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Ad Vitam
« Hors jeu » de Jafar Panahi, sorti au cinéma en 2006.
• Dans le film sorti en 2006, six jeunes femmes fans de foot son arrêtées pour avoir voulu assister à un match.
• Le long-métrage a remporté l’ours d’or à la Berlinale en 2006 pour son illustration des interdiction imposées aux femmes par le régime iranien, concernant notamment le sport.
Ballon rond, pression de Donald Trump, « traîtrise »… Depuis qu’elles ont décidé de garder le silence pendant leur hymne lors d’un match contre la Corée du Sud en Coupe d’Asie à Sydney début mars, les Iraniennes de l’équipe nationale de football craignent toujours pour leur sort.
Ce mercredi 11 mars, cinq des membres de la délégation, qui ont demandé et obtenu l’asile en Australie, ont été évacuées de leur résidence sécurisée. En cause, la découverte de leur emplacement par l’ambassade iranienne après avoir été contactée par une des leurs. Après discussion avec des coéquipières déjà parties, celle-ci aurait « changé d’avis ».
Alors que le ministre de l’Intérieur Tony Burke s’est dit prêt à aider les autres membres de l’équipe si besoin, le fils du dernier chah d’Iran, Reza Pahlavi, a, lui, appelé « le gouvernement australien à assurer leur sécurité » et « tout le soutien nécessaire » en raison des « graves conséquences si elles retournent en Iran ». Cela a tout d’un scénario de cinéma.
Dans un pays où les droits des femmes sont sévèrement restreints, l’histoire de ces sportives, qui étaient déjà devenues des héroïnes nationales après leurs débuts en Coupe d’Asie en 2022, fait couler beaucoup d’encre. Elle n’est, par ailleurs, pas sans rappeler un classique du dernier lauréat de la Palme d’or, Jafar Panahi.
Son titre ? Hors jeu. Sorti sur les écrans en 2006 après avoir décroché l’Ours d’argent à la Berlinale, le film du cinéaste iranien de 65 ans nous cueille un an plus tôt, en mai 2005. Nous sommes un jour de match décisif : l’Iran doit affronter le Bahreïn en vue des qualifications pour la Coupe du monde de football.
Découvrez ci-dessous la bande-annonce :
Dans un bus rempli de supporters, une fille travestie en garçon tente d’assister à la rencontre. Sans surprise, elle se fait griller à l’entrée du stade, où aucune femme n’est autorisée à entrer. Sans surprise non plus, on l’entraîne manu militari dans une zone sous surveillance à l’extérieur, où elle sera vite rejointe par cinq autres supportrices.
Le « summum du déshonneur »
Malgré les risques d’emprisonnement, les six dissidentes ne perdent pas une minute du jeu, et vibrent – sans pouvoir le voir de leurs propres yeux – au rythme des acclamations du public. L’Iran mène, l’euphorie les emporte. Mais alors que pointe la deuxième mi-temps, un fourgon militaire arrive pour conduire nos héroïnes à la brigade des mœurs.
L’histoire du long-métrage n’est pas à proprement parler celle de la capitaine Zahra Ghanbari et ses joueuses, mais elle témoigne de cette même volonté d’un groupe de femmes de remporter une victoire symbolique pour toutes les Iraniennes, ici dans le monde du foot.
Dans la fiction comme dans la réalité, les deux groupes subissent un florilège de pressions. « Montez, arrêtez de faire des histoires », lance un officier aux supportrices, en les conduisant dans leur « enclos ». « Arrêtez de faire les clowns », leur hurle un autre, au moment de monter dans la voiture qui les attend.
Du côté des footballeuses, leur geste – qu’elles n’ont pas reproduit lors des rencontres sportives suivantes – a été interprété comme un acte de rébellion par les autorités. Un présentateur de la télévision d’État les a même désignées comme des « traîtres en temps de guerre », représentant le « summum du déshonneur ».
Les risques de persécution
Les parallèles ne manquent pas. « Mais surtout, souligne cet article du Hollywood Reporter, Hors jeu soulève des questions sur l’effet des restrictions gouvernementales draconiennes et dépassées sur les jeunes femmes qui souhaitent exercer leur droit le plus fondamental à l’expression civique. »
Selon Zaki Haidari, un militant d’Amnesty International, les sportives risquent d’être persécutées si elles sont renvoyées chez elles. Peut-être ont-elles « déjà vu leurs familles menacées », a-t-il déclaré à l’AFP, tandis qu’une foule s’est récemment réunie devant le stade où elles ont disputé leur dernier match pour scander des slogans, tels que « changement de régime pour l’Iran », « laissez-les partir » et « sauvez nos filles ».
Donald Trump s’en est lui aussi mêlé. Actuellement en plein conflit armé avec l’Iran, le président américain a pris la parole sur son réseau social Truth, ce dimanche 9 mars, pour faire pression sur le gouvernement australien afin que ce dernier accorde l’asile aux joueuses, sinon quoi les États-Unis les auraient accueillies.
Jafar Panahi aux Oscars
Récemment condamné à une nouvelle peine de prison pour des « activités de propagande » contre l’État en Iran, Jafar Panahi ne s’est pour sa part pas exprimé sur le sujet. À l’image de Hors jeu, l’œuvre du réalisateur représente une manne sans égale pour comprendre les mécanismes de répression à l’œuvre dans son pays.
Un simple accident, le dernier d’entre eux pour lequel il a reçu la Palme d’or au 78e Festival de Cannes, peut en témoigner. Grâce à cette histoire d’un tortionnaire de la République islamique aux mains de ses anciens prisonniers, le cinéaste va tenter de briguer les statuettes du scénario original et du meilleur film étranger aux Oscars.
Cette année plus que d’ordinaire, l’éventualité d’une attaque surprise iranienne par drones plane sur la cérémonie, qui doit se tenir ce dimanche. À tel point que la sécurité a été rehaussée en conséquence avec l’appui du FBI et de la police de Los Angeles à l’intérieur et à l’extérieur du show, le plus convoité à Hollywood.

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