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12 mars 2026« Un golf, on se demandait ce que ça venait faire ici » : Montagne Noire Avenir savoure la décision de justice qui « enterre » le projet immobilier et golfique de Fontiers-Cabardès
Le 3 mars 2026, le tribunal administratif de Montpellier a annulé les dispositions du plan local d’urbanisme (PLU) qui permettaient la réalisation du projet golfique et immobilier porté par Catherine Lacoste et la société Telcapi à Fontiers-Cabardès. Ce mardi 10 mars, l’association Montagne Noire Avenir, à l’origine du recours, célébrait cette « victoire » à Fontiers-Cabardès.
Des bouquets de mimosa, et des sourires, nombreux. Ce mardi 10 mars, à Fontiers-Cabardès, sur l’herbe du Bosquet, l’atmosphère était printanière. Un renouveau que l’association Montagne Noire Avenir voulait associer à la décision rendue par le tribunal administratif de Montpellier. Le 3 mars 2026, l’instance a partiellement annulé le plan local d’urbanisme (PLU) approuvé en conseil municipal le 19 décembre 2022 : plus précisément les zonages adoptés pour la réalisation du pharaonique projet immobilier et golfique porté par Catherine Lacoste et la société Telcapi sur 135 ha pour 170 M€. Le tribunal a également redit la caducité de l’unité touristique nouvelle (UTN), autorisée en 2012 par la préfète de massif, document pivot pour tout projet porté sur une commune concernée par la loi Montagne.
Tout ce que notre recours a coûté à la commune, ce sont les frais d’avocats
De quoi justifier ces sourires, et mener Anne Lesné à évoquer « l’espoir de développer une vraie économie locale, dans l’intérêt général et pas juste pour quelques privilégiés » que suscite cette « victoire« . Après une si longue bataille, la coprésidente Delphine Verniol soulignait elle la « force du collectif qui a permis de sortir de la résignation ». L’occasion pour Justine Bianconi de rappeler que l’action engagée par MNA n’était en rien responsable de l’abandon du projet de salle polyvalente, également envisagé dans le PLU : « C’est bien la municipalité qui a décidé de l’abandonner. Tout ce que notre recours a coûté à la commune, ce sont les frais d’avocats. » Comme une dernière mise au point avec Gilbert Plagnes, le maire sortant qui ne se représente pas.
Mais aussi un écho au regret manifesté par Delphine Verniol qui considérait que, « si les politiques s’étaient positionnés plus tôt », l’histoire aurait pu être « différente », évitant que le feuilleton n’empoisonne la montagne Noire depuis 20 ans. Rares ont en effet été les élus audois, hormis des conseillers départementaux « Verts », à se positionner clairement contre le projet. Ce n’est que de la bouche du préfet de l’Aude Christian Pouget qu’était sorti, en janvier 2024, le terme de « projet d’un autre temps » pour qualifier le dossier.
Des chantiers collectifs, une maison de la nature, un atelier de réparation de matériel agricole
Reste, pour MNA et Emmanuel Pistre, la satisfaction d’avoir fait « confiance à la justice. Le tribunal a aussi dit que le commissaire enquêteur chargé de l’enquête publique sur le PLU n’avait pas suffisamment motivé son avis favorable. Cette décision, c’est la preuve que ça vaut le coup de se bouger, que tout ça n’a pas été fait pour rien ». Et que désormais, l’heure est venue de « coconstruire » les projets. Ce mardi 10 mars, MNA disait et redisait son plaisir de savoir que les plaisirs simples continueront à primer : « Ici, on peut marcher, faire du vélo, aller aux champignons, cueillir des fleurs. Un golf, on se demandait ce que ça venait faire ici. Ce projet allait briser cet équilibre. » Une crainte redite en assurant ne pas être des « anti-tout ». Alors que les municipales des 15 et 22 mars marqueront l’arrivée à la tête de la municipalité d’une nouvelle équipe, l’heure sera à la réflexion sur les nouvelles orientations à donner dans le PLU sur des terres dont Telcapi reste propriétaire. Mais ce mardi 10 mars, les idées, évoquées façon inventaire à la Prévert par Sylvie Gazave, fusaient déjà : « Des chantiers collectifs, une maison de la nature, un atelier de réparation de matériel agricole, une filière autour de la laine,… »
Telcapi communiquera d’ici la fin de semaine
Autant de pistes à explorer autour de cette ferme de La Canade qui, rappelait Justine Bianconi, « dispose toujours de terres où on peut, par exemple, faire pousser du maïs sans irrigation. C’est une excellente nouvelle pour toutes les paysannes et les paysans que le tribunal empêche cette verrue au milieu d’un espace naturel et agricole ». Une « verrue » aujourd’hui inenvisageable. Reste désormais à savoir si la municipalité – hypothèse peu probable – ou Telcapi fera appel de la décision d’ici le 3 mai 2026. Jean Beauvillain, à la tête d’un cabinet de conseil spécialisé dans le golf, était venu en 2024 à Carcassonne porter la parole de Telcapi lors d’un point presse programmé à la chambre de commerce et d’industrie. Joint ce mardi 10 mars, il assurait que la société communiquerait d’ici la fin de semaine. À suivre.
La fin d’une « aberration environnementale, urbanistique et démocratique » pour France Nature Environnement
Également à l’origine d’un recours, l’association France Nature Environnement (FNE) Occitanie-Méditerranée savoure le succès, rappelant au passage que le tribunal a aussi « considéré que le Préfet de l’Aude avait commis une erreur d’appréciation en autorisant la commune à procéder à une consommation excessive d’espace, en dérogation au principe d’urbanisation limitée dans les zones non soumises à un schéma de cohérence territorial ». De quoi mener Simon Popy, le président de FNE OC, à rappeler que « cette décision met fin à une aberration environnementale, urbanistique et démocratique, qui voyait une commune rurale dépossédée de son avenir par un promoteur privé. C’est un soulagement d’apprendre, en ces temps d’élections municipales, que Fontiers-Cabardès a désormais la liberté de choisir un autre futur, que nous espérons plus respectueux de l’environnement et de ses habitants ». Une satisfaction affichée sans oublier de préciser que la convention d’engagement signée en 2011 entre la municipalité et Telcapi « ne peut pas déroger aux lois protégeant l’environnement, dont la loi Montagne, ni obliger une commune à prendre des décisions illégales ou se priver de ses prérogatives régaliennes » : le document engageait pour 30 ans la commune à faciliter, chaque fois que nécessaire, les démarches afin de permettre la réalisation de l’opération sous peine d’une astreinte de 300 euros par jour. Telcapi tentera-t-il de faire jouer cette convention ? À suivre.

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