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Le Paris du Moyen Âge évoque immanquablement Notre-Dame, l’un des monuments symboles de la capitale française qui faillit disparaître dans le violent incendie du 15 avril 2019. Quittons pourtant l’île de la Cité pour les rives de la Seine, lesquelles abritent de nombreuses traces d’une ville alors beaucoup moins peuplée qui n’a pas été entièrement rasée par les projets modernistes du préfet Haussmann.
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Les vestiges du Paris médiéval sont disséminés dans les six premiers arrondissements de Paris. Ce simple constat suffit pour rappeler que les 200 000 habitants de Paris en 1500, mais seulement 50 000 trois siècles plus tôt, occupent un espace bien plus petit que la capitale française aujourd’hui, peuplée de près de deux millions d’habitants la nuit, cinq millions le jour. Pour en connaître grossièrement les limites à la fin du XIIe siècle, même si le bâti déborde rapidement ces limites, on peut suivre l’enceinte de Philippe-Auguste, laquelle a laissé de nombreuses traces sur les deux rives de la Seine.
On la trouve reproduite sur le plan de Braun et Hogenberg en 1572, alors même qu’elle a déjà été remplacée par deux autres murs, l’enceinte de Charles V au XIVe siècle et les premières fortifications de ce qu’on nommera bientôt l’enceinte des fossés jaunes, toutes deux aujourd’hui disparues. Elle traverse le Marais comme le Quartier latin, et est intégrée, dans le IIe arrondissement, à la tour Jean-sans-Peur, la plus haute tour civile du nord de Paris, érigée entre 1409 et 1411, par le duc de Bourgogne, puissant cousin du roi de France Charles VI.
La tour Jean-sans-Peur, ou comment plonger dans la vie quotidienne du Paris d’autrefois
Ce lieu, transformé en musée depuis 1999, est assurément le point de départ idéal pour une plongée dans la vie quotidienne du Paris médiéval, laquelle fait d’ailleurs l’objet des belles expositions annuelles qui y sont proposées. On peut y suivre aussi la chronique des affrontements des Armagnacs et des Bourguignons, prélude au dernier acte de la guerre de Cent Ans, où peu s’en fallut que le royaume de France ne soit définitivement emporté. Toujours sur la rive droite, rue de Montmorency, on peut voir la plus vieille façade de Paris, celle de la maison de Nicolas Flamel, élevée en 1407.
« Elle servait à accueillir les indigents. C’est aujourd’hui un restaurant de luxe, mais ça pourrait être un centre Emmaüs, ce serait parfait », explique Agnès Lavoye, directrice de la tour Jean-sans-Peur. « Il existe très peu de bâtiments civils, poursuit-elle, il reste surtout des édifices religieux. » Rue François-Miron, dans le IVe arrondissement, on peut découvrir un cellier médiéval, qui abrite le siège de l’association Paris historique, la plus ancienne dédiée à la sauvegarde du patrimoine de la capitale, créée en 1963 et reconnue d’utilité publique en 2015.
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À quelques dizaines de mètres, l’actuelle bibliothèque Forney occupe l’ancien hôtel des archevêques de Sens, lequel fut éphémèrement la propriété du roi avant d’être reconstruit dans les premières années de la Renaissance, pour prendre les apparences qu’on lui connaît aujourd’hui. La plupart des bâtiments qui nous sont parvenus datent en effet du Moyen Âge tardif ou du tout début de l’époque moderne. Les plus anciens ne remontent guère au-delà du XIIIe siècle. « La Conciergerie et la Sainte-Chapelle nous ramènent à l’époque de Philippe le Bel, explique Agnès Lavoye, l’hôtel des abbés de Cluny a déjà un pied dans la Renaissance, même s’il y a des éléments gallo-romains. » Ce dernier accueille le musée national du Moyen Âge, et l’exceptionnelle série de tapisseries de « la Dame à la licorne ».
La richesse du patrimoine religieux
Parmi les bâtiments religieux, le collège des Bernardins conserve sa préférence. « Le Paris médiéval, rappelle-t-elle, est organisé en deux parties, les habitants sont au nord [sur l’actuelle rive droite], alors que le sud est dédié aux lieux religieux. » Dans le VIe arrondissement, l’église abbatiale de Saint-Germain-des-Prés, pour ses parties les plus anciennes, nous fait remonter jusqu’au Xe siècle, celle de Saint-Julien-le-Pauvre, dans le Ve, nous amène au XIIe siècle, comme Saint-Jean de Montmartre, à l’époque assez éloignée de Paris. Hors-les-murs, la cathédrale de Saint-Denis, basilique des rois de France, nous offre une traversée unique du Moyen Âge, avec quelques éléments témoignant d’une histoire remontant à l’Antiquité tardive.
Les amateurs d’architecture militaire devront se résoudre à franchir les frontières actuelles de la capitale, mais en empruntant la plus ancienne de ses lignes de métro jusqu’à son terminus. Le château de Vincennes est en effet le plus grand château fort royal de France, et son donjon l’un des plus hauts d’Europe. Deux rois de France y sont morts, l’un y est né, Charles V, plus tard Louis XI en fait sa demeure et Louis XIII y passe une partie de sa jeunesse. Il a conservé son allure de forteresse du XIVe siècle et abrite aujourd’hui le Service historique de la Défense.
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Les cimetières médiévaux de Paris ont disparu. Mais lors de la construction d’un troisième sous-sol du supermarché Monoprix du boulevard de Sébastopol, dans le II arrondissement, l’Inrap, l’Institut national de la recherche préventive, a découvert 315 corps enterrés dans des fosses communes du cimetière de la Trinité, dont les décès s’étalent de la fin du XIIIe au milieu du XVIIe siècle. La plus ancienne témoigne d’une crise de mortalité sans doute liée à la peste de 1348, quand le cimetière des Innocents n’était plus en mesure de faire face aux nouveaux décès.
► À lire aussi :
- Philippe Lorentz, Dany Sandron, Atlas du Paris au Moyen Âge, Espace urbain, habitat, société, religion et lieux de pouvoir, Parigramme, 2006.
- Renaud Cagneux, Denis Prouvost, Sur les traces des enceintes de Paris, Promenades au long des murs disparus, Parigramme, 2004
► Quelques sites à visiter :

Source : www.rfi.fr

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