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13 mars 2026Municipales 2026 à Lyon : l’écologiste Grégory Doucet contesté, l’ex-patron de l’OL Jean-Michel Aulas favori… Tout comprendre aux enjeux du scrutin
En 2020, l’écologiste Grégory Doucet faisait partie de la vague verte qui avait déferlé sur quelques grandes métropoles, en s’imposant à Lyon face au candidat de la droite et du centre. Mais à l’heure de briguer un deuxième mandat, l’édile est menacé par un rival novice en politique, Jean-Michel Aulas, ancien patron emblématique du célèbre club de foot local, l’Olympique lyonnais.
Dans une ville marquée par l’agression mortelle du militant identitaire Quentin Deranque le 12 février, la campagne est d’autant plus incertaine qu’il s’agira de la première élection depuis la réforme du mode de scrutin. Les électeurs de la troisième ville de France (un demi-million d’habitants, et 1,4 pour le Grand Lyon) glisseront trois enveloppes dans trois urnes distinctes les 15 et 22 mars prochains, pour le conseil d’arrondissement, le conseil municipal et le conseil de la métropole. Franceinfo vous résume les enjeux du scrutin lyonnais.
Qui sont les candidats ?
Neuf listes ont été déposées. Le maire sortant écologiste Grégory Doucet brigue un deuxième mandat. Ancien cadre dans l’humanitaire, le quinquagénaire mène une liste soutenue par une alliance de gauche, dont Les Ecologistes, le Parti socialiste et le Parti communiste, mais sans La France insoumise (LFI). En 2020, il avait réussi à nouer des alliances au second tour avec deux autres listes de gauche et à s’imposer avec 52,4% des suffrages, devant deux candidats centristes.
L’ex-patron de l’Olympique lyonnais, Jean-Michel Aulas, est candidat pour la première fois, à 76 ans, avec le soutien des Républicains, de Renaissance, d’Horizons, du MoDem, de l’UDI et du Parti animaliste. Le centriste Georges Képénékian se présente sans étiquette. Ancien adjoint du maire Gérard Collomb, il l’avait remplacé entre 2017 et 2018, quand ce dernier était entré au gouvernement. L’avocat Alexandre Dupalais, 34 ans, issu de l’Union des droites pour la République, le parti d’Eric Ciotti, est candidat avec le soutien du Rassemblement national.
La députée de la 1ere circonscription du Rhône, Anaïs Belouassa-Cherifi, est la candidate de La France insoumise. Arrivée à l’Assemblée en 2024, l’élue de 31 ans dit avoir reçu des menaces après la mort de Quentin Deranque. Elle a pu compter sur le soutien de Jean-Luc Mélenchon, venu à ses côtés pour un meeting le 26 février. Nathalie Perrin-Gilbert, ancienne adjointe à la culture de Grégory Doucet et maire du 1er arrondissement de 2011 à 2020, se présente pour le Parti radical de gauche, avec le soutien du Parti pirate. Raphaëlle Mizony, étudiante en espagnol, porte les couleurs du Nouveau Parti anticapitaliste, dont elle est l’une des porte-paroles. Delphine Briday, infirmière, est la candidate investie par Lutte ouvrière. Michaël Jouteux, militant du Parti des travailleurs et enseignant au lycée, mène également une liste.
Que proposent les principaux candidats ?
Le maire sortant, qui a publié un programme d’une trentaine de pages, propose d’augmenter de 30% les effectifs des policiers municipaux, pour passer à 400, et de créer une « brigade anti-incivilités » dotée de 50 agents. Grégory Doucet plaide pour la gratuité des fournitures scolaires pour les élèves de primaire, et la création de dix cantines de quartier solidaires, où les habitants pourraient trouver des produits alimentaires à petits prix. En matière de logement, l’écologiste, qui soutient l’encadrement des loyers mis en place depuis fin 2021 par la Métropole (dirigée elle aussi par les écologistes), veut instaurer s’il est réélu un « service public du logement », pour que la ville puisse se porter garant des locataires qui en ont besoin. Il compte aussi créer six parcs et deux aires de baignade fluviale.
Jean-Michel Aulas est l’auteur d’une des propositions les plus controversées de la campagne, un projet de tunnel de près de 8 km sous la ville pour fluidifier la circulation. L’homme d’affaires a également fait parler de lui en promettant qu’il renoncerait à ses indemnités de maire s’il est élu, qu’il n’aurait pas de cabinet et qu’il publierait ses notes de frais. Son programme prévoit la hausse des effectifs de police municipale, à 500 agents, et le doublement du nombre de caméras de surveillance. Il assure qu’il mettra en place la gratuité des cantines scolaires et du périscolaire, sans conditions de ressources, une mesure dont le coût fait débat. Et il souhaite supprimer l’encadrement des loyers pour mettre en place « une charte de modération des loyers » obligatoire.
Dans son programme, Anaïs Belouassa-Cherifi plaide comme son adversaire de droite pour la gratuité des cantines, immédiate pour les familles les plus précaires, et pour la création de restaurants municipaux servant des repas à bas prix. L’insoumise veut créer 1 000 places supplémentaires dans les crèches municipales et réquisitionner les logements vacants, qu’elle estime à 5 600, tout en renforçant l’encadrement des loyers. Concernant la sécurité, elle préconise aussi d’augmenter le nombre de policiers municipaux, à 400 agents, mais sans armes létales. En matière de démocratie locale, elle assure que toute pétition relevant des compétences de la mairie signée par plus de 20 000 habitants déclencherait un référendum dont le résultat serait contraignant.
Sur son site, Alexandre Dupalais met l’accent sur trois priorités : la sécurité, l’économie et les transports. Le candidat UDR-RN promet de tripler le nombre de policiers municipaux et de déployer 5 000 caméras. Il assure qu’il ne décidera d’aucune hausse d’impôts et qu’il annulera la hausse de la taxe foncière. L’avocat s’oppose aussi à l’encadrement des loyers mais ne veut pas les débloquer « d’un seul coup ». Il prévoit d’offrir trois heures de stationnement gratuit pour les clients des commerces de la ville et compte abroger la zone à trafic limité (ZTL), une compétence relevant de la métropole.
Que disent les sondages ?
Depuis janvier, sept enquêtes d’opinion ont été publiées à propos du scrutin lyonnais. Toutes donnent un avantage plus ou moins large à Jean-Michel Aulas, crédité de 42 à 47% des intentions de vote au premier tour, devant le maire sortant Grégory Doucet (25% dans le premier sondage, entre 29 et 35% depuis). La candidate LFI est créditée de 8 à 11% des intentions de vote, et pourrait donc être en mesure de se qualifier pour le second tour (elle doit atteindre au moins 10%), devant le candidat de l’UDR-RN Alexandre Dupalais (6 à 10%). Quant à l’ancien maire Georges Képénékian, il oscille entre 2 et 7%. Attention néanmoins : les sondages livrent une photographie à un instant T du positionnement des électeurs et doivent être considérés avec prudence en raison des marges d’erreur.
Dans les différents scénarios de second tour testés par les sondeurs (qu’il faut manier avec une extrême précaution), Jean-Michel Aulas semble en mesure de l’emporter en cas de duel face au maire sortant ou en cas de triangulaire.
Comment se déroule la campagne ?
La mort du militant identitaire Quentin Deranque à Lyon s’est répercutée sur la campagne des municipales dans toute la France, de nombreux chefs de partis attaquant LFI pour ses liens avec le groupe antifasciste dissous de La Jeune Garde, dont d’anciens membres sont mis en cause dans l’agression du militant identitaire. Les candidats lyonnais ont un temps suspendu leur campagne, à l’unisson, mais ils se sont divisés sur les hommages au jeune homme.
Jean-Michel Aulas a appelé à accrocher son portrait sur la façade de la mairie, ce que Grégory Doucet a décliné, dénonçant « la récupération politique » de son adversaire. Lors d’un débat organisé par BFMTV et Le Figaro entre les quatre candidats en tête des sondages, le 24 février, Jean-Michel Aulas, a été ciblé par ses adversaires à propos de son bilan, quand il était président de l’OL, en matière de lutte contre les supporteurs extrémistes et violents, dont certains étaient présents dans la marche pour Quentin Deranque, le 21 février. Lors de ce débat, Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) a quant à elle été longuement interrogée sur ses liens avec La Jeune Garde. « Personne ne doit mourir pour ses idées, je condamne toutes les violences mais je reste une militante antifasciste », a martelé la candidate. Elle a pu compter sur le soutien de Jean-Luc Mélenchon, qui s’est rendu à Lyon pour un meeting à ses côtés, le 26 février.
Les tensions entre les partis de gauche vont-elles compliquer une éventuelle union au second tour ? Sur BFMTV, Grégory Doucet s’est dit prêt à s’allier au second tour avec LFI, « à certaines conditions ». Anaïs Belouassa-Cherifi a, elle aussi, ouvert la porte à un rapprochement, pour empêcher Jean-Michel Aulas d’être élu. « Sachez que ma priorité, c’est que monsieur Aulas ne devienne pas le prochain maire de la ville de Lyon », a-t-elle déclaré.
Particulièrement ciblé par les autres candidats lors du débat de BFMTV, Jean-Michel Aulas a ensuite décliné plusieurs invitations à des débats, dont celui organisé mercredi sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. « Aujourd’hui, il est à la rencontre des Lyonnais », a justifié Pierre Oliver, maire LR du 2e arrondissement, chargé de le représenter. Interrogé par franceinfo le 27 février, l’ex-patron sportif avait pointé « la violence » des débats. « J’ai des difficultés à intégrer ça à mon mode de raisonnement ».
Source : www.franceinfo.fr

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