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13 mars 2026comment le livret A va financer la relance du programme français et ses nouveaux réacteurs
Jean-Marie HOSATTE via Getty Images
Le Livre A va financer la relance du nucléaire français, voici comment. (photo d’illustration de la centrale ardéchoise de Cruas-Meysse en avril 2021)
« On n’arrivera pas à gagner la bataille du climat, de la compétitivité et de la souveraineté sans le nucléaire ». En visite jeudi 12 mars sur le chantier de la future centrale de Penly, en Seine-Maritime, Emmanuel Macron a redit tout le bien qu’il pense de l’atome. Après avoir abordé les questions de dissuasion nucléaire au début du mois, le chef de l’État s’est exprimé sur la stratégie de financement du programme nucléaire civil EPR2 en France, qui vise à construire 6 nouveaux réacteurs de forte puissance – à Penly mais aussi à Gravelines (Nord) et à Bugey (Ain).
Ce dernier sera financé à hauteur de 60 % par le Livret A, a indiqué l’Élysée jeudi, la décision a été prise lors d’un Conseil de politique nucléaire (CPN), qui définit les grandes orientations de la politique nucléaire nationale. Le communiqué de l’Élysée diffusé à l’issue du conseil précise que « le prêt bonifié de l’État accordé au programme EPR2 pour 60 % du montant total du programme sera financé par le Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts ».
Ce fonds centralise et gère 59,5 % de l’épargne réglementée des Français déposée sur les Livrets A, les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS) et les Livrets d’épargne populaire (LEP). L’enveloppe est d’environ 400 milliards d’euros. Une moitié est dédiée à des prêts de long terme au logement social et à destination de la politique de la ville. L’autre moitié est investie dans des titres de dette et dans des actions de sociétés cotées.
La mobilisation du Fonds d’épargne de la Caisse des dépôts (CDC) signifie donc que le Livret A financera en partie le programme EPR2.
Une vigilance sur la durée et les coûts des chantiers
Le prêt pour le programme EPR2 est assorti d’un contrat sur la production nucléaire à un prix garanti par l’État de 100 euros maximum du mégawattheure (MWh) en euros de 2024. Le CPN a par ailleurs confirmé l’objectif d’assurer la décision finale d’investissement, étape clé pour lancer officiellement les travaux qui sera prise par EDF, « avant la fin de l’année 2026, pour une première mise en service d’ici 2038 », a précisé la présidence.
Concernant les coûts du programme, le CPN indique avoir pris acte des conclusions de l’audit du programme des six EPR2 par lequel EDF s’est engagé à tenir la cible de coûts de construction à hauteur de 72,8 milliards d’euros au cours de 2020 et de calendrier. Enfin, il demande à l’État et à EDF « de prendre toutes les mesures nécessaires pour finaliser les discussions en cours avec la Commission Européenne dans un calendrier cohérent avec cet objectif ».
L’objectif de ce CPN était aussi de « permettre la bonne mise en route de l’ensemble des chantiers d’ici la fin de l’année, et assurer la livraison des réacteurs dans les temps et les coûts », rapporte Ouest-France, soulignant que l’enjeu est d’éviter de reproduire les erreurs du chantier de l’EPR de Flamanville, avec un coût multiplié par six et une durée par quatre.
Le « chantier du siècle » prévu « à l’horizon 2030 »
Lors de sa visite du chantier, Emmanuel Macron s’est félicité d’un regain d’intérêt pour l’atome. « En Europe, il y a encore deux ou trois ans, on nous disait le nucléaire, attention, ce n’est pas bon », a-t-il déclaré. « On a bâti un consensus et l’Europe suit et y croit », a-t-il ajouté deux jours après le sommet sur le nucléaire près de Paris. Il a été l’occasion pour une vingtaine de pays d’appeler à « mobiliser » les financements publics comme privés pour investir dans cette technologie qui connaît un certain retour en grâce.
Le CPN va également lancer une phase d’études de quatre ans qui doit permettre d’envisager « à l’horizon 2030, le lancement de la construction d’un premier réacteur à neutrons rapides », avec des représentants du CEA, d’EDF, de Framatome et d’Orano. Le recours au réacteurs à neutrons rapides permet le multi-recyclage du plutonium et de brûler les déchets ultimes des combustibles usés.
« Avec ce chantier du siècle, on va faire pour nos enfants ce que nos parents ont fait pour nous » dans les années 70-80, a promis Emmanuel Macron, en citant notamment les petits réacteurs modulaires SMR, qui font partie du programme de nouveau nucléaire en France.
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Source : www.huffingtonpost.fr

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