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13 mars 2026L’adjudant-chef Arnaud Frion a succombé à ses blessures après avoir été victime d’une frappe de drone Shahed en Irak. Doté d’une longue expérience, ce père de famille au parcours militaire « exceptionnel » participait à des missions de formation de l’armée irakienne contre le terrorisme.
Il est la première victime française de la guerre contre l’Iran qui s’est généralisée à tout le Moyen-Orient. L’adjudant-chef Arnaud Frion, 42 ans, « est mort pour la France lors d’une attaque dans la région d’Erbil en Irak », a annoncé Emmanuel Macron dans la nuit.
Ce jeudi 12 mars au soir, une attaque de drone Shahed a visé la base militaire kurde de Mala Qara où le militaire était déployé. « Malgré une prise en charge rapide par les équipes médicales présentes », Arnaud Frion a « succombé » à ses blessures, indique le ministère des Armées dans un communiqué.
Six autres soldats français blessés dans la frappe sont « à l’hôpital », dans l’attente de leur « rapatriement ».
Sur le réseau social X, Emmanuel Macron a salué la mémoire d’Arnaud Frion. « À sa famille, à ses frères d’armes, je veux dire toute l’affection et la solidarité de la Nation », a-t-il déclaré.
Un soldat exemplaire
Membre du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, l’adjudant-chef Arnaud Frion était déployé en Irak depuis le 24 janvier 2026. Il « était engagé dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme au profit des forces armées irakiennes », précise le chef d’état-major des Armées.
Selon une biographie diffusée par l’armée de terre, il était marié et père d’un enfant. « Chef exemplaire, reconnu pour son courage et son sens tactique », il a été déployé sur de nombreux théâtres d’opération depuis 2005: Tchad, Côte d’Ivoire, Afghanistan, Mali… À plusieurs reprises, il a été « cité à l’ordre de l’armée » pour ses actes de bravoure.
Le colonel François-Xavier de la Chesnais, chef de corps du 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, l’a décrit comme un « excellent soldat », « ultra compétent » et « très performant ». « C’est ce qu’on produit de meilleur dans l’armée de terre française », a-t-il ajouté face à la presse ce vendredi.
Arnaud Frion avait commencé sa carrière comme « jeune chasseur au 27e bataillon de chasseurs alpins » avant de « gravir tous les échelons assez rapidement », a détaillé son supérieur.
Médaille militaire
Le sous-officier avait reçu la médaille militaire en 2022, après dix-sept ans d’un parcours « exceptionnel ». Il s’agit de la plus haute distinction militaire française pour les sous-officiers et de la troisième décoration française dans l’ordre de préséance, après l’ordre de la Légion d’honneur et l’ordre de la Libération.
Malgré ses décorations et sa longue expérience, Arnaud Frion était doté d’une « vraie humilité », selon le colonel François-Xavier de la Chesnais.
« Belle figure de soldat et de chef, il incarnait les plus hautes vertus d’un combattant de l’armée de Terre », a salué sur X le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général d’armée Pierre Schill.
Dans un communiqué du ministère des Armées, le chef d’état-major Fabien Mandon a dit « s’incliner avec une profonde tristesse devant la mémoire de ce militaire mort pour la France dans l’accomplissement de sa mission ».
Le dernier soldat français mort pour la France en Irak était le sergent-chef Nicolas Mazier, tué en 2023.
Les « intérêts français » visés
Vendredi, le groupe armé irakien et pro-iranien Ashab al-Kahf a annoncé sur Telegram prendre pour cible « tous les intérêts français en Irak et dans la région » après le déploiement du porte-avions français Charles de Gaulle en Méditerranée orientale, sans toutefois revendiquer l’attaque de Mala Qara.
« Cette attaque contre nos forces engagées dans la lutte contre Daech depuis 2015 est inacceptable », a fait savoir Emmanuel Macron, sans toutefois attribuer l’attaque qui a tué Arnaud Frion au groupe Ashab al-Kahf. La présence française en Irak « s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme. La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques », a-t-il insisté.
Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la région autonome du Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes et pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.
Le président français avait insisté ces derniers jours sur le rôle uniquement « défensif » de la France dans la guerre au Moyen-Orient.
Source : www.bfmtv.com

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