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13 mars 2026Les Etats-Unis lèvent une partie de sanctions contre le pétrole russe, une décision “très préoccupante” selon l’UE
Le ministre américain de l’Economie, lors d’une interview à la Maison-Blanche à Washington, le 6 mars 2026. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
Les Etats-Unis ont annoncé ce jeudi 12 mars l’autorisation temporaire de la vente de pétrole russe stocké sur des navires en raison de l’augmentation des prix du pétrole provoquée par la guerre en Iran. Le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, restait vendredi au-dessus des 100 dollars. Ce nouvel assouplissement a été salué vendredi par l’émissaire du Kremlin alors que les revenus pétroliers et gaziers de Moscou ont atteint leur plus bas niveau depuis le début de la guerre en Ukraine. À l’inverse, la nouvelle a été jugée « très préoccupante » par l’Union européenne ce vendredi.
• Assouplissement des sanctions par les Etats-Unis
Le ministère américain des Finances a annoncé jeudi l’autorisation, de manière temporaire, de la vente du pétrole russe stocké sur des navires. Il a délivré une licence autorisant la vente, jusqu’au 11 avril, de pétrole brut et de produits pétroliers russes chargés à bord de navires avant le 12 mars, 00h01, heure locale.
Le ministre des Finances, Scott Bessent, a déclaré dans un communiqué que cette nouvelle autorisation visait à « accroître la portée mondiale de l’offre existante ». Mais il s’agit d’une « mesure à court terme », a-t-il insisté.
Scott Bessent a ajouté que cette annonce n’apporterait pas « de bénéfices financiers significatifs au gouvernement russe, qui tire la majorité des taxes prélevées au moment de l’extraction », du pétrole.
Alors que la guerre au Moyen-Orient a bouleversé les secteurs de l’énergie et des transports, paralysant pratiquement toute activité dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole brut mondial, cette décision marque un nouvel assouplissement temporaire des sanctions économiques prises contre la Russie ciblée en raison de son invasion de l’Ukraine. La semaine dernière, l’administration américaine a autorisé, pour un mois, la livraison de pétrole russe bloqué en mer vers l’Inde. Le ministre avait précédemment dit que l’administration Trump envisageait de lever des sanctions sur une plus grande partie du pétrole russe.
• La Russie se réjouit de cette décision
Une décision qui a ravi la Russie. L’émissaire du Kremlin pour les questions économiques, Kirill Dmitriev, a déclaré ce vendredi que le marché mondial de l’énergie « ne peut rester stable » sans le pétrole russe, accentuant la pression sur les Etats-Unis pour la levée de davantage de sanctions.
« Les Etats-Unis reconnaissent en fait l’évidence : sans le pétrole russe, le marché mondial de l’énergie ne peut pas rester stable », a écrit Kirill Dmitriev sur Telegram.
• Une décision jugée « très préoccupante » par l’UE
L’Union européenne a jugé « très préoccupante » la décision « unilatérale » des Etats-Unis. Cette décision « a des répercussions sur la sécurité européenne. La pression économique croissante sur la Russie est déterminante pour qu’elle accepte des négociations sérieuses » avec l’Ukraine, a souligné Antonio Costa, le président du Conseil européen, l’instance qui représente les 27 Etats européens.
« L’affaiblissement des sanctions accroît les ressources russes pour mener la guerre d’agression contre l’Ukraine », a-t-il déploré sur le réseau social X
« Ce n’est pas le moment d’assouplir les sanctions contre la Russie », a exhorté de son côté la Commission européenne. Selon les estimations de Bruxelles, la Russie aurait « engrangé 150 millions de dollars par jour de recettes supplémentaires provenant des ventes de pétrole depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ce qui fait d’elle probablement la principale bénéficiaire de ce conflit », a affirmé Paula Pinho, porte-parole de la Commission.
• Emmanuel Macron plus mesuré
Emmanuel Macron a estimé vendredi que la décision des Etats-Unis d’assouplir des sanctions sur les ventes de pétrole russe était « limitée » et ne remettait pas en cause les engagements du G7.
« La décision qui a été prise, de manière exceptionnelle et limitée, par les États-Unis d’Amérique, […] ne revient pas de manière durable et large sur les sanctions qu’eux-mêmes ont décidé » dans le cadre du G7, a affirmé le président français lors d’une conférence de presse avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « La situation [en Ukraine, NDLR] ne justifie en rien de [les] lever ».

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