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11 mars 2026« Une chance pour notre territoire » ou « une gabegie complète »? Dans les Alpes, les JO 2030 au coeur de la campagne des municipales
Après la quinzaine olympique à Milan Cortina, les anneaux olympiques ont été hissés dans les Alpes françaises, lundi 23 février, à quatre ans de l’accueil des Jeux olympiques. Ce grand événement s’invite dans la campagne des élections municipales 2026 des villes hôtes.
« Une chance pour notre territoire. » Arnaud Murgia, maire-sortant divers droite de Briançon, a fait de l’accueil des Jeux olympiques dans les Alpes françaises en 2030 un enjeu majeur de cette campagne des élections municipales.
Dans la plus haute commune de France, il s’affiche régulièrement aux côtés de Renaud Muselier, le président de la région Sud, grand promoteur de l’événement comme le 10 février dernier. Ensemble, ils ont présenté le plan de modernisation complet de la gare et la régénération de la ligne Briançon-Marseille, mettant les deux villes à 3h40 de transport au lieu de 5h50 actuellement.
Grâce à la participation financière de la société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) aux côtés de l’État, de la région et de la SNCF, ces projets qui devaient se concrétiser à l’horizon 2036-2040, doivent être livrés pour l’échéance 2030.
L’édile de la sous-préfecture des Hautes-Alpes insiste beaucoup pendant cette campagne sur le coût des JO pour les habitants. « Je suis fier d’avoir gagné ces Jeux avec Renaud Muselier. C’est une fierté nationale de les accueillir après ce que l’on a vécu avec Paris en 2024. On voit ce que l’accueil des JO en 1992 à changé pour la Savoie. C’est à notre tour de rattraper notre retard d’aménagement du territoire », explique-t-il auprès de BFM.
« C’est à peu près 37 millions de financements locaux pour un bénéfice d’un milliard d’euros d’argent public et privé, donc c’est le plus gros effet de levier qu’on a jamais connu sur le territoire et qui va permettre de changer définitivement la donne dans les Hautes-Alpes, sur le désenclavement ferroviaire, routier et sur la modernisation de nos infrastructures », a-t-il défendu dans un clip de campagne.
Mais c’est surtout le projet de réhabilitation du Fort des Têtes, un ouvrage défensif conçu par Vauban au 17e siècle, qui fait controverse. Un appel d’offres est en cours pour confier à un promoteur immobilier la restauration du site et en faire un village olympique accueillant les sportifs durant l’olympiade. En phase post-olympique, un quartier de 150 logements avec des commerces doit s’y développer. « On part sur à peu près 120 millions d’euros de travaux. On connaîtra les chiffres précisément quand on aura choisi le lauréat de l’opération », précise-t-il.
Le maire sortant consacre deux pages de son programme aux JO. « Ils font partie de mon projet au même titre que le logement ou les modes de garde d’enfant », ajoute-t-il tout en fustigeant ceux qui émettent des doutes ou des critiques. « On ne remporte pas une élection en faisant peur aux gens et c’est ce que font mes adversaires. »
« Briançon a déjà du mal à s’occuper ses quartiers »
Face à lui, Arnaud Murgia et sa liste Demain Briançon va retrouver son ancien premier adjoint, Richard Nussbaum (Bien vivre Briançon), qui a démissionné en septembre dernier. L’un de ses colistiers, Albin Morget, estime auprès de BFM que le projet est trop ambitieux. « Nous ne sommes pas opposés aux JO mais il faut redescendre d’un étage et voir la dimension de notre vallée », avance-t-il.
« Le dimensionnement de ces équipements dépasse la capacité de financement et d’entretien de Briançon qui a déjà du mal à s’occuper de ses hameaux, ses quartiers, la cité Vauban est en ruine », ajoute le candidat.
Il s’attaque à la transformation du Fort des Têtes, jugée non-prioritaire par rapport aux difficultés rencontrées par les habitants du hameau de Fontchristiane situé en contrebas. « C’est une gabegie complète. Les téléporteurs pour y accéder vont coûter entre 400.000 et 600.000 euros l’unité, et ce n’est même pas certain que nous les ayons pour le jour J, comme cela s’est produit à Cortina (les télécabines de Cortina n’étaient pas livrées pour les JO, NDLR). »
Le colistier de Richard Nussbaum suggère comme alternative de louer des sites hôteliers et des équipements préexistants dans le Briançonnais.
Enfin, Albin Morget s’en prend à la création d’une troisième voie sur la RD1091, pour relier Briançon à la vallée de Serre-Chevalier sur 14km. « Personne ne sait vraiment à quoi ça va servir. En dehors de l’été et de quelques semaines en hiver où il y a des bouchons, la route est à la bonne échelle. On pourrait se contenter de calibrer quelques tronçons où ça bloque. »
Envoyés spéciaux à Cortina pour un retour d’expérience
Une troisième liste d’union de la gauche, Briançon territoire vivant, fait également campagne sur cette thématique. Deux de ses membres se sont même rendus dans les Dolomites, à Cortina d’Ampezzo et à Belluno pendant les JO à la rencontre des habitants.
« Ils nous ont dit que dès que vous étiez à dix minutes de route des sites d’épreuves, vous n’aviez plus du tout l’esprit des jeux, c’est la crainte que l’on a aussi à Briançon parce que les épreuves se dérouleront à Montgenèvre ou à Villeneuve », nous explique Maxime Brousse, qui a fait le déplacement jusqu’en Italie.
« On a deux jeunes qui se sont plaints que l’on ait privilégié la construction d’une piste de bobsleigh alors qu’ils n’avaient pas accès à une piscine et que le coût d’entretien allait retomber sur la ville », poursuit-il.
Là aussi, cette candidature se veut pragmatique et rejette la qualification d' »anti-JO ». Vincent Virat, un autre colistier réclame « plus de transparence et davantage de concertation avec les habitants », il considère aussi que « le projet prend une dimension trop importante et craint « que toute l’énergie de la force publique soit tournée pendant les quatre prochaines années vers les JO alors qu’il y a tellement de sujets importants dans nos territoires de montagne, qu’il s’agisse du logement ou du social. »
Des candidats regrettent un manque d’information
Plus bas dans la vallée, les antagonismes sont moins exacerbés, comme dans le village de Saint-Chaffrey, l’une des communes sur lesquelles se trouve la station de Serre-Chevalier. C’est là que doivent se dérouler les épreuves de saut acrobatique, ski de bosses et de big air (ski et snowboard).
La maire-sortante, Corinne Chanfray y voit surtout une aubaine comme elle l’a écrit dans son programme diffusé à la population et diffusé sur les réseaux sociaux. « Fort du travail d’analyse et de proposition réalisé durant ce mandat, nous continuerons à défendre les intérêts des habitants et des acteurs économiques afin que l’héritage de cet événement planétaire se traduise en aménagements utiles, raisonnés et durables au bénéfice de notre territoire. »
La maire-sortante, Corinne Chanfray y voit surtout une aubaine comme elle l’a écrit dans son programme diffusé à la population et un manque d’information. « On ne peut pas faire n’importe quoi non plus, il faut prendre en compte les impacts environnementaux. En l’état actuel du dossier, c’est compliqué de se positionner plus précisément (…) si je prends l’exemple de la voie olympique, qui doit traverser la vallée de la Guisane, on ne sait pas grand chose de ce projet qui impactera pourtant notre commune. »
Deux listes rivales favorables aux JO à Isola 2000
Dans les Alpes-Maritimes, la station d’Isola 2000 n’est pas certaine d’être retenue par le comité d’organisation des JO Alpes 2030. Pressentie pour l’accueil des épreuves de skicross et de snowboard cross, elle est souvent absente des derniers plans de masse communiqués. Les deux listes en concurrence pour ces élections municipales font campagne pour l’obtention de ces épreuves.
La maire-sortante, Mylène Agnelli se montre confiante et explique que Renaud Muselier « continue de pousser le dossier. » « Ils vont réadapter les choses un peu en fonction de ce qu’ils ont vu en Italie puisque c’était la même configuration avec plusieurs sites, donc ils vont adapter, rationaliser, penser en terme d’infrastructures, d’environnement et d’équilibre entre les régions aussi », a-t-elle expliqué au micro de BFM Nice Côte d’Azur.
L’autre tête de liste, Pierre Pascal Bastanti défend lui aussi l’accueil des jeux dans la station maralpine. « Nous serions très heureux de les accueillir même si nous avons cru comprendre que l’idée était plutôt de regrouper les épreuves de skicross et de snowcross plus au nord. Si nous sommes élus, nous irons à la rencontre du comité d’organisation pour tenter de les convaincre », nous indique-t-il.
Bataille à Nice autour du projet
À Nice, où la campagne des élections municipales est très tendue entre le maire-sortant, Christian Estrosi (Horizons) et le patron des députés UDR, Éric Ciotti, la construction d’un village olympique et d’un pôle olympique des sports de glace fait aussi polémique.
Le projet actuel défendu par l’édile prévoit de couvrir temporairement l’Allianz Riviera pour le hockey, et de construire à côté de ce stade une patinoire et le village olympique, dans l’ouest de Nice. Éric Ciotti, favorable aux Jeux, refuse que l’OGC Nice soit privé plusieurs mois de son stade. Il a également réclamé des emplacements plus centraux pour ces nouveaux sites.
« J’ai écrit à Edgar Grospiron (président du comité d’organisation), je n’ai eu aucune réponse », a-t-il regretté lors d’une conférence de presse commune avec l’ancien champion olympique du 110m haie Guy Drut. « Rien n’est irréversible et c’est vrai qu’il ne reste que quatre ans donc il ne faut plus perdre de temps », a déclaré M. Drut, membre du CIO, en estimant « inadmissible » que les propositions d’Éric Ciotti ne soient pas « au moins étudiées ».
Christian Estrosi, mise beaucoup sur ces JO et a fait de Gérard Holtz, son colistier en charge des JO. Reçu le 10 février dernier sur BFM Nice Côte d’Azur, l’ancien journaliste a partagé son crédo: « économie, écologie, discussion. » « Un dossier olympique n’est jamais un dossier bouclé. » L’ancienne patineuse médaillée olympique française, Surya Bonaly, lui a récemment témoignée son soutien.
Pour Juliette Chesnel-Le Roux, candidate de la liste Unis pour Nice (PS-PCF-Écologiste), l’obtention des JO par les Alpes françaises est « une mauvaise nouvelle pour les finances de l’État, de notre territoire et parce que c’est inconséquent compte tenu du dérèglement climatique et du risque qu’il y a de ne pas avoir de neige », avait-elle déclaré sur BFM Nice Côte d’Azur. Elle dénonce également le fait que le plan local d’urbanisme prévoyait la construction de logements sociaux là où devraient pousser le pôle des sports de glace et le village. « Au lieu de 600 logements prévus sur ces deux endroits, il n’y en aura que 44, ce n’est pas du tout au niveau. »
Enfin, la liste de Mireille Damiano soutenue par Viva et La France insoumise, avait communiqué dès 2030 après l’attribution des Jeux. « C’est une très mauvaise nouvelle pour les habitants de notre département. Il y a urgence à investir massivement pour lutter contre les conséquences du dérèglement climatique, au lieu de cela les JO 2030 vont vampiriser les investissements pour les dix-vingt prochaines années. »
Dans les Alpes du Nord aussi ça clashe
Dans les Alpes du Nord aussi, ces Jeux Olympiques 2030 nourrissent le débat politique comme à Saint-Jean-de-Sixt, petite commune de Haute-Savoie de moins de 1.500 habitants. C’est là que doit être construit le village des athlètes qui disputeront des épreuves de biathlon sur le site du Grand-Bornand et de ski de fond à La Clusaz, distants chacun de trois kilomètres.
La mairie a donné son accord de principe fin 2025 y voyant une opportunité pour muter des structures vieillissantes en un pôle mixte d’équipements sportifs, de logements et d’hôtel. Deux listes s’affrontent pour ces élections municipales. Saint-Jean Demain de Yannick Defrenne, considère sur son site de campagne que « le village subit les JO2030 sans concertation ni ambition pour ses habitants » et demande à ce que le projet soit « réorienté pour qu’il bénéficie d’abord aux Saint-Jeandins et à la commune, plutôt que laisser faire une nouvelle opération immobilière. »
En face, la liste Pour Saint-Jean, portée par Danièle Carteron, dont des membres appartiennent à la majorité sortante, rappelle que les JO « dépassent en partie notre seule volonté », évoquant les autres partenaires institutionnels engagés dans l’aventure, mais assure se donner pour « ligne de conduite ferme et raisonnée: des Jeux Olympiques oui, mais pas à n’importe quel prix. »
Face aux accusations d’un manque de transparence sur le financement de ce village olympique, la liste a diffusé une délibération du Conseil municipal votée le 19 février dernier pour montrer qu’il en coutera 500.000 euros à la commune sur un budget global de 51,8 millions d’euros.
Peu de discorde du côté de Courchevel
En Savoie, le village olympique devrait être installé à Bozel en Tarentaise, dans la vallée du Doron. Dans cette bourgade de 2.000 habitants, il n’y a qu’une seule liste, celle du maire-sortant, Sylvain Puclini. Son programme se montre plutôt enthousiaste à l’égard des JO dont il souhaite « utiliser le booster financier pour concrétiser des projets durables et utiles à tous dans l’avenir. »
Pour faciliter l’accès au site d’épreuves de vitesse en ski alpin et le saut à ski à Courchevel, l’organisation prévoit la livraison d’un ascenseur valléen de deux kilomètres pour franchir 600m de dénivelé pour relier Bozel à la station connue pour sa clientèle argentée.
Le maire-sortant, Jean-Yves Pachod, défend l’accueil des JO et veut « accompagner leur réussite avec une attention portée à leur héritage. » Les deux autres listes en lice, Une vision pour Courchevel avec Isabelle Monsenego et Agir avec vous pour notre commune, de Armand Mongellaz, sont pragmatiques et proposent surtout des aménagements complémentaires ou alternatifs au projet d’ascenseur.

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