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13 mars 2026Dimanche 1er mars, alors qu’il s’exprime pour la première fois publiquement sur la guerre en Iran, Friedrich Merz s’abstient de nommer explicitement une “violation du droit international”.
Le chancelier préfère légitimer l’intervention, rappelant que “la condamnation des violations du droit par l’Iran et même les vastes ensembles de sanctions n’ont eu que peu d’impact ces dernières années”, rapporte le quotidien berlinois Tagesspiegel. De quoi provoquer la colère du vice-chancelier, Lars Klingbeil, et du SPD (Parti social-démocrate), qui ont dénoncé un discours différent de “ce sur quoi s’étaient entendus les dirigeants de la coalition”.
Le chancelier CDU a ensuite affirmé qu’“il n’est pas dans notre intérêt d’entrer dans une guerre sans fin”. Puis, le 10 mars, que l’Allemagne n’a “aucune volonté de porter atteinte à l’intégrité territoriale, la souveraineté ou la viabilité économique de l’Iran”. Ces déclarations semblent avoir apaisé les tensions internes, constate le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Mais à échelle européenne, Merz fait désormais face au mécontentement de ses alliés.
Une “trahison” envers un allié
“Le chancelier envoie des SMS et passe des appels, mais côté espagnol c’est silence radio.” Depuis la rencontre entre Friedrich Merz et Donald Trump, le 3 mars, “les relations entre Madrid et Berlin sont glaciales”, rapporte le magazine hebdomadaire Der Spiegel. Car le président américain ne s’est pas privé de critiquer le Royaume-Uni et l’Espagne après leur refus d’accorder aux États-Unis l’accès à leurs bases aériennes dans la guerre menée contre l’Iran. Trump allant jusqu’à qualifier l’Espagne d’alliée “déplorable”.
Or, plutôt que de prendre la défense de Madrid, Friedrich Merz a fini par “reprendre à son compte les critiques de Trump, qui reproche [aux autres pays de l’Otan] la faiblesse de leurs dépenses de défense”, relate l’hebdomadaire allemand. Et bien que le chancelier ait ensuite nuancé ses propos, expliquant à Trump qu’“une guerre économique contre l’Espagne serait une guerre contre toute l’UE”, le mal était fait.
Pour l’Espagne, l’Allemagne, en se positionnant ainsi, n’a fait qu’agir en “vassal” des États-Unis, souligne le quotidien britannique The Times. Merz “plonge dans l’embarras un des pays dont la population compte parmi les plus pro-européennes”, déplore Steffen Lüdke dans les colonnes du Spiegel, et ravive, dans le même temps, de “vieilles blessures”. Car, comme le rappelle le journaliste, “durant la crise de l’euro, Berlin avait obligé Madrid à adopter des mesures d’austérité qui ont privé toute une génération de ses perspectives d’avenir”.
La continuité d’une politique étrangère controversée
“Mais que s’est-il passé ?” s’interroge Jan Opielka dans les colonnes de la Berliner Zeitung. Évoquant les millions de personnes qui, de Barcelone à Berlin, s’étaient rassemblées pour dénoncer la guerre menée contre l’Irak par les États-Unis et le Royaume-Uni sans mandat de l’ONU, en 2003, il rappelle qu’à l’époque “le gouvernement [allemand] s’y était opposé publiquement”.
“La déroute de la politique étrangère allemande se poursuit”, déplore Velten Schäfer dans l’hebdomadaire de centre gauche Der Freitag. Un constat partagé par le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui évoque “l’aboutissement d’un processus entamé depuis des mois, consistant, malheureusement, à enterrer le concept de droit international”. Le quotidien rappelle que, l’été dernier, Merz avait qualifié les frappes israéliennes contre le programme nucléaire iranien de “sale boulot qu’Israël fait pour nous tous”.
Une attitude qui risque d’“affaiblir la crédibilité” du chancelier, alerte l’expert en droit international Mehrdad Payandeh dans le journal économique Handelsblatt, et, à terme, de fragiliser une Europe déjà divisée.

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