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13 mars 2026Air france-klm : Depuis l’éclatement du conflit en Iran, les groupes de transport aérien (dont Air France-KLM) ont-ils trop ou pas assez chuté en Bourse ?
(BFM Bourse) – Les groupes aériens européens opérant des vols long courrier ont accusé des baisses de 13 à 15% depuis le début de l’éclatement de cette guerre. Citi estime qu’il existe un risque que les prix du kérosène restent élevés quand Barclays essaie de se montrer « constructive » sur le secteur.
Les compagnies aériennes constitue des « victimes » boursières du conflit en Iran aisément identifiables en Iran pour les investisseurs.
L’envolée des cours du pétrole provoquée par cette guerre se répercutent sur la facture carburant, un très important poste de dépenses pour ces sociétés, a fortiori pour celles opérant des vols long courrier.
Ce quand bien même ces sociétés utilisent des instruments de couverture pour se prémunir en partie des variations du pétrole.
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Selon les résultats annuels d’Air France-KLM, cette facture a représenté en 2025 un montant total de 6,9 milliards d’euros pour le groupe de transport aérien franco-néerlandais.
Dans son dernier document d’enregistrement universel, le groupe chiffrait qu’une hausse moyenne de 10 dollars du prix du baril de Brent conduirait à un alourdissement de cette facture de 487 millions de dollars (après couverture) et une baisse de même ampleur à une économie de 432 millions de dollars.
Des écarts importants entre kérosène et cours du brut
La hausse des cours du brut se répercute sur les prix du « jet fuel » ou kérosène, qui est produit en raffinant le pétrole.
« Le kérosène, c’est un coût d’exploitation très important pour une compagnie aérienne, ça représente entre 30 et 40% du coût d’exploitation total », a expliqué à RMC Arnaud Aymé, spécialiste du secteur aérien et directeur général France du cabinet Sia Partners.
Bloomberg indique ce vendredi que les prix du jet fuel ont atteint 1.600 dollars la tonne, et ont ainsi quasiment doublé depuis le début de la guerre. Cette progression traduit un écart avec les prix du pétrole (le baril de Brent n’a augmenté « que » de 37% sur la période).
Cette hausse des prix s’explique par les coûts de raffinage mais également par le fait que le kérosène ne constitue pas une priorité pour les raffineurs, ne représentant que 9% de la production de produits raffinés, selon l’Association du transport aérien international (IATA).
« Au lieu de cela, les raffineries optimisent leur gamme de produits en se concentrant sur les produits les plus demandés et les plus rentables, tels que le diesel et l’essence », souligne l’association.
Face à l’envolée de ces prix de marché, les groupes de transport aériens prennent des mesures. Air Fance-KLM a déclaré jeudi à l’Agence France Presse augmenter ses prix sur les vols long-courrier. L’australienne Qantas a décidé de faire de même, selon The Irish Times.
En Bourse, les compagnies aériennes dites « legacy », c’est-à-dire celles qui ne sont pas low-cost, ont chuté sans s’effondrer pour autant. IAG (Iberia, British Airways) perd 15% depuis le début du conflit, Lufthansa 15% également et Air France-KLM 13%. La baisse est moins marquée pour Ryanair (-8,6%).
Un risque que le « jet fuel » reste élevé
Le secteur a-t-il payé un tribut boursier suffisant? Citi émet quelques doutes dans une note publiée ce vendredi.
« Le secteur continue de tabler sur une perturbation relativement brève liée au conflit au Moyen-Orient, et même si cela peut s’avérer exact, nous estimons qu’il existe un risque que les ‘crack spreads’ (les écarts de prix entre le pétrole brut et le kérosène, pour simplifier, NDLR) restent élevées jusqu’en 2026, comme cela a été le cas après le début du conflit entre la Russie et l’Ukraine (en 2022, NDLR) », explique la banque américaine.
« Nous constatons que, si la hausse des prix du carburant précède souvent celle des tarifs, certaines poches de surcapacité (l’offre de vols, NDLR) risquent de limiter cet effet sur certaines liaisons court-courriers », ajoute l’établissement américain.
Citi a abaissé ses estimations et ses objectifs de cours sur l’ensemble des compagnies de sa couverture. La banque considère que Ryanair est la société la mieux placée pour faire face à la tempête actuelle.
Toutefois, Citi pense aussi que la valorisation d’IAG évolue trop à la casse après le récent mouvement de baisse. La banque considère ainsi que la société britannique offre le plus important potentiel dans sa couverture.
La banque est à « neutre » sur Lufthansa ainsi que sur Air France-KLM. Pour le groupe de transport aérien franco-néerlandais la société invoque son bilan financier pour justifier sa prudence.
« L’entreprise n’est pas encore tirée d’affaire: selon nos estimations, sa dette nette absolue devrait atteindre un pic en 2026, ce qui la rendrait vulnérable en cas de ralentissement significatif de la demande », développe-t-elle.
Barclays optimiste sur le kérosène…
Dans une note publiée lundi, Barclays se montrait, elle, mesurée. La banque britannique avait relevé son conseil à « surpondérer », équivalent d’acheter, sur IAG, contre « pondération en ligne » (« neutre »). L’établissement était passé à « pondération en ligne » contre « sous-pondérer » (« vendre ») sur Air France-KLM et Lufthansa.
Barclays avait décidé de devenir « plus constructive » car elle juge que les prix « du jet fuel » ne resteront pas si longtemps à de telles altitudes.
« Les compagnies aériennes européennes sont actuellement pénalisées par des écarts de prix exceptionnels entre le brut et le kérosène : le coût du raffinage du pétrole est à peu près équivalent à celui de la matière première », rappelle la banque.
« Nous pensons que le prix du kérosène devrait chuter fortement lorsque la campagne aérienne au-dessus de l’Iran ralentira ou cessera. L’allègement des pressions sur la chaîne d’approvisionnement en gaz et en pétrole dans le Golfe devrait améliorer la production d’électricité au Moyen-Orient et réduire la demande croissante de diesel, qui est à l’origine de la hausse des prix du kérosène », développe la banque britannique.
Comme dit précédemment, les raffineurs ont en effet tendance à privilégier la production de diesel, mieux margée, que de « jet fuel », ce qui tend l’offre et tire vers le haut les prix des carburants pour les compagnies aériennes.
Par ailleurs, « la réduction des vols militaires américains devrait réduire la demande de kérosène », poursuit Barclays.
« Une baisse du prix du kérosène constituera, selon nous, un catalyseur positif pour les cours des actions des compagnies aériennes ; il est difficile d’en anticiper le moment, mais attendre que le prix du pétrole baisse nous ferait manquer le rebond potentiel des actions des compagnies aériennes », ajoute la banque.
…Mais pas sur le reste
Pour autant, Barclays reconnaît que d’autres risques pèsent sur le secteur. Premièrement, selon la banque britannique, les compagnies européennes ont paradoxalement obtenu un « effet d’aubaine » sur certains vols.
En raison des perturbations liées au conflit, les groupes aériens « enregistrent actuellement des gains exceptionnels grâce à une demande de fret plus forte qu’auparavant et à une très forte demande de vols entre l’Europe, d’une part, et l’Asie et l’Afrique, d’autre part – des liaisons qui, en temps normal, sont largement desservies via les hubs du Golfe », explique Barclays.
Mais la banque pense que ces gains à court terme, s’ils sont bien réels, ne dureront pas. « Une fois que les compagnies aériennes du Golfe auront repris leurs activités, nous prévoyons un manque de demande de la part des voyageurs souhaitant se rendre dans la région du Golfe : le trafic direct représente généralement 50% de la capacité d’Emirates et 25% de celle d’Etihad et de Qatar », prévient Barclays.
« Cela signifie que la quasi-totalité de la capacité des compagnies aériennes du Golfe sera affectée aux liaisons avec correspondance, ce qui augmentera de fait l’offre de capacité au-delà des niveaux habituels sur les liaisons où les compagnies aériennes européennes réalisent actuellement des bénéfices exceptionnels », considère l’établissement.
De même pour le cargo. Les prix actuels de ce type de liaison grimpent en raison notamment de l’arrêt des vols des opérateurs spécialisés du Golfe. Quand ces avions reviendront en service, les prix rechuteront. L’établissement pense toutefois que cet effet durera plus longtemps que celui sur les vols commerciaux.
Par ailleurs, Barclays pense que les risques sur la demande de voyage ne sont pas assez intégrés dans les cours à l’heure actuelle.
« À notre avis, les investisseurs n’accordent pas suffisamment d’attention au risque pesant sur la demande de voyages », écrit la banque britannique.
« En règle générale, les troubles géopolitiques incitent les consommateurs à se montrer réticents à voyager. Cela n’a pas été le cas lors des conflits post-pandémiques entre la Russie et l’Ukraine, ainsi qu’entre Israël et Gaza. Mais le conflit avec l’Iran est très médiatisé et implique directement l’armée américaine », prévient encore l’établissement.
« Nous estimons donc que ce conflit présente un risque accru pour la demande internationale en départs depuis les États-Unis. En outre, nous pensons que l’impact de la hausse des coûts énergétiques, même s’il est de courte durée, risque d’affaiblir la croissance économique, d’alimenter l’inflation et de réduire le revenu disponible des consommateurs », conclut Barclays.
Julien Marion – ©2026 BFM Bourse
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Source : www.tradingsat.com

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