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12 mars 2026Ils avaient empoisonné des vautours fauves avec des pesticides et causé la mort de trois oiseaux protégés dans l’Aude : 10 mois avec sursis pour deux prévenus
Fin janvier 2026, c’est à Montpellier que deux prévenus ont notamment été condamnés à 10 mois d’emprisonnement avec sursis. La conclusion d’une procédure menée par l’office français de la biodiversité (OFB) de l’Aude depuis le printemps 2024, lorsque des vautours fauves, une espèce protégée, avaient été retrouvés morts dans les Corbières occidentales.
C’est une procédure au long cours, et une enquête de police judiciaire menée par le service départemental de l’Aude de l’office français de la biodiversité (OFB) qui a trouvé son dénouement le 21 janvier 2026 devant le pôle régional environnemental (PRE) du parquet de Montpellier au profit duquel s’était dessaisi le tribunal de Carcassonne. En ce début d’année, l’audience montpelliéraine a abouti à la condamnation de deux prévenus pour des empoisonnements de vautours fauves, une espèce protégée, commis au printemps 2024 dans le secteur de Missègre, dans les Corbières occidentales.
Une peine de 10 mois d’emprisonnement avec sursis, assortis de l’obligation de suivre un stage de sensibilisation aux enjeux de l’environnement a été prononcée. Les constitutions de partie civile de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) France et Occitanie ont été déclarées recevables, et le tribunal a condamné les prévenus à verser à chacune des associations 1 000 € pour le préjudice moral, 2 000 € pour le préjudice écologique et enfin 800 € au titre des frais de procédure.
C’est en avril 2024 que trois vautours avaient été retrouvés morts, et un en détresse, sur le secteur de Missègre. Deux des rapaces décédés étaient équipés de balises GPS, dans le cadre de programme de suivi scientifique, afin de connaître avec précision leurs déplacements et leur activité (alimentation, repos, vol ou immobilité).
L’analyse des données GPS a joué « un rôle clé dans l’enquête », précise l’OFB dans un communiqué diffusé ce mardi 10 mars 2026, « car celles-ci ont permis de constater que plusieurs vautours s’étaient alimentés au même endroit, à peu de temps d’intervalle, avant de cesser brutalement toute activité ». Des éléments qui ont donc « rapidement orienté les investigations vers l’hypothèse d’un empoisonnement, plutôt qu’une mortalité naturelle », hypothèse confirmée par les analyses toxicologiques menées sur les cadavres de vautours.
De l’aldicarbe, une molécule pesticide interdite en Europe depuis 2003
Des investigations ont conduit à identifier des points de nourrissage probables puis les propriétaires des parcelles identifiées, aux domiciles desquels des perquisitions ont été organisées le 16 janvier 2025. À cette occasion, neuf agents du service départemental de l’OFB de l’Aude ont été mobilisés, avec l’appui d’un agent cynophile (OFB) et de sa chienne Iris, spécialement entraînée à la recherche de produits toxiques. Cette intervention a permis de localiser et de saisir de l’aldicarbe, une molécule longtemps commercialisée dans une formulation dénommée Temik. Ce pesticide extrêmement toxique est strictement interdit en Europe depuis 2003. « Son usage constitue une menace pour la faune sauvage, mais également pour la faune domestique, des mortalités de chiens ayant déjà eu lieu », précise l’OFB. L’ensemble des éléments recueillis a ainsi permis d’identifier deux personnes impliquées dans les faits, les deux prévenus qui ont donc été condamnés le 21 janvier 2026.
Complémentarité entre suivi scientifique, enquête judiciaire et moyens cynophiles
Une affaire qui permet à l’OFB de rappeler que « cette affaire illustre l’importance du travail de terrain des agents, la complémentarité entre suivi scientifique, enquête judiciaire et moyens cynophiles, ainsi que la gravité des atteintes que représentent les actes d’empoisonnement pour la faune sauvage protégée ». Nicolas Dodet, le chef de service départemental adjoint de l’OFB dans l’Aude soulignait ce mardi 10 mars « le beau travail d’investigation réalisé ».
Le vautour fauve, d’une envergure allant jusqu’à 2,70 m, est l’un des grands rapaces emblématiques des Pyrénées. Charognard, il assure un équarrissage naturel et « limite ainsi la propagation de certains pathogènes », ce qui explique que sa présence soit « étroitement liée à la pratique de l’élevage » : une « relation à bénéfices réciproques » qui, souligne la LPO, est un enjeu majeur du Plan national d’action dont l’espèce fait l’objet actuellement (PNA 2017-2026).
La présence du vautour fauve dans l’Aude a fait l’objet d’un vaste travail par la LPO : c’est en 2011 qu’Yves Roullaud, de la LPO de l’Aude, a découvert le premier couple de vautours fauves nicheurs dans l’Aude. En 2023, le même Yves Roullaud évaluait la population à 110 couples. Une évolution notamment autorisée par la construction de placettes de nourrissage où les éleveurs peuvent déposer leurs animaux morts.

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