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13 mars 2026« Une grande émotion », « un bonheur », « une chance unique », « la chair de poule« … : tels sont les mots de nombre des Réunionnais interrogés ce vendredi 13 mars 2026 aux abords des coulées de lave qui ont traversé la route nationale 2 de entre Saint-Philippe et Sainte-Rose.
Il y a de quoi susciter fascination et enthousiasme : voilà 19 ans que ce spectacle ne s’était plus produit à La Réunion.
Regarder le reportage de Réunion La 1ère :
Trois bras de coulée
Mais en ce vendredi 13 mars, ce n’est pas une coulée, mais bien trois bras de coulée qui ont coupé la RN2. Le premier a surgi de la végétation peu après 6h, à une vingtaine de mètres de l’endroit où les gendarmes attendaient. En une vingtaine de secondes, il avait traversé la RN2.
Un second bras de coulée l’a imité peu après, plus près des barrières de sécurité, et a pu être aperçue du public.
Notre journaliste, qui a assisté à ce moment historique, racontait la scène lors du JT de Réunion La 1ère :
Enfin, le troisième bras de coulée, le plus au nord, a franchi la route en direct pendant notre JT, vers 13h, du côté de Sainte-Rose.
Une des coulées à 550m de la mer
Pourtant, un survol en drone effectué par l’Observatoire volcanologie du Piton de la Fournaise peu avant midi, pour surveiller ce bras de coulée, avait montré qu’il ne progressait plus. Puis, la coulée réalimentée, la situation a changé. « En moins d’une demi-heure, la coulée a avancé de plusieurs dizaines de mètres« , a constaté Christophe Brunet de la direction technique de l’Observatoire.
Les précisions de Christophe Brunet de l’Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise sur Réunion La 1ère :
A la mi-journée ce vendredi, trois bras de coulée se dirigeaient donc vers la mer, continuant leur chemin en aval de la RN2. Celui du milieu, le premier à avoir traversé la route ce matin, se trouvait déjà à environ 550m de la mer à 12h30, précisait Christophe Brunet de l’OVPF.
« Vitesse de progression très variable »
Impossible de savoir si et quand ces bras de coulée atteindront l’océan, en raison de leur « vitesse de progression très variable« , souligne-t-il. Car « tout dépend de la topographie et de la végétation » que la lave rencontre sur son chemin. « Si vous avez des bosses ou des creux, le front de coulée va progresser beaucoup moins vite. La lave en amont va pousser derrière, ce qui fait que ça avance« , décrit Christophe Brunet.
Odeur de végétation et de bitume brûlés
Ceux qui ont pu se rendre sur place ce vendredi ont d’ailleurs pu constater la forte odeur de fumée, due à la végétation qui s’enflammait au contact de la lave, et voir la fumée noire générée par le bitume brûlé.
D’ailleurs, le public était relativement peu nombreux tôt ce vendredi, lorsque le premier bras de coulée a entamé sa traversée. Certaines personnes ayant attendu toute la nuit que le front de coulée arrive, elles ont probablement été découragées et ont quitté le site avant le dénouement de la situation.
Les précisions de notre journaliste Henry-Claude Elma, sur place ce midi :
La puissance de la nature
Les plus patients ont été récompensés, puisque les gendarmes, souhaitant faire plaisir aux curieux qui attendaient là depuis si longtemps, ont emmené de tout petits groupes voir la lave sur la route, en les sécurisant. « C’est un peu émouvant. On s’est réveillés tôt pour venir, c’est très gentil de la part des gendarmes de nous laisser approcher un peu plus« , figurait une spectatrice.
« C’est une grande émotion, on a l’impression d’assister un peu à la naissance de la terre. Le magma qui se rapproche de la route, c’est époustouflant« , témoignait un des chanceux. Une jeune femme elle, se rendait compte de la « chance unique de la voir de si proche ». « On ne se rend pas compte de la puissance de la nature« , soufflait-elle.
« C’est notre volcan, à tous les Réunionnais »
Pour une autre dame, c’est aussi une fierté, en tant que Réunionnaise, d’assister à ce spectacle : « C’est un bonheur, c’est mon chez-moi, c’est notre volcan à tous les Réunionnais« . Derrière les barrières de sécurité, une autre s’exclame : « c’est un spectacle de la nature, qui nous montre encore sa force et sa puissance« .
Patrick, un spectateur venu ce midi lui, est ravi, après être rentré bredouille chez lui hier. « J’ai pas beaucoup de poils mais ils sont quand même hérissés hein ! Parce que franchement, c’est magnifique« , s’enthousiasme-t-il. Arthur, un autre visiteur déçu hier, est aujourd’hui très ému de pouvoir finalement assister au passage du troisième bras de coulée. « Je suis passionné par les volcans depuis que je suis gamin. J’étais là en 2007, là en 2005, mais pas aussi près, donc là c’est vraiment exceptionnel pour moi !«
Navettes gratuites entre Basse-Vallée et le Grand Brûlé
Si ce vendredi midi encore l’affluence était moyenne – une petite centaine de personnes -, dans la nuit de jeudi à vendredi, jusqu’à un millier de personnes ont afflué ici, aux abords de la RN2, selon la police municipale de Saint-Philippe. Aussi cette dernière a fait appel à une société de remorquage pour mettre fin au stationnement anarchique de certains véhicules.
D’autant que la commune a mis en place un système de navettes gratuites circulant entre le parking du champ de foire de Basse-Vallée et le Grand Brûlé, entre 17h et minuit. Un dispositif qui a notamment pour but de permettre à la population du Tremblet de « souffler« , indique le chef de la police municipale Jean-François Grondin. Il demande d’ailleurs aux visiteurs se rendant sur la RN2 d’emprunter ces navettes, afin de réduire un peu le trafic sur place.
Les précisions de notre journaliste Loïs Mussard, sur place ce midi :
Source : www.franceinfo.fr

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