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12 mars 2026« Tout peut se passer, mais on restera tibétains » : en Chine, une nouvelle loi inquiète les minorités ethniques
À Pékin, le parlement doit adopter, jeudi, un texte qui vise à promouvoir l’unité autour de Han, culture majoritaire en Chine. Les Ouighours et les Tibétains sont particulièrement concernés.
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En Chine, nouveau tour de vis sur les minorités ethniques. Le parlement doit adopter, jeudi 12 mars, à Pékin une nouvelle loi qui vise à promouvoir l’unité ethnique. Le parti communiste souhaite inscrire dans la loi l’assimilation des 55 minorités que compte le pays. Le texte vise en particulier les populations ouïghoures et tibétaines, obligées de renoncer à une partie de leurs traditions pour se rapprocher de la culture dominante chinoise.
Officiellement, la nouvelle loi vise à améliorer le sort des minorités ethniques : 125 millions de personnes, souvent plus pauvres sur 1,4 milliard de Chinois. Mais sous couvert d’une amélioration des conditions sociales, le texte insiste sur la nécessité du vivre ensemble et pour cela les minorités, dit la loi, doivent comme les autres Chinois guider leurs enfants à aimer le parti communiste, le peuple et la nation chinoise.
Ce sont les Ouigours qui sont notamment visés, considérés comme les plus rebelles à l’autorité de Pékin. Mandarin obligatoire dans les écoles, peut-on lire dans la loi qui s’attaque aussi à une question très sensible : le mariage. La coutume au Xinjiang impose aux jeunes femmes ouïghoures de se marier avec des musulmans.
La loi ne rentre pas dans les détails mais rappelle que l’état protège la liberté de mariage et qu’aucun individu ne peut porter atteinte à ce principe, manière évidente de mettre en garde les imams qui refuseraient de valider un mariage mixte entre une jeune fille ouïghoure et un chinois non musulman. Cette pression existait déjà, mais avec la loi, l’assimilation des minorités à l’ensemble des Chinois a désormais une base légale qui va faciliter les interventions de la police et les actions en justice.
La loi passe mal chez les minorités concernées. Les Tibétains, notamment, continuent de vénérer leur chef spirituel, le dalaï-lama contre la volonté de la dictature chinoise. Ils restent mobilisés sans discontinuer depuis 1959, date de leur soulèvement contre la Chine de Mao.
À Paris, le 10 mars, la communauté tibétaine de France manifestait à l’occasion du 67e anniversaire du soulèvement de 1959. Choéyang est le nouveau président des étudiants pour un Tibet libre : « Tout peut se passer mais on restera tibétains. On est nés tibétains et on mourra tibétains aussi. Tout enfant qui est né après 1959 est né comme un activiste. Moi, par exemple, depuis mon plus jeune âge, j’ai toujours crié les slogans, manifesté etc. Naître au Tibet, c’est naître militant. » Ce qui est valable pour les Tibétains, l’est aussi pour les Ouighours qui eux insistent pour que l’on abandonne le nom chinois de Xinjiang pour utiliser celui de Turkestan oriental lorsque l’on parle de leur région.

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