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Une militante anti-avortement a été condamnée vendredi par la justice britannique pour s’être introduite dans une zone où elle n’avait pas le droit d’aller à l’extérieur d’une clinique, une affaire dont s’émeut Washington au nom de la liberté d’expression.
Livia Tossici-Bolt, âgée de 64 ans, a été condamnée à un sursis de peine pendant deux ans, pour avoir violé en mars 2023 une « zone tampon » à l’extérieur d’une clinique pratiquant l’avortement à Bournemouth, dans le sud de l’Angleterre. Elle devra payer 20.000 livres (23.550 euros) de frais justice.
Si elle commet une nouvelle infraction dans les deux prochaines années, elle fera l’objet d’une condamnation, a indiqué la juge.
Livia Tossici-Bolt avait brandi une pancarte portant le message: « Ici pour parler, si vous voulez ».
Cette présence aurait « pu avoir un effet préjudiciable sur les femmes fréquentant la clinique, le personnel et le public », a estimé la magistrate Orla Austin.
« Il est important de noter que cette affaire ne porte pas sur le bien ou le mal de l’avortement, mais sur la question de savoir si l’accusée a enfreint » la loi sur les zones de sécurité autour des cliniques pratiquant l’avortement, a-t-elle ajouté.
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Atteinte à la liberté d’expression ?
Le cas de Livia Tossici-Bolt a été mis en avant par un service au sein du département d’État américain : « Nous sommes préoccupés par la liberté d’expression au Royaume-Uni », a écrit dimanche sur X le Bureau de la démocratie, des droits humains et du travail.
« Nous suivons son cas. Il est important que le Royaume-Uni respecte et protège la liberté d’expression », a ajouté ce service.
C’est « un jour sombre pour le Royaume-Uni », a commenté après sa condamnation Livia Tossici-Bolt, une scientifique dans le domaine de la santé à la retraite.
Le département d’État américain « a eu raison de s’inquiéter de cette affaire, car elle a de graves implications pour l’ensemble du monde occidental », a-t-elle déclaré. « Si nous laissons perdurer ce précédent de censure, le droit de chacun à s’exprimer librement n’est pas garanti ».
Le Royaume-Uni a « une très fière tradition de liberté d’expression depuis de nombreux siècles », a réagi un porte-parole du Premier ministre britannique Keir Starmer. « Il est essentiel qu’une femme qui décide de recourir à des services d’avortement ait le droit de choisir de le faire sans être victime de harcèlement ».
Pour le British Pregnancy Advisory Service, qui gère la clinique de Bournemouth, ce dossier « n’a jamais porté sur une affaire de politique internationale, mais sur la simple capacité pour les femmes à avoir accès à des soins de santé légaux sans être harcelées ».
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Source : www.brut.media

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