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13 mars 2026Pourquoi les maires ruraux de l’Aude critiquent le poids grandissant de leurs intercommunalités
Alors que la campagne pour les municipales fait rage à quelques jours du premier tour le 15 mars 2026, la rédaction de L’Indépendant s’est intéressée aux maires des communes rurales de l’Aude. Entre réformes de la fiscalité locale et transferts de compétences aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI), les maires des petites communes se retrouvent privés de leurs leviers fiscaux. S’ils gardent un rôle symbolique de proximité, ils n’ont plus autant de pouvoir d’agir qu’avant.
Dans un contexte où la confiance envers les institutions nationales s’érode, le maire continue d’incarner, au niveau de la commune, un repère de proximité et de confiance pour les citoyens. D’après une enquête Ipsos, près de 69 % des Français se fient à leur maire, loin devant les autres représentants politiques.
Pourtant, nombreux sont les maires qui disent se sentir dépossédés face à la montée en puissance des intercommunalités (ou EPCI), qui ont aspiré une grande partie de leurs compétences. Un rapport sénatorial paru en septembre 2025 fait état de ce sentiment récurrent chez les maires, tout particulièrement dans les petites communes. L’Association des maires ruraux de l’Aude, représentée par son président Jean-Jacques Marty, a le sentiment que les transferts de compétences vers les intercommunalités « signent la mort des petites communes ».
Dans sa commune de 39 habitants située dans le Sud-Ouest de l’Aude, Christian Aragou, maire du Bousquet, fait état d’un sentiment mitigé entre espoir et crainte face aux transferts de compétences. « Il est de plus en plus difficile de monter des actions, les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) sont un échelon de plus. Aujourd’hui, la réalité est que les petites communes n’ont plus accès aux aides comme avant, ce sont les intercommunalités qui distribuent. Sur les sujets importants, il y a des périodes d’incertitude et on perd de plus en plus d’indépendance », regrette-t-il.
Les réformes de la fiscalité locale
La question de l’indépendance financière est centrale pour concrétiser des actions publiques des communes. Depuis plusieurs années, la majorité de leurs leviers fiscaux ont été soit transférés aux intercommunalités, soit tout simplement supprimés et « les services publics fondent comme neige au soleil », soupire Jean-Jacques Marty. Déjà, la taxe d’imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau (IFER), payée par les exploitants de grands réseaux : électricité, gaz, télécoms, transports, éoliennes, a été octroyée en majeure partie aux intercommunalités (EPCI).
Même chose pour la contribution économique territoriale (CET) intégrant la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) et la cotisation foncière des entreprises (CFE). Ces impôts sont désormais perçus par les intercommunalités à fiscalité propre, qui ne redistribuent que rarement une partie des recettes aux communes. Pour Alain Faure, directeur de recherche en science politique au CNRS, ces transferts ont des conséquences : « Parfois, le fait que la fiscalité locale des entreprises ait été transférée aux EPCI fait que certains maires ne vont plus chercher à implanter des sociétés sur leurs communes. »
Pourtant, l’activité économique reste essentielle à la vitalité d’une commune. Elle contribue à l’emploi local, soutient les commerces et services, et influe sur l’attractivité du territoire. Seule la taxe foncière assure encore un lien fiscal entre la commune et ses habitants, mais uniquement via les propriétaires.
Aujourd’hui, tout se joue au niveau des intercommunalités
Ces changements ont fatalement conduit à une réduction des budgets, mettant à mal les finances des petites communes. « On coupe le robinet des finances pour que les petites communes n’aient plus les moyens de faire quoi que ce soit », soupire Jean-Jacques Marty. Le maire du Bousquet, Christian Aragou, ajoute : « Il y a quand même eu des compensations de l’État, mais lui aussi a de moins en moins de moyens. »
Alors même que les maires sont les mieux placés pour répondre aux besoins des habitants, de par la proximité directe qu’ils incarnent, la réduction de la fiscalité locale a fortement limité la liberté d’action des communes sur leur territoire, réduisant de fait leur autonomie. « Aujourd’hui, tout se joue au niveau des intercommunalités. La gestion publique d’une petite commune se fait à l’échelle des EPCI, c’est dans cette structure que les leviers se trouvent. Il peut y avoir un malaise où les maires des petites communes ne se sentent pas assez impliqués », détaille Alain Faure.
Selon lui, les petits maires qui veulent « être dans l’action » peuvent occuper une grande place dans les EPCI à condition d’obtenir un poste qui le permet. Jean-Jacques Marty n’est pas de cet avis : « L’Aude est un cas particulier. Les mêmes personnes sont à la tête des grosses machines, que ce soit à l’agglomération, dans les chambres consulaires ou au département. Tout est verrouillé par une poignée d’acteurs, un ancien préfet me l’avait notifié autrefois ». Ainsi, si les maires siègent aux conseils communautaires, leur influence y est limitée. D’autant plus que la répartition des sièges se fait en fonction du nombre d’habitants, ce qui place les petites communes en position de minorité face aux plus peuplées.
Mais le tableau n’est pas entièrement noir. Les EPCI, fruit du mariage entre les communes, peuvent annoncer de bonnes choses, à condition que cela soit fait correctement. « Dans les petites mairies, il est de plus en plus difficile d’avoir une secrétaire. Les maires ont de plus en plus de choses à gérer, les dossiers se complexifient. Les petites communes ont besoin de se lier entre elles pour répondre à ces problèmes-là », tempère l’actuel maire du Bousquet.
Source : www.lindependant.fr

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