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13 mars 2026Pierre Vimont : « Il faut essayer d’arrêter le conflit le plus vite possible » – Ici l’Europe
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Cette semaine, nous recevons Pierre Vimont, chercheur associé à Carnegie Europe, ambassadeur aux États-Unis de 2007 à 2010 et ancien secrétaire général du Service d’action extérieure de l’Union européenne jusqu’en 2015. Il revient sur le conflit au Moyen-Orient et la position de l’Union européenne, dont il déplore la passivité.
L’Union européenne ne sait que faire ni penser des bombardements décidés par Donald Trump et Benjamin Netanyahu contre l’Iran, sans qu’elle ait eu son mot à dire dans l’embrasement de la région. Elle doit subir de lourdes conséquences géopolitiques et économiques, et peine à réagir. « Face à cette réalité qu’est l’Iran, les 27 États membres n’ont pas toujours les mêmes positions. Ça prend beaucoup de temps pour se mettre d’accord et plus encore pour passer à l’action », explique Pierre Vimont, chercheur associé à Carnegie Europe. « Ce dont on a besoin aujourd’hui, c’est d’une Europe un peu plus active, un peu plus agile sur le plan diplomatique et capable de se faire entendre », poursuit-il.
Si l’Espagne a été la première à critiquer l’opération israélo-américaine, plusieurs pays européens lui ont ensuite emboîté le pas. Emmanuel Macron et Giorgia Meloni ont tous deux souligné qu’il y avait eu violation du droit international. « Peu à peu, une certaine ligne européenne se dessine et c’est utile », commente Pierre Vimont.
La posture européenne est-elle comparable à celle de la France en 2003, qui s’était vivement opposée au conflit décidé par les États-Unis en Irak ? « La comparaison est toujours un peu difficile », nous explique l’ancien ambassadeur. « Si la France avait pris cette position qu’on connaît en 2003, c’est précisément parce que nous estimions que les États-Unis ne respectaient pas les termes d’une résolution adoptée par les Nations unies et sur laquelle on avait réussi à avoir un consensus », développe-t-il. Ici, les États-Unis et Israël ont agi de manière unilatérale, sans prendre la peine de consulter l’ONU.
Crise de l’énergie en Europe
Le blocage du détroit d’Ormuz a par ailleurs affolé les marchés financiers. Le cours du Brent a dépassé les 100 dollars le baril à deux reprises cette semaine, obligeant l’Agence internationale de l’énergie à débloquer des stocks d’urgence. Quelque 400 millions de barils ont été mis à disposition du marché par les 32 pays membres de l’organisation. « C’est un effort considérable qui visiblement a eu l’effet d’apaiser un peu les marchés. […] Mais la pression demeure, et il faut continuer à mettre l’accent sur ce qui est le plus important, c’est-à-dire essayer d’arrêter ce conflit le plus vite possible », analyse Pierre Vimont.
La crise au Moyen-Orient rappelle la fragilité des économies dépendantes des énergies fossiles. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a qualifié d' »erreur stratégique » la réduction du nucléaire dans le mix énergétique européen, à l’occasion du deuxième sommet consacré à la relance du nucléaire civil qui s’est tenu à Paris. « La France n’avait cessé de plaider que c’est une solution, et on se réjouit que madame von der Leyen revienne à de meilleurs sentiments vis-à-vis du nucléaire », réagit l’ancien secrétaire général du Service d’action extérieure de l’Union européenne. L’Allemagne, qui a fermé ses dernières centrales en 2023, a quant à elle opposé une fin de non-recevoir à la présidente de la Commission.
La Russie, seule gagnante du conflit
La flambée des hydrocarbures est une aubaine pour un acteur international : le Kremlin. Antonio Costa, président du Conseil européen, a déclaré que la Russie de Vladimir Poutine est, pour l’instant, le seul « gagnant » de la guerre au Moyen-Orient. « Les sanctions qui avaient été prises par les Américains contre le pétrole russe ont été suspendues, donc oui, la Russie se retrouve dans une meilleure position », explique Pierre Vimont.
Le conflit au Moyen-Orient a aussi eu pour effet de détourner l’attention d’un autre conflit, central pour les Européens, celui de l’invasion russe en Ukraine. « On voit bien que Volodymyr Zelensky est un peu frustré de cette situation », constate Pierre Vimont. Alors que Budapest bloque toujours le prêt européen de 90 milliards d’euros destiné à Kiev, « il faut que les Européens restent attentifs à la situation en Ukraine », ajoute-t-il.
Émission préparée par Aline Bottin, Perrine Desplats et Oihana Almandoz
Source : www.france24.com

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