
les nouvelles expertises n’ont rien donné
14 mars 2026
Elle noie son chien dans les toilettes de l’aéroport parce qu’il avait été refusé à l’embarquement
14 mars 2026Espagne: des élections en Castille-et-Léon à valeur de test pour le Premier ministre Pedro Sanchez
Ce dimanche 15 mars ont lieu des élections législatives importantes en Castille-et-Léon, la plus grande région d’Espagne en superficie avec ses neuf provinces et son grand territoire rural. L’enjeu est de savoir jusqu’où va monter l’extrême droite, Vox, dont les sondages indiquent qu’elle pourrait doubler le nombre de ses sièges au Parlement régional et obliger la droite classique à une coalition.
Publié le :
3 min Temps de lecture
C’est un peu la star de ce scrutin. Santiago Abascal, le chef de file de l’extrême droite, est partout, entouré d’agriculteurs qui se sentent abandonnés par Bruxelles et sa bureaucratie et aussi par des jeunes hommes qui voient en lui l’anti-système, celui qui pourra apporter des solutions à un futur qu’ils voient très sombre, rapporte notre correspondant à Madrid, François Musseau.
La question n’est pas de savoir si Vox (extrême droite) va progresser, mais s’il va doubler le nombre de ses sièges, et ainsi talonner le Parti populaire, pour qui la région de Castille-et-Léon est un bastion depuis quatre décennies. Depuis janvier, le même scénario s’est produit en Estrémadure et en Aragon.
Si tel est le cas, la droite libérale devra composer avec une extrême droite qui a annoncé qu’elle fera tout pour imposer son agenda, à savoir la fin de l’aide aux femmes battues, la fin de ce qu’elle appelle « la dictature verte » en référence aux mesures écologiques, ou encore des mesures drastiques contre l’immigration.
Un scrutin comme un avant-goût des élections générales de 2027
Si Vox et la droite classique l’emportent largement ce dimanche, alors ce sera une pression supplémentaire sur le socialiste Pedro Sanchez au pouvoir national, en minorité et qui doit annoncer pour l’an prochain un scrutin général où les droites sont aujourd’hui données largement favorites.
Selon Maria Elisa Alonso, maître de conférences à l’université de Lorraine et spécialiste de l’Espagne, ce scrutin doit permettre de jeter les bases des futures coalitions entre le PP et Vox, un scrutin qui préfigure également le résultat des prochaines élections générales prévues en 2027.
« La montée de soutien de Vox augure justement qu’il va devenir la troisième force dans la région et qu’il pourra même avancer lors des prochaines élections », explique-t-elle au micro de Romain Lemaresquier du service international de RFI. « Il se joue vraiment un peu la carte de l’État du gouvernement central, au cas où le Parti populaire gagnerait les élections qui se tiendront en Espagne avant juillet 2027. Donc, ce qui peut arriver en Castille-et-Léon, ça peut se transformer aussi dans les résultats nationaux en 2027. »
Un vote sanction paradoxal ?
Pour Maria Elisa Alonso, il pourrait aussi s’agir d’un vote sanction contre Pedro Sanchez et le PSOE (Parti socialiste espagnol). « Il y a vraiment un mouvement très, très fort en Espagne contre Sanchez, contre le leadership de Sanchez. Il est très contesté à l’intérieur du pays. » Un paradoxe pour le Premier ministre et le Parti socialiste qui perdent du terrain alors que l’Espagne affiche le meilleur bilan économique en Europe.
« En Espagne, on voit ce que la presse publie, mais en fait, au niveau national, la population ne voit pas une amélioration de sa situation économique », souligne Maria Elisa Alonso. « Donc, il est vraiment très, très critiqué. Et je ne sais pas si c’est une question de communication, s’il ne sait pas faire passer son discours, il ne sait pas vraiment communiquer avec la population sur tout ce qu’on a eu comme avantages depuis que le gouvernement de Sumar/PS dirige le pays. »
C’est vrai qu’il y a un virage vers l’extrême droite, surtout sur la question de l’immigration. Et aussi, on voit un peu le profil de l’électorat de Vox, on voit que c’est la population masculine de moins de 20 ans ou de moins de 25 ans. Donc c’est cette population qui n’a pas vécu la dictature et qui a une vision un peu distordue de ce qu’était la figure de Franco. D’ailleurs, la figure de Franco est remise un peu à la Une dans tous les journaux, parce que cette figure est de plus en plus blanchie par l’extrême droite et en plus acceptée par cette jeunesse.
Maria Elisa Alonso, maître de conférences de l’Université de Lorraine, spécialiste de l’Espagne
À écouter aussiEn Espagne, la croissance grâce à l’immigration
Notre analyse Actus-Eco.fr : Cette actualité illustre les évolutions récentes des marchés et leur impact potentiel en France. Retrouvez nos analyses complémentaires dans nos articles sur l’économie et sur les marchés financiers.
Source : www.rfi.fr

9999999
