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12 mars 2026Paradis des vélos, enfer des voitures? Les centres-villes et leur accès, enjeu-clé des municipales
MUNICIPALES 2026. Dans les grandes villes, la cohabitation entre vélos et voitures est toujours compliquée. Si les premiers saluent les efforts de nombreuses municipalités, les autres déplorent un trafic et un stationnement devenus impossibles. Et tous estiment que les équipements notamment l’offre de transports en commun ne sont pas adaptés.
C’est une ville qui est devenu un petit paradis pour les vélos, moins pour les voitures. Elue 3e ville la plus cyclable de France selon un baromètre paru fin 2025, Rennes fait le bonheur des cyclistes. La municipalité a investi plus de 10 millions d’euros par an pour aménager des pistes cyclables, sécuriser des carrefours ou encore multiplier les stations de location en libre-service.
Et c’est une vraie réussite si l’on en croit ces cyclistes rencontrés par RMC dans le centre-ville: « Peins d’actions sont menées pour que les piétons et les vélos puissent circuler librement, sans danger », assure une habitante. « Je travaille à 9 km de mon domicile et je ne prends pas la voiture, je fais tout à vélo. Une ville avec des voitures dans le centre-ville, c’est désagréable », renchérit une autre.
« Beaucoup de choses ont été faites pour réduire la place de la voiture en centre-ville. C’est une bonne chose pour moi qui y vit mais ceux qui viennent de l’extérieur, je pense que c’est un problème. C’est plus agréable à vivre mais ça devient un peu un centre-ville musée », tempère une Rennaise.
Pour les automobilistes, c’est la galère
C’est le revers de la médaille: la galère pour ceux qui doivent utiliser leur voiture. Pour ceux qui vivent à l’extérieur de Rennes, rejoindre le centre-ville s’apparente parfois à un parcours du combattant. Il faut prendre la rocade souvent embouteillée, se garer dans un parking relais puis prendre le métro.
Des parkings parfois pris d’assaut: « Je suis arrivé à 12h, le parking était plein il restait une place mais ils ne sont pas assez grands, il n’y a pas de assez de place. Avant j’allais souvent en voiture à Rennes, maintenant j’y vais de moins en moins », peste une automobiliste.
« Avant on était 20 sur le quai du train, maintenant on est une centaine. C’est sous-dimensionné au regarde de la demande », pointe une habitante.
« Pas d’alternatives »
Pour désengorger la rocade et ces parkings relais, le candidat de droite Thomas Rousseau propose un téléphérique. Son adversaire du centre, Charles Compagnon, veut, lui, allonger les lignes de métro et déplacer les parcs relais en dehors de la rocade. Trop coûteux répond la maire sortante qui privilégie un réseau de tram/bus.
Un autre enjeu, c’est le stationnement. Trop cher, pas assez de place pointent les oppositions qui critiquent surtout un projet emblématique de la mairie sortante: la suppression d’un parking 250 places en plein centre-ville, afin d’aménager les quais.
Les travaux sont lancés et ça n’enchante évidemment pas les commerçants alentours: « On espère tous que ça va embellir le centre-ville mais il n’y a pas eu d’alternatives pour rassurer nos clients », déplore Florence qui travaille depuis 18 ans dans une boutique de vêtements. « A 9h, il n’y a plus de place donc où se garent les gens qui veulent venir nous voir? On est à 30% de baisse, c’est énorme », alerte la commerçante.
Les opposants de Nathalie Appéré proposent donc la création de nouvelles places de stationnement dans le centre-ville.
« La lutte contre la voiture sur les hyper-centres relève de l’évidence »
Ces débats sur la place de la voiture dans le centre-ville, on les retrouve dans toutes les grandes villes françaises surtout les villes tenues par la gauche ou les écologistes. Tous près d’ici à Nantes mais aussi à Bordeaux, Lyon, Tours, Poitiers, les centres-villes de plus en plus difficiles d’accès pour les voitures.
Mais selon le sociologue Eric Lebreton, les électeurs de ces villes ne feront pas le choix de revenir en arrière: « La lutte contre la voiture sur les hyper-centres relève aujourd’hui de l’évidence. Avec un suffrage universel, au niveau des agglomérations, si les élus pouvaient dire que les beaux équipements de transports ne sont que dans le centre, les candidats en responsabilité pourraient vraiment se battre ».
Car si la place de la voiture en ville diminue, à hauteur de 30%, elle continue d’augmenter dans les périphéries et en zone rurale pour atteindre plus de 90% des trajets quotidiens.

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