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12 mars 2026Interpellations contre la DZ Mafia à Marseille: les multiples visages du blanchiment de l’argent de la drogue
Une vaste opération de gendarmerie baptisée Octopus a permis d’interpeller, le 10 mars, 42 narcotrafiquants et proches de la DZ Mafia, cette organisation criminelle qui sévit dans la région de Marseille. C’est cette même mafia qui est notamment impliquée dans la mort du frère du militant antidrogue et écologiste Amine Kessaci. Un label de rap servirait de cellule de blanchiment d’argent, selon les informations du journal Le Parisien.
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La DZ Mafia domine le marché de la drogue à Marseille. Souvent qualifiée d’hydre, cette organisation n’a pas de hiérarchie claire et regroupe des personnes détenues en prison mais également des gens opérant à l’extérieur.
En plus des 42 interpellations du 10 mars, des suspects ont également été extraits de leurs cellules, selon l’AFP. Il s’agit des principaux chefs présumés de l’organisation qui font partie des personnes interrogées : Amine O., Gabriel O. et Mahdi Z. Ils sont soupçonnés de piloter les activités criminelles depuis leurs lieux de détention.
Amine O., surnommé « Mamine », doit également être jugé à l’automne pour un triple assassinat en 2020, dont une des victimes était Brahim, le grand frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, qui a perdu un autre frère, Mehdi, assassiné à 20 ans en novembre.
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L’État traque l’argent sale
En France, le chiffre d’affaires du marché de la drogue était en effet estimé en 2023 à environ 7 milliards d’euros, dont la moitié pour la seule cocaïne, selon le ministère de l’Intérieur. Pour éviter que cet argent sale ne soit blanchi et injecté dans l’économie légale, les autorités sont équipées.
« Ça peut passer par des flux bancaires et ça, on sait le tracer. On a construit depuis les années 1990 avec Tracfin, notamment en France, des outils d’alerte et la mobilisation du système bancaire pour lutter contre le blanchiment », explique Yann Bisiou, maître de conférences à l’université de Montpellier et spécialiste des politiques publiques de lutte contre les drogues.
Le gouvernement insiste : « Il faut taper les trafiquants au portefeuille », disait le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin en janvier 2025, en déplacement à Marseille, le fief de la DZ Mafia.
Ubérisation du blanchiment de l’argent de la drogue
Mais le blanchiment se fait de plus en plus discret, grâce à des méthodes très modernes, rapporte Yann Bisiou. « Avec une nouveauté depuis le Covid, c’est une ubérisation du blanchiment. Notamment via les cryptomonnaies qui seraient utilisées par les trafiquants pour rendre plus opaque la source de leurs revenus et leurs placements », précise-t-il .
En septembre 2025, une opération internationale de police avait permis de saisir 6 millions d’euros transformés en lingots d’or en Italie, pour quitter l’Union européenne et passer sous les radars. Une partie de ces biens était ceux de la DZ Mafia.
Selon les informations du journal Le Parisien, un label de rap servirait même de cellule de blanchiment d’argent.

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