
Une « coalition incohérente » ou un rassemblement « au-delà des étiquettes »? À Dunkerque, la liste du maire sortant Patrice Vergriete agrège PCF, PS et LR
12 mars 2026
Solution Conso – Les meilleurs applis pour gérer son budget
12 mars 2026Municipales 2026 à Bordeaux : le maire écologiste vise un deuxième mandat, Renaissance et LR unis pour le déloger… Tout comprendre aux enjeux du scrutin
Elu lors de la « vague verte » de 2020, Pierre Hurmic veut conserver son fauteuil de maire. Face à lui, Thomas Cazenave est parvenu à rassembler dès le premier tour les différents partis du centre et de la droite, contrairement aux précédentes municipales.
Au soir du premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars, les résultats de Bordeaux seront scrutés bien au-delà de la Gironde. Pierre Hurmic sera-t-il en ballottage favorable pour rester maire de la ville ? L’écologiste est défié de toute part pour ce scrutin, six ans après son élection lors de la « vague verte » qui avait porté plusieurs membres de son parti à la tête de grandes villes françaises.
Au premier rang de ses rivaux figure Thomas Cazenave, candidat Renaissance à la tête d’une alliance de la droite et du centre. L’insoumis Nordine Raymond veut créer la surprise, tout comme l’économiste Philippe Dessertine, qui se présente en indépendant. Franceinfo vous résume tout ce qu’il faut savoir sur le scrutin bordelais.
Qui sont les candidats ?
Au total, 11 candidats briguent officiellement l’hôtel de ville, situé au palais Rohan, qui donne sur la place Pey-Berland. Le maire sortant, Pierre Hurmic, a officialisé début janvier sa volonté de briguer un deuxième mandat. L’écologiste, qui reste à distance des enjeux nationaux de son parti et qui se targue d’avoir « réparé la ville », est soutenu par le Parti socialiste, les communistes et Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann.
Face à lui, le centre et la droite, de Renaissance aux Républicains, seront représentés par Thomas Cazenave. L’ancien ministre des Comptes publics de 2023 à 2024, qui s’était déjà présenté en 2020 (il avait récolté 12,69% des voix au premier tour, sous les couleurs de La République en marche), a cette fois réussi à faire l’union derrière lui, après des négociations âpres avec la sénatrice Nathalie Delattre, du Parti radical. Elles ont finalement abouti en décembre, avec une candidature commune. Philippe Dessertine, économiste médiatique, se présente sans parti ni étiquette, avec la volonté de « rassembler tous les Bordelais » au-delà des formations politiques. Il est classé divers centre par le ministère de l’Intérieur.
La France insoumise a décidé d’investir Nordine Raymond, ancien candidat aux législatives 2024 en Charente-Maritime, qui figurait en 2020 sur la liste de Philippe Poutou. Six ans plus tard, l’ancien candidat à la présidentielle se présente de nouveau, sous la bannière du Nouveau Parti anticapitaliste. Egalement à l’extrême gauche, Fanny Quandalle (Lutte ouvrière), Petra Bernus (Révolution permanente) et Esteban Nadal (NPA révolutionnaire) sont en lice. Medhi Saboulard est quant à lui candidat divers gauche.
Candidate du Rassemblement national, l’eurodéputée Julie Rechagneux veut « remettre Bordeaux en ordre ». Egalement à l’extrême droite, le parti Reconquête soutient Virginie Bonthoux Tournay.
Quelles sont leurs principales propositions ?
Afin de déloger Pierre Hurmic de l’hôtel de ville, Thomas Cazenave mise sur un « plan Marshall de la sécurité », en doublant les effectifs de la police municipale et en dotant tous ses agents d’une arme, alors que le maire sortant a armé un quart d’entre eux. Le candidat Renaissance défend également le retour total de l’éclairage nocturne et la fin de projets jugés « inutiles », comme le réaménagement des allées de Tourny. Il veut aussi créer deux « pôles d’excellence », autour de l’économie de l’eau et de l’intelligence artificielle.
Face à lui, Pierre Hurmic alerte toujours sur l’« urgence climatique » et souhaite déployer une « écologie à la bordelaise ». Au-delà de la végétalisation de la ville, qu’il veut étendre, l’édile promet la création d’un nouveau quartier « bas carbone » et la tarification solidaire pour le stationnement et les piscines de la « belle endormie », surnom de la métropole. Il souhaite également redécouper le maillage de la ville en créant 30 quartiers, au lieu des huit existants, pour « renforcer les liens » entre les habitants et leurs services publics.
Philippe Dessertine veut traiter la crise du logement en transformant les 78 000 m2 de bureaux vides de la ville en appartements réservés aux étudiants, aux jeunes actifs et aux familles. Le professeur d’université promet lui aussi de renforcer l’armement de la police municipale et de recruter plus de policiers, illustrant le principal angle d’attaque de l’opposition contre le maire sortant.
Côté RN, Julie Rechagneux tient un discours similaire sur le thème de la sécurité, avec la volonté d’« armer l’intégralité de la police municipale » et « de la porter à 250 policiers municipaux en fin de mandat », en 2032 ou 2033. La candidate RN souhaite par ailleurs relancer le projet de contournement autouroutier à l’est de Bordeaux ou encore créer une Fête des quatre saisons pour mettre en avant la gastronomie locale.
Le candidat LFI Nordine Raymond, en revanche, défend le désarmement de la police municipale et le recrutement de « plus de médiateurs » pour résoudre les conflits dans la ville. L’insoumis veut aussi sécuriser les pistes cyclables, interdire totalement l’accostage des bateaux de croisière ou encore viser la gratuité totale des transports collectifs, a-t-il expliqué à Actu Bordeaux.
Que disent les sondages ?
Seuls deux sondages ont été menés en 2026 dans la préfecture de Gironde, neuvième ville de France. Le premier, réalisé par l’Ifop pour LCI, Sud Ouest et Sud Radio et publié le 25 février, mesure la liste de Pierre Hurmic à 33%, devant celle de Thomas Cazenave à 25%. Philippe Dessertine recueille 15% des intentions de vote, contre 12% pour Nordine Raymond. Le second, réalisé par Cluster17 pour Politico et publié le 9 mars, donne des résultats assez proches, avec Pierre Hurmic en tête (31%) devant Thomas Cazenave (26%), Philippe Dessertine (17%) et Nordine Raymond (11,5%).
Si ces quatre listes se maintenaient au-dessus de 10% au soir du premier tour, une quadrangulaire pourrait avoir lieu au second, même si des fusions de listes et des désistements peuvent intervenir dans l’intervalle. La question d’éventuels accords de second tour entre Pierre Hurmic et Nordine Raymond d’une part, et Thomas Cazenave et Philippe Dessertine d’autre part, sera cruciale pour l’issue du scrutin.
Comment se déroule la campagne ?
Le centre et la droite veulent reconquérir Bordeaux, un de leurs bastions depuis l’après-guerre jusqu’à l’élection surprise de Pierre Hurmic, et c’est la pré-campagne des municipales qui a été agitée sur les bords de la Garonne. Proche de l’ancien maire Alain Juppé et lui-même ex-premier magistrat de la ville entre 2019 et 2020, Nicolas Florian devait se présenter à nouveau, mais il est mort soudainement en janvier 2025. Ce qui a précipité le socle commun de la droite et du centre dans une alliance finalement incarnée par Thomas Cazenave.
Un an plus tard, l’un des enjeux actuels de la campagne réside dans le fait de savoir si Philippe Dessertine va se désister ou non au profit de Thomas Cazenave en vue du second tour. A ce jour, l’économiste très connu des téléspectateurs de « C dans l’air », sur France 5, a exclu cette hypothèse, même si le candidat Renaissance l’a appelé plusieurs fois au « vote utile » : « J’essaie de parler avec lui (…), je lui ai tendu la main à de nombreuses reprises », a expliqué Thomas Cazenave à ICI Gironde.
Entré (officiellement) assez tard en campagne pour sa réélection, Pierre Hurmic est attaqué sur son bilan par la droite et l’extrême droite, mais aussi par sa gauche. Nordine Raymond a déploré sur franceinfo « un espoir qui a été déçu », car le maire écologiste a notamment « continué à construire à tout-va », estime son rival insoumis. Sur un autre plan, ce dernier a aussi dénoncé des centaines de messages racistes reçus après sa déclaration de candidature, début novembre.

9999999/2026/03/06/bordeaux-69aadbf1bf098903329249.jpg?w=1200&resize=1200,480&ssl=1)
