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13 mars 2026
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13 mars 2026Qui se cache derrière Ashab al-Kahf, ce groupe armé pro-iranien qui annonce cibler les « intérêts français en Irak et dans la région » ?
Apparu en 2019, ce groupe irakien, proche des gardiens de la révolution iranienne, revendique son opposition aux Etats-Unis et à Israël.
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Un nouveau tournant dans la guerre au Moyen-Orient ? Le conflit, déclenché par des frappes américaines et israéliennes contre le régime des mollahs en Iran le 28 février, a franchi dans la nuit du 12 au 13 mars une nouvelle étape, avec l’annonce par Emmanuel Macron de la mort d’un premier militaire français « lors d’une attaque dans la région d’Erbil » au Kurdistan irakien. Il agissait « dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme. La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques« , a souligné le chef de l’Etat, faisant état de plusieurs blessés.
Sans revendiquer directement cette attaque, un groupe armé irakien et pro-iranien, Ashab al-Kahf, a annoncé par communiqué qu’il s’en prendrait désormais à « tous les intérêts français en Irak et dans la région« , notamment après le déploiement du porte-avions français Charles de Gaulle dans le Golfe. Emmanuel Macron a mis en avant dernièrement le « rôle défensif » de la France dans la guerre, avec un dispositif appelé à mobiliser frégates et porte-hélicoptères amphibies.
« Nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront sous le feu de nos attaques« , a écrit le groupe irakien sur Telegram, exhortant les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d’une base à Kirkouk où se trouvent, selon le groupe, des militaires français. Ces soldats participent depuis 2015 à la coalition internationale mise en place contre l’organisation Etat Islamique.
Apparu en 2019, le groupe Ashab al-Kahf est une sorte de paravent pour l’une des milices chiites pro-iraniennes associée aux forces armées irakiennes. Son nom signifie littéralement « Les gens de la grotte », fait référence aux Sept Dormants d’Éphèse, un mythe religieux, qui apparaît dans la Bible et le Coran : après avoir fui une persécution, ces hommes se seraient cachés, puis endormis dans une grotte avant de se réveiller des siècles plus tard.
Le groupe est ouvertement pro-Iran, revendiquant son opposition aux Etats-Unis et à Israël. Localement, elle se montre critique du gouvernement irakien en place, jugé trop proche de Washington. Il revendique la défense de l’Irak et la vengeance de la mort de dirigeants iraniens, et notamment Qassem Soleimani, tué à Bagdad dans une frappe de drone ciblée menée par les États-Unis, lors de la crise américano-iranienne de 2019-2020.
Selon David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique, « Ashab al-Kahf est l’un de ses multiples groupes de la nébuleuse ‘résistance islamique en Irak’, qui regroupent tous ces mandataires pro-iraniens, issus à l’origine des Hachd al-Chaabi, les forces de mobilisation populaire, qui sont se regroupées dans cette ‘résistance islamique’, notamment après l’élimination par Donald Trump en janvier 2020 de Qassem Soleimani« .
Sur franceinfo, l’expert poursuit : « Ce groupe s’est surtout manifesté à partir de 2020, même si sa fondation remontait à août 2019, fait partie de ces mandataires qui peuvent être mobilisés en Irak, voire au-delà », par les gardiens de la révolution. « Des remerciements ont justement été adressés par le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, dans un discours lu à la télévision. Il y remerciait l’ensemble de ces mandataires, qui soutiennent évidemment la cause. On peut donc penser que ces mandataires vont être de plus en plus mobilisés », précise David Rigoulet-Roze.
Ces attaques contre les contingents occidentaux, qui forment ou arment tant des unités irakiennes que des forces kurdes irakiennes, les Peshmerga, sont devenues monnaie courante dans la région depuis ces derniers mois, avec une accélération depuis ces derniers jours : le chef de cabinet du premier ministre de la région autonome du Kurdistan indiquait ces dernières heures que la région avait été ciblée par plus de 35 attaques par drone ou par missile durant les dernières 24 heures.
Une base italienne a également été prise pour cible jeudi sans faire de victime. Et il n’y a pas que les forces occidentales qui sont ciblées, la coalition américano-israélienne a également bombardé à l’aviation ces deux derniers jours plusieurs bases de ces milices pro-iraniennes, présentes dans le Nord irakien.
Cette opération s’inscrit manifestement dans la stratégie d’embrasement de la région et d’élargissement du conflit adoptée par le régime iranien, qui s’en prend à tous les pays de la zone et à toutes les forces en présence. Or, elles sont nombreuses en Irak : le pays abrite des bases américaines et des bases réunissant des forces internationales.
Source : www.franceinfo.fr

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