom qui ne plaisait pas est tombée à l’eau, déclare l’édile. Ce n’est plus vraiment démocratique. Où est la légitimité ? Ça pose question. »
Moins de difficultés au sujet de la parité
Concernant la parité, les candidats sont aussi mitigés. S’il n’a eu aucun mal à constituer une liste paritaire, Michel Commandré estime tout de même que cette règle n’est pas pertinente dans les petites communes. « Si les gens veulent se présenter, que ce soit des hommes ou des femmes, il n’y a pas de problème. On cherche des complications en France… » Le maire de Saint-Pierre-des-Tripiers n’a lui non plus rencontré aucune difficulté pour monter une liste qui respecte la parité. C’est même… le contraire. « Les gens sont très investis. On est huit candidats au lieu de sept, avec une suppléante au cas où. En revanche, j’ai eu du mal à trouver un autre homme, sinon on aurait pu être neuf !«
Là encore, Thomas Pignide rejoint son homologue de Saint-Pierre-des-Tripiers. « La parité est une obligation, mais elle n’est pas forcément arrangeante. J’aurais pu avoir plus de femmes que d’hommes sur ma liste ! Là où on veut faire évoluer sociétalement la place des femmes, finalement on la restreint. Si on veut avoir 60 à 70 % de femmes, pourquoi pas ?«
Reste à savoir ce qu’en penseront les électeurs. Les taux de participation seront certainement un bon indicateur.

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