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13 mars 2026Volodymyr Zelensky à Paris pour que la guerre en Ukraine ne soit pas éclipsée par le conflit au Moyen- Orient
Il s’agit de la 12 ème visite du président ukrainien en France depuis le début de l’invasion russe. Le message-clé, c’est de démontrer qu’aucune crise ne saurait détourner notre attention de cette guerre aux portes de l’Europe, qui est entrée il y a peu dans sa cinquième année. La France et l’ Europe tiendront ses engagements assure Emmanuel Macron. Boris Loumagne
Le Message d’Emmanuel Macron est clair malgré la guerre en Iran, la France n’oublie pas son allié ukrainien.
» Cette visite du président Zelensky revêt pour moi une importance toute particulière. Elle me permet de souligner avec force que rien ne nous détournera de l’Ukraine des efforts que nous y faisons. Notre soutien ne faiblira pas « .
Et les engagements européens seront respectés, notamment en matière de financement de l’effort de guerre ukrainien.
« Nous avons aussi décidé, en décembre dernier, d’un prêt de 90 milliards d’euros. Cet engagement sera tenu. «
Quant à l’autre inquiétude majeure de l’Ukraine, la levée partielle des sanctions américaines visant le pétrole russe. Là encore, Emmanuel Macron s’est voulu rassurant.
« Pour ce qui est des Européens et de la France, c’est le maintien des sanctions et la situation ne justifie en rien de lever ces dernières. Donc, je considère que ce que je vous ai dit tout à l’heure reste valable et que la décision qui a été prise de manière exceptionnelle est limitée par des États-Unis d’Amérique. C’est à eux de la justifier, mais elle ne revient pas de manière durable et large sur les sanctions qu’eux mêmes ont décidé. «
Mais côté ukrainien, cet assouplissement des sanctions, même provisoire, inquiète, cela entraînera un renforcement de la position de la Russie, craint Volodymyr Zelensky, qui estime que cela pourrait rapporter à Moscou près de 10 milliards de dollars, que Vladimir Poutine dépensera sans aucun doute en armes pour frapper l’Ukraine.
Renforcement de Moscou au service de son effort de guerre, c’est bien ce qui inquiète le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.Extrait de l’entretien qu’il a donné à France Inter:
» D’une part, il est l’allié de l’Iran, du régime iranien. Je ne parle pas du peuple parce que bien entendu, le peuple, ce sont les gens ordinaires. Ils ont besoin du calme, ils ne veulent pas la guerre, mais pour Poutine, c’est de l’aubaine. Sur le plan du prix de l’essence, des hydrocarbures, ça joue aussi le jeu de l’Iran.Nos renseignements nous ont transmis certains détails concernant la construction de certains drones qui ont frappé les pays voisins. Ce sont ces drones construits sur le territoire russe. L’Iran a donné les drones à la Russie et maintenant ils font l’inverse. Quand on regarde cette situation : vous levez les sanctions sur le pétrole et Poutine gagne de l’argent là dessus !
Il ne fait que convertir cet argent dans les armes. Et ensuite, il donne ses drones Shahed à l’Iran et l’Iran déplace ces drones contre les bases américaines ou les pays voisins. Alors où est la logique? Comment on peut lever les sanctions ? «
Propos recueillis par Benjamin Duhamel
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-revue-de-presse-internationale/comment-lutter-contre-les-drones-shahed-utilises-par-l-iran-1222310
En quelques années, l’Ukraine est passée d’une production quasi inexistante à plusieurs millions de drones par an
Imaginez un pays attaqué massivement par des drones tous les jours et qui finit par devenir l’un des meilleurs spécialistes du monde pour les fabriquer, les utilise et les arrêter. Un savoir-faire que Volodymir Zelensky propose aujourd’hui de mettre à profit au Moyen -Orient, un savoir-faire qui s’améliore aussi chaque jour, sur le terrain. Sur le front Est, à Kramatorsk, nos envoyés spéciaux Claude Guibal, Marc Garvenes et Yashar Fazylov ont rencontré une brigade combattante spécialisée dans les drones.
Il compte sur ses doigts : Baba Yaga, Magura, SKyline, R18, PUnisher…Il en a presque les yeux qui brillent, Vitalyi chef de l’unité droniste de la 4e division blindée quand il évoque les noms de drones utilisés par son pays depuis le début de la guerre.
On le rencontre à Kramatorsk, à proximité du front. Ici, les drones russes contrôlent les voies d’accès à la ville, désormais recouverts de filets de protection.
« Dans une guerre, faut jamais sous-estimer l’ennemi. En face de nous, y’a un adversaire très puissant qui cherche aussi à développer des technologies pour tout type de drones, terrestres, aériens, etc. En réalité, on est plus ou moins au même niveau. Parfois, c’est eux qui sortent un truc innovant. On l’intercepte, on l’analyse et on l’adopte à notre tour. Parfois c’est nous qui mettons quelque chose en place et ils nous le copient. Et ainsi de suite. C’est comme ça que ça marche. »
En Ukraine, ce sont les soldats ou les civils eux-mêmes qui se sont emparés de la technologie du drone, en démontant, testant, innovant avec les moyens du bord. Comme pour les intercepteurs de drones dont on accélère la production. Entre 700 à 10.000 euros pièces, même les plus chers ne coûtent rien, comparé au cout d’un missile de système Patriot, jusqu’ à 3 millions d’euros . Ces Patriots utilisés aujourd’hui dans le Golfe face aux Shaheds iraniens.
Les deux conflits sont désormais aujourd’hui intimement liés et le savoir- faire ukrainien en matière de lutte avec et contre les drones en est le trait d’union. Guillaume Lasconjarias, directeur des études et de la recherche à l’Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale était l’invité du journal de la mi- journée :
« Ils le sont d’ailleurs doublement. Ils le sont à la fois à cause de ce que l’on appelle aujourd’hui la lutte anti drones, et dans lequel les Ukrainiens ont une capacité et une doctrine qui est extrêmement intéressante, pas simplement pour les États du Golfe, mais aussi pour les États-Unis, mais aussi sur la question du pétrole russe. On sait que le pétrole russe sert aussi de manne et de trésor de guerre pour Vladimir Poutine, dans sa guerre contre l’Ukraine. Donc en fait, il y a une interconnexion des théâtres d’opérations, une interpénétration de ces guerres et finalement solidifier ou du moins résoudre la crise ukrainienne et résoudre la crise iranienne ne sont pas finalement si déconnectés que cela. »
Vous évoquiez brièvement la lutte anti drones. C’est vrai que depuis que l’Iran frappe les pays du Golfe, on a beaucoup entendu dire que les compétences ukrainiennes acquises dans la lutte anti-drones offraient un levier de négociation important à Volodymyr Zelensky. Est-ce que c’est véritablement le cas ou bien est-ce qu’il s’agit avant tout d’un effet de communication activé par Kiev pour exister dans ce contexte ?
« Il y a effectivement une communication très importante de Kiev, et Zelensky a tout de suite rappelé en montrant une carte à jouer, que, effectivement, l’Ukraine avait une carte à jouer dans ce conflit là en termes de connaissances et de compétences spécifiques militaires. Mais la réalité est que l’Ukraine s’est démontrée aujourd’hui comme étant la principale grande nation capable de maîtriser l’intégralité du champ de la lutte contre les drones, mais aussi avec les drones. Il faut bien le donner comme compréhension. Il y a trois éléments qui sont essentiels. D’abord, les drones font aujourd’hui partie intégrante du combat en Ukraine. Ils sont partout et ils sont très nombreux. Rien que pour 2026, on annonce déjà que l’Ukraine va se doter ou construire 7 millions de drones. Le deuxième point, c’est qu’ils sont capables non seulement de les utiliser contre effectivement leurs adversaires, mais ils sont aussi capables d’arrêter et de lutter. Et c’est ça qui intéresse notamment les monarchies du pétrole dans le golfe arabo-persique. Pourquoi? Parce qu’ils sont capables d’arrêter les fameux drones Shahed. Ils ne le font pas simplement en utilisant eux même des drones, mais aussi en intégrant cette lutte anti-drone comme on le l’appelle, dans un continuum beaucoup plus important, ils ont des mitrailleuses. Et le troisième point, c’est le plus important, c’est la dimension industrielle. Comment est ce que l’on monte très rapidement en capacité pour lutter contre des drones qui sont nombreux, pas chers et qui sont immédiatement disponibles ? «
Des instructeurs ukrainiens ont d’ores et déjà été envoyés dans les pays du Golfe. Est ce que les autorités de Kiev espèrent obtenir quelque chose en échange à ce que l’on sait? Par exemple, si des des accords ont été conclus?
« Non, on ne sait rien forcément sur les accords qui ont été conclus, mais on sait quelles sont les attentes de Kiev. Kiev, en réalité, part du principe que utiliser notamment des intercepteurs, des missiles anti-missiles qui coûtent plusieurs millions de dollars contre des drones, c’est du gâchis économique et industriel. Et donc ils proposent plutôt, eux, de récupérer une partie de ces intercepteurs et de mettre à disposition à la fois leur capacité industrielle, leur capacité à générer de la montée en puissance et de la mise à disposition de ces fameux instructeurs ukrainiens qui sont aujourd’hui parmi les plus capés au monde. On voit bien qu’il y a effectivement une forme d’échange qui n’est pas, à mon avis, inintéressant pour Kiev. «
Source : www.radiofrance.fr

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