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11 mars 2026une cinquantaine de marins français sont à la merci des bombes, bloqués sur leur navire autour du détroit d’Ormuz
Dans la nuit de mardi à mercredi, l’Iran a lancé une vague d’attaques sur les pays du Golfe, renforçant encore l’angoisse des marins bloqués dans le détroit d’Ormuz. Parmi eux, une cinquantaine de Français vivent dans l’angoisse depuis 12 jours.
Le temps commence à paraître bien long pour les marins bloqués depuis bientôt 12 jours à proximité du détroit d’Ormuz. « On n’est pas des militaires, on n’est pas formés à ça », témoigne Emmanuel Chalard de la CGT Fédération des Officiers de la Marine Marchande auprès de BFM Business. Il est régulièrement en contact avec les équipages et témoigne de leur inquiétude palpable.
Selon lui, ils sont une cinquantaine de Français bloqués dans la zone, à proximité des côtes. Impossible de bouger, au risque de voir l’Iran mettre ses menaces à exécution et bombarder les navires qui tenteraient de traverser. « Toutes les consignes ont été données de ne surtout pas se déplacer », rapporte Emmanuel Chalard.
« C’est complètement inédit, c’était vraiment la surprise pour tout le monde et les marins ont du mal à digérer. »
« Ca devient extrêmement compliqué, extrêmement grave »
Et la situation se dégrade de jours en jours. Dans la nuit de mardi à mercredi, l’Iran a annoncé avoir lancé la vague de frappes « la plus violente et la plus lourde depuis le début de la guerre », avec des bombardements notamment à Bahreïn, au Kurdistan irakien, au Koweït, ainsi qu’en Arabie saoudite.
« Cette nuit, les attaques ont été particulièrement intenses, nos marins sont à proximité, ça devient extrêmement compliqué, extrêmement grave, il faut absolument prendre des mesures rapidement », exhorte le syndicaliste.
La situation s’enlise. Les bateaux français sont ravitaillés en nourriture et en carburant, pour faire tourner les machines. « Mais combien de temps est-ce que ça peut durer? Même les pays du Golfe commencent à avoir du mal à s’approvisionner », alerte-t-il. « Plus ça dure, plus la situation est clairement stressante. »
« Une chanson à la radio suffit à ramener un peu d’humanité dans un moment difficile »
Dans ce contexte, les marins font ce qu’ils peuvent pour tenir et garder le moral. Le grec Vaggelis Dimitris, bloqué à bord d’un navire dans le Golfe, documente sur le réseau social Tiktok la captivité à laquelle les équipages sont réduits. Et malgré la situation, les marins toutes nationalités confondues se soutiennent. Sur une vidéo, il montre l’équipage d’un autre bateau en train de passer de la musique par la radio afin « d’apaiser les tensions ».
« C’était inattendu, simple, mais puissant. Pendant quelques minutes, l’atmosphère sembla plus légère et le stress s’est estompé un peu », écrit-il.
« Ici dans le Golfe persique, loin de chez nous et entourés de tensions, même les plus petits moments peuvent faire la différence. (…) Parfois, une chanson à la radio suffit à ramener un peu d’humanité dans un moment difficile. »
Il montre ainsi la vie quotidienne, se filmant par exemple avec un poisson qu’il vient de pêcher « pour se changer les idées de cette situation ».
« Il va falloir prendre ses responsabilités »
Côté français, une partie des équipages ont déjà été évacués, environ un tiers selon Emmanuel Chalard. Mais tous ne peuvent pas débarquer: « Ce n’est pas possible de quitter le bâteau pour les fonctions vitales du navire, rien que pour la climatisation à bord pour que les instruments restent en bon état, on a des systèmes informatiques fragiles », explique-t-il.
Si les bateaux français sont plutôt à quai ou proches des côtes, d’autres armateurs n’ont pas fait le même choix. Vincent Clerc, directeur général de l’armateur Maersk, fait état de 6.000 collaborateurs sur place et de 10 navires bloqués dans le Golfe. « Ces derniers sont regroupés au milieu de la mer, car c’est un endroit plus sûr que les ports, qui sont attaqués », explique-t-il dans une interview au Monde.
« Après cette nuit intense, il va falloir prendre ses responsabilités et débarquer ceux qui le souhaite et les remplacer par des volontaires, mais s’ils n’y a plus de volontaires qu’est ce qu’on fait? », s’interroge Emmanuel Chalard.
« Ces navires sous pavillon français, ils font partie de la flotte stratégique, ce sont des porte-conteneurs, des gaziers, des navires extrêmement important pour la France, ça nous ferait mal de les voir sortir de la flotte, c’est la responsabilité des armateurs en coopération avec l’État. »

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