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13 mars 2026Municipales 2026 à Paris : succession d’Anne Hidalgo, possible laboratoire de l’union des droites, macronistes divisés… Tout comprendre aux enjeux du scrutin
Rachida Dati rêve de conquérir la capitale, à gauche depuis un quart de siècle, mais le socialiste Emmanuel Grégoire veut l’en empêcher. Un duel auquel veulent se mêler trois autres candidats : Pierre-Yves Bournazel, Sarah Knafo et Sophia Chikirou, qui n’entendent pas faire de la figuration.
Qui prendra la suite d’Anne Hidalgo ? Après deux mandats à la tête de la capitale, l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle ne se représente pas. La droite parisienne imaginerait bien transformer cette succession en alternance. Après avoir été le fief de Jacques Chirac pendant vingt-trois ans, Paris est à gauche depuis 2001.
Chaque camp se présente en ordre divisé, jusqu’au RN, qui doit faire face à la candidature de Sarah Knafo (Reconquête), dont les choix pour le second tour seront déterminants, tout comme ceux de Pierre-Yves Bournazel. Avec cinq candidats qui pourraient être en situation de se maintenir après le premier tour, les municipales à Paris promettent des scénarios inédits.
Qui sont les candidats ?
À gauche, Emmanuel Grégoire, désigné par un vote interne des militants socialistes, conduit une liste fruit d’une large coalition entre le PS, Les Ecologistes, le PCF, et Place publique. Avec ce regroupement inédit à ce stade du scrutin, l’ancien premier adjoint de la ville, aujourd’hui député, espère pouvoir arriver en tête au premier tour. Mais La France insoumise, qui n’a jamais été dans la majorité d’Anne Hidalgo, présente également une candidature, celle de la députée Sophia Chikirou.
De son côté, Rachida Dati tente à nouveau sa chance. Déjà candidate en 2020, la maire du 7e arrondissement conduit une liste soutenue par LR et le MoDem, ainsi qu’à titre individuel par certains membres de Renaissance comme les députés de Paris Sylvain Maillard et Benjamin Haddad. Elle doit affronter une autre liste issue du bloc central, celle menée par Pierre-Yves Bournazel, membre d’Horizons et soutenue par le mouvement d’Edouard Philippe et le parti Renaissance.
À l’extrême droite, deux listes se font face. Thierry Mariani, député européen et ancien député UMP du Vaucluse défend les couleurs du Rassemblement national de Jordan Bardella. Il est également soutenu par l’UDR d’Eric Ciotti et le mouvement de Marion Maréchal. Sarah Knafo, également députée européenne, conduit pour sa part la liste Reconquête, le parti d’Eric Zemmour.
Trois autres listes d’extrême gauche complètent le tableau. Marielle Saulnier représente Lutte ouvrière, Mahel Pierot-Guimbaud est en lice pour le Parti des travailleurs et Blandine Chauvel pour le NPA-Révolutionnaires.
Que proposent-ils ?
À Paris comme dans le reste de la France, la sécurité est la principale préoccupation à laquelle les candidats tentent de répondre. Pierre-Yves Bournazel veut tripler le nombre de policiers municipaux jusqu’à 6 000 agents. Sarah Knafo en promet 8 000, tandis qu’Emmanuel Grégoire et Rachida Dati se fixent comme objectif le chiffre de 5 000. Sophia Chikirou veut quant à elle l’augmenter jusqu’à 3 500.
La propreté est également l’un des sujets de la campagne. Rachida Dati, Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo souhaitent privatiser sur l’ensemble des arrondissements la gestion des déchets. Emmanuel Grégoire veut lui renforcer la partie de Paris dont le ramassage des ordures est assuré par le service public. Sophia Chikirou souhaite au contraire remunicipaliser sur tout le territoire parisien les services de propreté.
Concernant les déplacements, grand marqueur de la politique d’Anne Hidalgo, les candidats rivalisent de propositions. Pierre-Yves Bournazel évoque un plan « zéro mort » pour les piétons et veut faciliter encore davantage la circulation des bus. Pour la sécurité des piétons, Rachida Dati propose pour sa part l’élargissement des trottoirs et souhaite rétablir à 70 km/h la vitesse sur le périphérique (abaissée à 50 km/h depuis octobre 2024). Sarah Knafo souhaite porter cette vitesse jusqu’à 80 km/h et s’affirme comme la candidate la plus favorable à la voiture en proposant de rouvrir les voies sur berge à la circulation.
A l’inverse, Emmanuel Grégoire s’inscrit dans le sillage d’Anne Hidalgo et veut sécuriser de nombreux axes pour les cyclistes. Il propose de créer un vélo-école dans chaque arrondissement afin d’apprendre à « savoir rouler ». Cette idée d’un lieu d’apprentissage est également défendue par Sophia Chikirou, qui veut remunicipaliser le service Vélib.
Que disent les sondages ?
Toutes les enquêtes d’opinion annoncent depuis janvier un scénario aussi indécis qu’inédit dans la capitale. Celui d’une quinquangulaire, avec cinq candidats franchissant le seuil des 10%, condition pour se maintenir au second tour. C’est le cas du sondage réalisé début mars par Ipsos BVA-CESI Ecole d’ingénieurs pour ICI Paris Ile-de-France. Emmanuel Grégoire arrive en tête avec 33% des intentions de vote, suivi par Rachida Dati à 27%. Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo sont crédités de 11,5% et Sophia Chikirou atteint les 10%.
Mais la dynamique est du côté de la candidate Reconquête, qui progresse au fil de la campagne, alors que la cheffe de file LFI et le candidat d’Horizons sont en baisse, flirtant dangereusement avec l’élimination. « Tous deux semblent pâtir d’un réflexe de vote utile dans l’électorat, respectivement à droite et à gauche », analyse Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et Opinion à Ipsos BVA, pour France 3 Ile-de-France. Le second tour n’est pas testé dans ce sondage.
L’enquête d’opinion d’Elabe-Berger-Levrault a de son côté envisagé huit hypothèses de configuration de second tour pour le journal La Tribune. Emmanuel Grégoire l’emporterait sept fois sur huit, profitant du maintien éventuel de Sarah Knafo, qui coûterait des voix à Rachida Dati. Et c’est dans l’hypothèse où celle-ci serait absente du second tour que la candidate LR gagnerait. Enfin, en cas de duel classique, la confrontation serait très serrée : Emmanuel Grégoire obtiendrait 51% des voix, contre 49% pour Rachida Dati. En résumé, les tractations de l’entre-deux-tours seront décisives pour chaque camp.
Petit rappel néanmoins : les sondages livrent une photographie à un instant T du positionnement des électeurs et doivent être considérés avec prudence en raison des marges d’erreur.
Comment la campagne se déroule-t-elle ?
Paris est l’élection municipale la plus scrutée et chaque jour apporte son lot de polémiques. Emmanuel Grégoire a été attaqué sur les cas d’agression sexuelle dans le secteur périscolaire parisien alors qu’il avait en charge les ressources humaines de la ville. Lui-même a révélé au cours de la campagne avoir été victime d’agression sexuelle en CM1. Rachida Dati, qui a quitté son poste de ministre de la Culture en toute fin de campagne, a dû faire face aux attaques sur sa situation judiciaire alors que son procès pour trafic d’influence doit avoir lieu en septembre prochain.
Sophie Chikirou a de son côté été montrée du doigt pour la violence de certains propos. Sarah Knafo a également été critiquée pour son style de campagne, recourant à l’intelligence artificielle, et pour l’irréalisme de son programme, ses adversaires s’engouffrant dans la brèche lorsqu’elle s’est totalement trompée sur le prix du pass navigo. Enfin, Pierre-Yves Bournazel a été la cible d’ingérences russes.
Mais ce sont bien les perspectives d’alliance ou de retrait pour le second tour qui ont animé la campagne en coulisses. Et c’est Pierre-Yves Bournazel qui est au centre des spéculations. Peut-il fusionner avec la liste de gauche d’Emmanuel Grégoire, alors qu’il est issu de la droite ? Peut-il s’allier avec Rachida Dati, son ancienne patronne lorsqu’elle était ministre de la Justice, qu’il qualifie de « personne en état d’ébriété narcissique » ?
Le candidat martèle qu’il souhaite se maintenir au second tour, voulant incarner une troisième voie. Au risque de faire perdre la candidate LR ? Cette volonté affichée a provoqué une mini-crise au sein du mouvement centriste Horizons. Edouard Philippe a recadré Pierre-Yves Bournazel et tenté de rassurer la droite, dont il a besoin pour ses ambitions présidentielles. « Je ferai tout pour assurer l’alternance à Paris », a assuré le maire du Havre à l’AFP. Mais son candidat répète qu’il se maintiendra.
L’émergence de Sara Knafo a également alimenté les discussions. Alors que la candidate de Reconquête sillonnait les arrondissements de l’Ouest favorable à la droite, elle s’est empressée de rassurer ses électeurs potentiels lors de sa première interview de campagne le 12 janvier sur France Inter. « Jamais je ne ferai perdre la droite », a-t-elle assuré, promettant « de tendre la main à Rachida Dati » dans l’entre-deux-tours.
Mais l’ancienne ministre de la Culture refuse de la saisir. « Je ne peux pas faire une alliance avec madame Knafo, avec Reconquête. Ça n’est pas possible », a-t-elle décrété sur CNews le 9 mars. Sarah Knafo n’a toutefois nullement l’intention de se désister s’il n’y a pas accord, et prend à témoin l’opinion. « La personne qui refusera une alliance fera perdre la droite », a-t-elle promis dans le journal La Tribune le 8 mars. Face à la double menace de Pierre-Yves Bournazel et Sarak Knafo, les soutiens de Rachida Dati en appellent au vote utile.
Le dernier questionnement porte sur ce que fera Sophia Chikirou. Avant la mort de Quentin Deranque, les relations entre la députée LFI de Paris et Emmanuel Grégoire étaient déjà très froides, laissant peu de place à la perspective d’une fusion entre les deux listes. L’ancien adjoint d’Anne Hidalgo utilise le même argument que l’équipe Dati, mais préfère parler de « vote efficace », espérant que Sophia Chikirou ne se qualifiera pas pour le second tour. En meeting lundi à Paris avec Jean-Luc Mélenchon, la candidate LFI a défendu « la vraie gauche », dont elle se revendique. « Préférez l’original à la copie », a-t-elle clamé dans un ultime message à ses électeurs.
Source : www.franceinfo.fr

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