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Face à la guerre en Iran, l’économie japonaise risque l’étranglement. Confrontée à l’arrêt de la circulation des tankers dans le détroit d’Ormuz imposé par Téhéran, la Première ministre Sanae Takaichi a ordonné, le 11 mars, le déblocage des réserves stratégiques de pétrole afin d’éviter une hausse trop importante des prix de l’essence, rapporte la chaîne publique NHK.
Lors de sa conférence de presse, la cheffe du gouvernement japonais avait indiqué ne pas vouloir attendre la décision de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui a annoncé le déblocage de 400 millions de barils quelques heures plus tard. “Nous allons agir vite […] pour libérer dès le 16 mars une partie de nos réserves”, a-t-elle déclaré, la mine grave.
Pour comprendre la vitesse cette décision, il faut regarder de près le bouquet énergétique du pays. Le pétrole y occupe, avec 35 %, la plus grande part dans le bilan de l’année 2024. Le média Nippon.com souligne que 95 % de l’or noir importé au Japon provient du Moyen-Orient. Certes, sous l’effet des sanctions économiques imposées à Téhéran, le Japon n’en achète plus à l’Iran, mais plutôt à l’Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis. Mais, et c’est là où le bât blesse, environ 80 % du pétrole envoyé à l’archipel par ces États du Moyen-Orient transite par le détroit d’Ormuz.
“Le pays le plus affecté par le blocus dans le monde, c’est le Japon”, maugrée ainsi un responsable du ministère de l’Économie du pays, cité par le quotidien Asahi Shimbun.
Aggravation de l’inflation
Les médias japonais rapportent que le pays est doté de stocks considérables de pétrole, qui devraient lui permettre de tenir deux cent cinquante-quatre jours même en cas d’arrêt total des importations. La mise sur le marché de ce stock n’ayant que des effets temporaires, la fermeture du détroit “risque d’entraîner l’accélération de l’inflation par l’augmentation du prix des carburants”, analyse l’édition japonaise de l’agence de presse Bloomberg. “Cela va peser sur la politique de Takaichi contre la hausse des prix, voire sur les futures mesures de la Banque du Japon”, redoute Satoru Yoshida, analyste financier à l’entreprise Rakuten Securities cité par l’agence.
Selon les estimations de l’économiste Takahide Kiuchi pour l’entreprise Nomura Research Institute, reprises par le journal Yomiuri Shimbun, si le prix d’un baril s’établissait à 140 dollars [120 euros] – contre 70 [60 euros] avant la guerre –, cela baisserait le PIB japonais de 0,65 %, et le pays risquerait même d’entrer dans une période de récession.
Question de coûts
Depuis des dizaines d’années, la dépendance énergétique au Moyen-Orient est perçue comme le talon d’Achille de l’économie nippone. C’est d’ailleurs pour cela que, malgré l’accident de Fukushima, en 2011, les autorités justifient le redémarrage des centrales nucléaires du pays. Pourquoi l’archipel a-t-il attendu aussi longtemps pour remédier à cette faiblesse structurelle ?
De fait, la chaîne de télévision TBS souligne que le pétrole du Moyen-Orient, plus facile à raffiner que celui du Venezuela ou du Canada, était le meilleur choix économique pour le Japon, d’autant plus que la région moyen-orientale est géographiquement plus proche du Japon que le continent américain. “Cela implique des coûts de transports moins élevés, avec une production stable”, explique la chaîne. Avec la guerre qui a éclaté dans la région, le Japon pourrait faire les frais de ce choix stratégique.
Source : www.courrierinternational.com

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