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11 mars 2026« Tout le monde veut en acheter » : pourquoi le prix du diesel dépasse désormais celui de l’essence
La première explication réside dans les cours mondiaux, marqués par une forte tension sur le marché du gazole. Face à cette envolée, la France apparaît vulnérable, la majorité de sa consommation de gazole provenant d’importations.
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C’est du jamais-vu depuis l’été 2022. Le gazole a atteint, lundi 9 mars, la barre symbolique des 2 euros le litre en France, selon une moyenne calculée par l’AFP sur la base des données de quelque 9 400 stations-service. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, le prix de ce carburant routier, le plus consommé dans le pays, a déjà bondi de 28 centimes en France métropolitaine, soit 16%.
Pour les automobilistes roulant à l’essence, l’envolée des prix s’avère moins marquée. Le litre de SP95-E10 s’établissait à 1,83 euro en moyenne, lundi après-midi, soit une hausse de 11 centimes en dix jours. Historiquement plus onéreuse que le diesel, mais désormais moins chère, l’essence s’impose comme un carburant plus résistant aux impacts du conflit entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran.
La première explication réside dans les cours mondiaux, marqués par une forte tension sur le marché du gazole. « Les cotations ont pris 76% en une semaine », rapporte la secrétaire générale de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), Blandine Ruty, sur franceinfo. Du fait de ses usages variés sur les routes, dans les champs ou en mer, le gazole fait face à une demande mondiale nettement plus importante que celle de l’essence et se trouve donc confronté, en cas de crise d’offre, à des répercussions plus fortes sur les prix. « On importe un diesel qui prend de la valeur, parce que tout le monde veut en acheter », souligne le président des distributeurs de carburants du syndicat Mobilians, Francis Pousse, sur franceinfo.
Face à cette envolée, la France apparaît vulnérable. La majorité de sa consommation de gazole provient d’importations, alors que près des deux tiers de l’essence utilisée est produite localement, du fait des capacités de raffinage dans le pays, selon les données (datant de 2024) de l’Ufip. Ses voisins sont tout autant exposés. « L’Europe importe 40% de son gazole du Moyen-Orient », souligne Blandine Ruty. « La particularité du diesel par rapport à l’essence, c’est qu’on dépend beaucoup plus fortement des importations du Moyen-Orient depuis la guerre en Russie pour le diesel que l’essence », abonde Carine Sebi, directrice de l’Institut EnerG, sur TF1.
Une seconde explication tient dans la fiscalité existante en France. Comme le rapporte l’Ufip, la principale taxe sur les produits pétroliers (l’accise, ex-TICPE) varie selon le type de carburant. Elle s’élève à environ 0,61 euro par litre pour le gazole, contre 0,67 euro pour l’essence. Cet écart à l’avantage du premier était nettement plus élevé par le passé, mais, dans une logique de rattrapage fiscal, l’Etat le réduit d’année en année pour inciter les automobilistes à se détourner du diesel, plus polluant.
Une partie de la TVA qui s’applique sur les produits pétroliers découle de cette accise, ce qui contribue à renforcer l’écart de fiscalité. Elle s’élève à 0,12 euro pour le gazole, contre 0,13 pour le SP95-E10. Toutes taxes confondues, mécaniquement, puisque le diesel est moins taxé, une plus grande partie de son prix final dépend de la matière première, et donc de l’évolution des cours mondiaux, comme le soulignent aussi La Croix et RMC.

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